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    août
    31

    …mais ce sera sans doute moins le cas aujourd’hui à Washington, pour les premières
    rencontres Netanjahou/ Abbas, à l’invitation du président Obama et en présence du président Egyptien et du roi de Jordanie. Un peu plus affaiblie encore par un attentat qui aura tué 4 personnes et revendiqué par la branche armée du Hamas. Inacceptable, même si l’espoir de  résultats de cette négociation était quasi nul de tous les côtés.

    A Borzée, vendredi 27 août dernier, nous organisions une conférence ayant pour thème

    Dialogue pour une paix juste entre Israël et la Palestine, avec Leila Shahid et Nurit Peled

    Pourquoi avoir décidé dans ces Rencontres d’Eté de consacrer une des grandes conférences à ce dialogue si difficile et douloureux ? Ce serait plutôt le contraire qui aurait été interpellant. La construction d’une paix juste est un objectif soutenu par tous les Verts Européens. Nous sommes tous concernés par ce contentieux qui nourrit, ici et là-bas, tous les extrémismes.

    L’arrivé d’Obama à la présidence des USA a constitué pour tous les tenants de la paix un formidable espoir. Ses marges de manoeuvre étaient pourtant étroites, et nous le savions. Elles le sont toujours, surtout à la veille de l’élection de mi-mandat. Deux ans plus tard, notre déception est donc à la hauteur des espoirs engrangés. Certes, en cette période de remontée de l’antisémitisme et de l’islamophobie, nous avons tous apprécié la prise de position courageuse d’Obama, au nom du droit, en soutien à la construction d’un centre de culture et de religion musulmane dans le quartier de Ground Zero. Mais cela ne suffira pas.

    Les USA n’ont que mollement condamné l’assaut du Mavi Marmara qui en mai dernier a coûté la vie à 9 personnes turques, et à propos duquel on n’est pas vraiment dans le scénario d’une enquête internationale, mais plutôt dans la multiplication des enquêtes partielles et partiales, et cela alors que l’assaut a été donné dans les eaux internationales.

    Côté européen, on a certes été un peu plus clair, et le fait que Mme Ashton, la Haute Représentante aux Affaires Etrangères de l’UE se soit rendue deux fois à Gaza depuis son entrée en fonction n’est pas anodin. Mais l’UE reste divisée, non sur la volonté de construire la paix -, mais sur les moyens pour y arriver, les sanctions à appliquer, les signaux à donner.

    Le Parlement Européen a été un petit peu plus loin en envoyant à Gaza une mission des commissions Developpement et Budget. Approche intéressante car les parlementaires qui se sont rendus sur place, qui ont pu constater l’absence de recontruction, la non utilisation des fonds européens consacrés à cet effet par défaut d’entrée du matériel, et plus généralement l’étau autour de la population de Gaza, ce ne sont pas les parlementaires “habituels” de la commission des affaires étrangères, aux positions archi-connues.  C’est un pas intéressant.

    Les Verts sont particulièrement engagés au PE sur cette question de la paix au Proche Orient. Et même s’il y a parfois quelques nuances entre nous, sur les 4 grands groupes politiques du PE, c’est le plus clair, le plus cohérent.

    Toujours dans cette volonté de sortir des catégories, d’être ouverts à toutes les expressions en faveur de la paix, Dany Cohn Bendit en tant que co-président de notre groupe, et moi-même en tant que vice-présidente du PE, nous avons invité et parrainé le démarrage de J’Call, en présence de pas mal de personnalités européennes et israéliennes. Il s’agit d’un appel à la raison lancé par des citoyens européens juifs, à la diaspora israélienne d’Europe. Il dénonce entre autres l’occupation et les implantations qui non seulement constituent une faute politique et morale, mais délégitime et fragilise Israël en tant qu’Etat juif démocratique. Ce faisant, il réduit un plus encore la possibilité de créer un Etat palestinien souverain et viable.

    C’est vrai, cet appel est à certains égards constestable…et constesté. Mais il a le mérite de faire bouger les lignes, et ce n’est pas rien.

    Ce qui se passe là-bas, à Gaza, en Cisjordanie,  à Jérusalem Est n’est pas sans rapport avec ce qui se passe ici, en Europe, en Belgique, à Schaerbeek, Molenbeek ou Anvers…ou ailleurs dans le monde. On peut discuter sans fin sur “l’importation du conflit”. Mais une chose est évidente : plus encore que ce qui se passe en Afghanistan, ce qui se vit sur cette bande de terre a des retentissements évidents, et c’est normal. Cet interminable conflit est au coeur des questions du monde contemporain.

    Le fait que la Turquie ait accueilli cet été des milliers de touristes en provenance du Moyen Orient qui se disent ” chez eux” dans la Turquie d’Erdogan n’est pas sans importance. La Turquie d’Erdogan qui se lasse des tergiversations européennes pour son adhésion. Nous ne mesurons peut-être pas encore l’importance de ce nouveau positionnement turc, non seulement à l’échelle du monde mais aussi à l’échelle de ce qui se vit entre les communautés juives et arables aux 4 coins du monde.

    Pour discuter de tout cela, nous avions invité deux femmes, deux militantes de la paix, dont les engagements sont clairs et sans faille.  Deux femmes parce que nous pensions et pensons toujours que c’est peut-être l’heure des femmes.

    L’une d’elle c’est Nurit Peled, citoyenne israélienne et professeur en sciences de l’éducation à l’université de Jérusalem. Concernée dans sa chair puisqu’elle a perdu sa fille de 14 ans dans un attentat commis par un palestinien, elle continue pourtant inlassablement à oeuvrer pour la paix, comme son père, ex-général de l’armée israélienne qui s’est dressé contre l’occupation.  Elle est l’une des chevilles ouvrières du Tribunal Russel.

    La seconde, c’est Leila Shahid, déléguée de la Palestine auprès de la Belgique et de l’UE. Elle dit qu’elle est une ‘ambassadrice pas comme les autres’. C’est bien vrai. Elle est bien plus qu’une simple porte-parole.

    Pendant une heure et demi, ces deux femmes ont fait bouger les lignes. Elles nous ont fait dépasser la logique des camps, palestinien contre israélien. Elles ont plaidé pour le soutien toutes ces initiatives nouvelles,  ces groupes mixtes, palestiniens et israéliens, indépendants des partis politiques qui réseautent par internet et pas sms, un peu comme les jeunes opposants iraniens. Elles nous parlent de la responsabilité des mères, celles qui ont oublié leur rôle et qui ont transformé leur utérus en trésor national.

    Elles nous rappellent que ce conflit est l’affaire du monde entier, de l’Europe, du monde arabe. Et ce n’est pas une “négociation directe” entre Netanyaou etAbbas (celle qui s’annonce pour les prochains jours, sous les auspices de Barack Obama, en présence du roi de Jordanie) qui apportera la solution.  Toute la communauté internationale doit assumer sa responsabilité. Car tant que celle-ci ne bougera pas, malgré 45 ans d’occupation (la plus longue occupation de l’histoire) cessera d’accepter que toutes les résolutions adoptées soient inappliquées et bafouées, tant qu’elle considérera Israël comme “un enfant gâté”, il n’y aucune raison que les dirigeants israéliens changent leur point de vue ou leur stratégie. La situation d’aujourd’hui, c’est aussi la faute du monde, pas seulement ces protagonistes.

    Nurit Peled aura des mots très durs sur “le mur mental qui grandit dans les têtes israéliennes, paniquées, endoctrinées”. Elle parlera aussi des manuels scolaires, de l’éducation raciste qui est donnée aux enfants israéliens. Elle en parle, assume ses propos et jouit d’une grande liberté d’expression. Mais comme elle le dira, d’une liberté d’expression, caractéristique d’une démocratie israélienne…réservée aux juifs.

    Toutes deux conclueront en disant que dans les deux camps, les citoyens israéliens et palestiniens, veulent la pais. Mais tous perdent confiance sur les moyens pour y arriver. Et chaque négociation directe qui échoue affaiblit les tenants de la négociation…

    On ne fera pas tout le tour de la question. Ce n’était pas le but.

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    août
    21

    Le rendez-vous de l’ecoJoly

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    verts-fr

    Nantes, c’est en Bretagne ? Ce n’est qu’au XXè siècle que Nantes a été rattachée aux Pays-de-la-Loire. Mais tout n’est finalement qu’une question de point de vues et les frontières sont bien floues suivant l’angle qu’on adopte (langue, culture, religion, économie…). Alors mieux vaut peut-être laisser chacun choisir. « La Bretagne n’a pas de papiers, elle n’existe que si à chaque génération, des Hommes se reconnaissent bretons » (Tri Yann)

    Une phrase à faire méditer à Bart De Wever et les siens en ces temps de négociations difficiles…

    Une phrase qui figure en exergue du document d’accueil des Journées d’Eté qui battent leur plein à Nantes (c’est le cas de le dire : plus de 2000 personnes se pressent sur le site) depuis hier.

    De multiples débats, des formations pour les élus, des lieux de rencontres, un « atelier terrasse » très ensoleillé, rassemblent des militants Verts de la première heure, des « Europe Ecologie » de la première vague, celle des élections européennes, et de la deuxième, celle des élections régionales qui ont confirmé le succès électoral. Et puis quelques voisins belges, dont moi et un jeune militant d’EcoloJ, des invités de qualité, des intervenants pointus.

    Mais la presse n’en a cure. Ce qui l’intéresse, ce sont les acteurs de la pièce pour les présidentielles de 2012. Quand Cohn Bendit pointe sa tête, un barrage (au sens strict) de journalistes et de caméras se dresse. Plus loin c’est Cécile Duflot qui attire les photographes. Et si Eva Joly, la vedette de ces rencontres, se déplace, elle est suivie d’une nuée de journalistes…

    oui, oui, là au milieu, c'est Dany littéralement coincé. Il aime aussi un peu ça...

    oui, oui, là au milieu, c'est Dany littéralement coincé. Il aime aussi un peu ça...

    C’est tôt évidemment. Il y a encore 2 ans avant les présidentielles. Et sa belle image d’aujourd’hui, sa force et son ingénuité, son autorité et son expérience, pourraient bien quelque peu – médiatiquement s’entend - s’éroder. Mais justement. C’est non seulement sa candidature qui est une belle promesse pour les écologistes, mais surtout le programme et l’équipe qu’elle devrait constituer dans l’année à venir, pendant que les autres se disputeront sur leur candidat. C’est un énorme enjeu, d’autant plus que si de nombreux français boudent les élections européennes ou régionales, ils votent massivement aux présidentielles.

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    Mais avant cela, il leur reste un exercice difficile à réussir, et à propos duquel certains sont confiants et optimistes, d’autres plus inquiets ou sur la défensive. C’est réussir la structuration du parti Vert et du « bras armé » Europe Ecologie que Cohn Bendit a inventé en 2008. L’enjeu n’est pas mince et il est sur toutes les lèvres…

    Au vu de la consultation des adhérents et des électeurs d’Europe Ecologie, mettant en évidence leurs profils et leurs attentes, on mesure mieux la difficulté. Etrangement, ou plutôt non, sans surprise, ce profil correspond assez bien à celui des « nouveaux électeurs » d’Ecolo, au-delà de sa base d’électeurs d’adhésion ancienne. Ils placent leurs priorités dans un autre ordre par rapport aux militants ecolo plus traditionnels. Le clivage gauche droite ne les mobilise pas ou peu, pas plus que la question des alliances. Ils veulent de la cohérence, de l’éthique, un projet de transformation de l’économie. Ils raisonnent sur d’autres critères. Ils sont souvent plus jeunes.

    En tous cas, à côté de mes collègues députés européens, moi j’ai eu à faire dans les ateliers dans lesquels j’étais invitée à intervenir, à des gens de qualité, des élus régionaux bien articulés, des maires compétents, qui ont un projet dans la tête mais les mains dans le cambouis. Dommage que, un peu comme chez nous, ces gens-là, on en n’entend guère parler sur les « grands médias ».



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    Commentaires Comments Off
    août
    13

    Une rue de Brabant endolorie…

    Posté dans : Schaerbeek par Isabelle Durant

    13082010104Je suis allée faire un tour et rencontrer commerçants, riverains,  propriétaires et locataires des maisons sinistrées, voisins de la rue de Brabant où lundi matin à l’aube, un magasin était incendié volontairement entraînant la démolition de tout l’angle de la rue de Brabant/Quatrecht.

    La rue retrouve tout doucement ses marques. Elle est rouverte, les commerces fonctionnent à peu près tous. La vie normale reprend ses droits. Pourtant on a manifestement frôlé le drame de la rue St Léonard à Liège. Mais ici, par miracle, aucune victime et des bonbonnes de gaz qui n’ont pas explosé. Mais  ici  il s’agit d’un acte criminel, ce qui risque de ternir la réputation d’une rue déjà mal comprise et mal aimée,  et de ceux qui y travaillent parfois depuis plus de 30 ans.

    D’abord, de l’avis unanime, les pompiers, tous  les services communaux, la police, ont été parfaitement à la hauteur. Nous sommes vendredi, soit 4 jours après le sinistre, et cet après-midi, on rétablissait complètement la  circulation (mais à sens unique dans la rue de Brabant). Les grues doivent encore déblayer les derniers gravats et les  dernières vérifications de stabilité doivent encore avoir lieu pour permettre aux voisins de réintégrer leur magasin et leur maison.

    Les récits du boucher d’en face donnent froid dans le dos : il a tout vu, suivi, filmé. Une chaleur terrible, heureusement une fumée et des cendres qui se sont propagées en hauteur et pas vers les commerces d’en face. Le locataire du magasin voisin de celui qui a brûlé bénit le ciel : ses parents qui habitent à l’étage étaient en vacances au Maroc. Mais s’il est parfaitement satisfait de la disponibilité des services, il se demande quoi pour la suite : l’installation de sa marchandise pour la rentrée, les pertes subies, les assurances…

    13082010105

    Mais à côté de cet échange d’info, de façon cordiale et confiante,  avec les personnes concernées, mais aussi avec le Commissaire Michaux présent sur place (bientôt un KOBAN, petit commissariat de quartier, sera installé place Liedts)  avec le service propreté et son responsable (qui voudrait vraiment que sur le site, on installe une antenne propreté pour mieux gérer la propreté de cette rue hyper-commerçante),  je n’ai pas manqué d’être interpellée sur des questions plus générales qui concernent cette artère bien particulière : la sécurité, les mendiants, la prostitution voisine, la propreté, le trafic et les places de parking. Ces questions-là sont récurrentes. Les plaintes sont nombreuses.

    Cette interpellation animée mais cordiale, avec quelques commerçants au début de la rue, près de la place Liedts, qui eux n’ont pas été pénalisés par l’incendie s’est transformée en petit débat, entre les gens entre eux. En ces premiers jours de Ramadan, la sensibilité est plus grande. Un homme musulman s’emporte un peu et veut instaurer la loi islamique : condamnation de la prostitution et “nettoyage” de la rue d’Aerschot pour ne plus infliger cette proximité aux habitants, musulmans ou non, avec tout ce que cela génère comme problème la nuit du côté des clients (tapage, saleté, insécurité). . On s’explique. Je lui explique. Les lois belges ne prévoient pas l’éradication de la prostitution mais seulement de la traite des êtres humains. Un autre le contredit : ce n’est pas une question de religion, mais une question que les pouvoirs publics doivent traiter. Un autre encore qui lui même a fait de la prison quand il était plus jeune pour des histoires de vol dit-il, demande plus de fermeté.

    En les écoutant discuter entre eux, je pensais aux arguments à géométrie variable :  ce sont les mêmes donneurs de leçon qui revendiquent avec force l’interdiction du foulard car il signifierait systématiquement  la soumission des femmes en arguant du fait qu’il est impossible de vérifier le libre choix des jeunes femmes de le porter…ce sont ces mêmes qui défendent le soit-disant choix des femmes de pratiquer la prostitution.  Comme si dans ce cas, on ne devait pas se poser la même question du choix, des  motivations, pressions ou histoires de vie souvent douloureuses qui mènent à la prostitution.  Et là, faute de vouloir ou de pouvoir vérifier ce choix,  ils aboutissent à la conclusion contraire : alors que pour le voile, il prônent l’interdiction, pour la prostitution, ils plaident non l’abolition mais le droit pour les femmes qui le veulent de pratiquer et d’offrir un service du sexe…

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    août
    11

    Y a rien dans la presse…

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    revue-de-presseDit et répété autrement : “les journalistes n’ont rien à se mettre sous la dent…”

    Rien à se mettre sous la dent ? Vraiment ? Pourtant l’actualité de ce mois d’août apporte chaque jour son lot de nouvelles dont la portée et les conséquences sont tout sauf anodines.

    On peut évidemment classer dans les faits divers  la mesure de la  radioactivité dans les zones contaminées par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 qui a révélé que « depuis la mi-juillet des incendies de forêt y ont été enregistrés sur 3.900 hectares ». Et que même si les radiations sont annoncées comme réduites, le danger de contamination vers Moscou ou l’Europe occidental est faible.

    Fait divers, diront certains ?  Rappelons nous tout ce qu’on a dit autour du nuage radioactif de 1986 qui après avoir contaminé des populations, la végétation, les cours d’eau, des terres agricoles pour des dizaines d’années avait selon les scientifiques mystérieusement contourné  la France et la Belgique. Et ce n’est pas le « la situation est difficile mais stable et sous contrôle » des autorités russes qui rassure.. Surtout quand on entend la confiance aveugle que les ingénieurs des services en charge des zones nucléaires conservent dans la population russe.

    Autre fait divers qui ne mérite même pas qu’on s’y arrête : 5 des 15 experts de l’OMS qui ont géré la fameuse pandémie de grippe H1N1 avait eu des liens avec les groupes pharmaceutiques qui ont tiré un énorme profit de la fabrication et de la vente de millions de doses d’antiviraux et de vaccin  dont une majorité sont restés inutilisés et ont été revendues ou refourguées à des pays africains qui auraient surtout eu besoin d’antimalariaux et de traitement antisida.

    Il n’est pas plus rassurant de lire que l’OMS a estimé que ces situations ne provoquaient pas « de conflits d’intérêts » avec le rôle joué par ces personnes auprès de l’organisation.

    Et après, on refuse les commissions d’enquête au niveau national ou au niveau européen…
    Un fait divers banal que la mise en place de la commission d’enquête de l’ONU sur l’assaut de la flotille au large de Gaza en mai dernier, et surtout l’information que le Premier Ministre Netanyahou ne s’y présentera pas et fera sa propre évaluation des ordres qu’il a donnés pour arraisonner le MaviMarmara?

    Un “chien écrasé” que la répétition de phénomènes climatiques inquiétants, comme ces terribles inondations au Pakistan, que les Nations Unies jugent aussi catastrophiques que le tsunami et pour lequel elles demandent une levée de fonds de plus de 500 Millions de dollars pour faire face aux urgences. Les glissements de terrain dévastateurs à la frontière du Tibet, la canicule et les feux de forêt en Russie, et dans une moindre mesure au Portugal.  Matin Première a pourtant considéré que cela valait bien une analyse de notre climatologue Van Ypersele .

    Alors bien sûr,  qu’”on” attend des avancées sur le terrain du préformateur et pas grand-chose ne vient.  Et pour cause, la discrétion et la réserve dans une opération si difficile est un (mais un seulement) gage de réussite de quelque chose.  D’ailleurs, si la plupart des acteurs sont bien plus silencieux que dans les épisodes précédents, quelles que soient leurs appartenances,  c’est parce que tous mesurent la difficulté et le risque de “brûler” une piste avant même qu’elle n’ait pu être testée.

    Et sans doute les lecteurs de journaux, les consommateurs de JT et JP, le comprennent-ils d’autant mieux qu’ils ont été rapidement lassés du balai des voitures entrant et sortant de Val Duchesse, des déclarations les plus “langue de bois” des uns et des autres, des réclamations de certains pour des vacances, etc…La question aujourd’hui est de savoir s’ils acceptent que cela prenne du temps ou si le silence radio des négociateurs les éloigne un peu plus encore de la “chose” politique belge.

    Mais savons-nous , savent-ils que chez nos voisins bataves, où les élections législatives se sont tenues plus d’un mois avant les nôtres, là aussi sur base d’une crise, mais politique (la question des troupes nerlandaises en Afghanistan)  et donc pas institutionnelle, on n’est pas plus avancé dans les opérations de formation du gouvernement.

    Alors décidément non, le “il n’y a rien dans la presse” n’est pas acceptable. Il y a énormément de choses dans la presse qui, pour cause de discrétion des négociateurs belges, occupent la première page, les premiers titres.  Et ce n’est pas parce que c’est européen, international, que ça se passe plus ou moins de chez nous, que cela n’a pas d’intérêt ou d’incidence.

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    juil
    13

    Etienne Schouppe et Deng Xiaoping

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    dengxiaoping2

    Présidence belge oblige : Etienne Schouppe,  ministre en affaires courantes (courantes quand on parle de mobilité…Bon, c’est un peu plat, je le concède)  était en commission Transport du Parlement Européen cette fin d’après-midi.  Après une présentation un peu ennuyeuse et sans relief, il reprend quelques uns des sujets qu’il avait listés dans son exposé, dont celui de l’eurovignette.

    L’Eurovignette est ce système de tarification européen pour le transport de marchandises, ayant pour but d’harmoniser et de rééquilibrer la tarification et d’assurer la prise en charge des coûts externes du transport (pollutions et congestion). La Belgique ambitionne de trouver un accord sur ce dossier  bloqué au conseil des ministres des transports depuis des lustres pour cause de divergence entre pays périphériques et centraux. Je salue la volonté et peux même saluer la stratégie qui vise à faire la distinction entre les coûts économiques liés à la congestion et les coûts environnementaux (émissions, bruit, insécurité routière).  S’il y arrive, chapeau. Il serait toutefois amusant que l’accord impossible entre Flandre et Wallonie sur la même question le devienne entre les 27 sous la houlette d’un ministre belge…Sauf à penser que le distingo entre les coûts économiques et écologiques vise à transformer les premiers en mini-redevance et à réduire les derniers à portion congrue…

    Il nous a entretenu de sa vision du transport au service de l’économie (merci pour cette vision audacieuse !), de considérations assez générales sur les réseaux transeuropéens et a même repris une citation du leader communiste chinois pour faire valoir que la réalité n’était pas en noir ou blanc…Il y en a qui ont de ces références !

    Il a été peu disert sur le chemin de fer…et sur la procédure d’infraction engagée par la Commission à l’égard de la Belgique (et donc de la SNCB, dont il est l’ex patron mais pas le ministre de tutelle).

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    juil
    12
    http://www.dailymotion.com/videoxe01n0

    C’est la dernière avant le break (notons que le Parlement Européen se remet à travailler fin août et première session plénière en septembre…Un peu différent du fédéral, qui “breake” jusqu’au 15 octobre !)

    Une séance qui a vu la mise en route de la présidence belge : un Yves Leterme plutôt bon pour une fois.

    Un discours avec un peu de tout, sur la régulation financière, la pauvreté, le social, les conférences internationales sur le climat et la biodiversité.

    Un discours volontariste et modeste à la fois. Mais il est clair, pour reprendre une comparaison footballistique,  qu’être l’entraîneur de joueurs qui depuis le banc, ne savent pas s’ils joueront et combien de temps, ça handicape solidement l’action.  En tous cas, sur les bancs des diplomates, une fois qu’Yves Leterme s’est rassis, c’était le soulagement. Ouf, pas mal fait, pas fait de gaffe. Notons qu’il est passé de façon fluide et sans transition du français au neerlandais, à l’allemand et à l’anglais.  Voilà qui change des peu doués pour les langues…

    C’est évidemment à l’usage qu’on mesurera la force de cette présidence.  Il est vrai que s’ils pouvaient tous rester en place jusque fin décembre, ce serait une aubaine pour l’Europe, sans doute pas pour la Belgique qui resterait 6 mois encore en affaires courantes, faisant ainsi définitivement pâlir l’étoile De Wever…

    Mais durant ces 4 jours, les débats et les votes ont été nombreux et variés.

    Le “paquet supervision financière” (un ensemble de plusieurs rapports législatifs sur différents aspects du contrôle et de la régulation dans le secteur bancaire) a fait l’objet d’une large approbation, même si le vote final n’aura lieu qu’en septembre, question de donner un peu de bois de rallonge au Conseil et lui donner le temps d’aboutir. Et d’ailleurs s’il le faut, à la majorité qualifiée, car en effet, pourquoi toujours vouloir obtenir l’unanimité alors qu’elle n’est pas requise. La régulation et l’assainissement du secteur bancaire ne peuvent plus attendre.

    Le Parlement s’est aussi positionné très clairement contre la mise sur le marché  des consommateurs européens de la viande et des aliment provenant d’animaux clônés, aliments autorisés aux Etats Unis (on peut s’attendre dans l’avenir à des batailles à l’organisation mondiale du commerce…) .

    Dans un tout autre domaine, le Service d’Action Extérieure de l’Union Européenne a lui aussi donné lieu à un accord. On y a réduit tant que possible la trop grande force et proportion des diplomates nationaux, susceptibles de maintenir la politique extérieure de l’Union à la somme des (grandes) diplomaties nationales.Imparfait, mais on vient de loin…

    On y a aussi voté une résolution sur l’adhésion de l’Islande, mais à notre plus grand étonnement et notre plus grande satisfaction, un amendement que nous avions rentré sans trop d’espoir de le voir adopté l’a été : il s’agit de conditionner cette adhésion à l’arrêt de la chasse à la baleine. Ce ne sera pas suffisant car d’autres pays comme la Norvège ou le Japon ne sont pas concernés, et puis ce n’est qu’une résolution. Mais c’est un pied dans la porte…

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    juil
    1

    Indépendance cha cha : rideau

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    Après un défilé militaire qui n’en finissait pas, le 30 juin est passé…sans incident. On notera bien quelques bousculades lorsque la foule qui avait assisté au défilé s’est disloquée… en emportant les chaises de plastic. Mais rien de très sérieux. Soulagement donc côté congolais comme du côté de la délégation belge. Le Roi n’aura rien dit. Le premier ministre n’aura guère dit plus. Tout le monde est content et les congolais sont frustrés.

    Rideau

    Pourtant ce qui est à faire est immense. Kabila ne l’a pas esquivé dans son discours de ce midi. A côté des enjeux et des chantiers, il a pointé tous les « ratés » : les viols, la corruption, les atteintes aux droits de l’homme. Il est clairement en campagne électorale, et jusqu’ici sans challenger sérieux. Mais il va lui falloir montrer des choses, en achever et en entreprendre. Car s’il ne faut pas lui faire de procès d’intention ou lui reprocher d’avoir seulement parlé (s’il y a bien un jour qui est un jour de parole et de discours, c’est le jour anniversaire), il va falloir prouver que la lutte contre l’impunité passe, entre autres, par une vraie enquête, validée par des indépendants, sur la mort de Chebeya. Même si ça prend du temps, c’est indispensable en terme démocratique. Mais ce l’est aussi pour la présidence de ce pays,  pour le gouvernement, pour sa légitimité.

    Au moment où le FMI fait savoir que la remise de dette du Congo va être une réalité, c’est un petit espoir qui s’ouvre pour que les moyens libérés soient affectés prioritairement aux fameux grands chantiers.

    Et puis, belges et congolais devraient, au lendemain de cet anniversaire, accepter de solder les comptes, de travailler sur la mémoire du passé, d’en accepter les zones d’ombres et de lumière, les uns et les autres, pour engager des relations privilégiées, mais sans complexe ni complaisance.

    Car enfin, cette connaissance, cette sensibilité, cette proximité, elle m’est encore apparue si réelle durant ces 4 jours. Le problème, c’est qu’il semble bien qu’en Belgique, cet héritage, il n’y a plus grand monde dans la classe politique qui en a quelque chose à f..aire.

    Le rideau ne eut tomber que sur festivités officielles et  la (muette) visite royale. Il doit s’ouvrir par contre sur l’avenir…

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    juin
    30

    Billet d’humeur

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    Belge Présidence…

    Elle démarre dans 24 heures.

    Le Roi aura fort à faire. Dès après sa pause congolaise, il lui faudra immédiatement remettre les pieds aux deux étriers en même temps (même pour le meilleur des cavaliers, c’est une manœuvre délicate… :) à bâbord, le suivi de la formation d’un gouvernement (nouveau), à tribord, le lancement du gouvernement (ancien) dans la présidence de l’UE….

    On a évidemment quelques craintes sur la faiblesse de cette présidence tournante, dont les acteurs sont sur un siège éjectable. Et si l’on en doutait, les petites phrases toutes faites sont là pour rassurer…

    1. La présidence en trio (Espagne Belgique, Hongrie) garantit la continuité. Vrai ou Faux ?

    Faux : il ne suffit pas d’avoir un sigle commun (trio.eu) pour décharger l’un ou l’autre membre du trio de sa charge de travail politique. Evidemment qu’envisager la conclusion de certains dossiers sur 1 an ½ plutôt que sur 6 mois, c’est une bonne chose. Mais pour ce qui concerne les belges, 2ème du trio et suivant une présidence espagnole qui pour toutes sortes de raisons n’a pas pu conclure des dossiers importants, c’est plus de travail et de responsabilité. Surtout au vu de la présidence qui suit, considérée comme moins expérimentée et outillée.

    2. Les diplomates et les techniciens sont parfaitement au point et c’est sur eux que repose le gros du travail. Vrai ou Faux ?

    Faux : S’il est vrai qu’une bonne partie de la préparation technique se fait au niveau des diplomates et de la représentation permanente, ce n’est pas à eux qu’il revient d’impulser, d’arbitrer, de décider. Une présidence a besoin comme de pain de ministres engagés, investis dans leur conseil thématique, reconnus par leurs pairs, légitimes dans les conciliations qui risquent de leur revenir.

    3. Beaucoup de conseils seront pilotés par des ministres régionaux qui eux ne sont pas en affaires courantes. Vrai ou Faux ?

    Partiellement vrai : cela ne concerne que 10 conseils sur 28, dont la présidence revient à un ministre régional ou de communauté. En outre, ce qui complique la présidence d’un conseil par un ministre régional, c’est que si lui siège à la présidence, c’est son homologue d’une autre région qui siège à la place de la Belgique. Cela exige, pour une bonne efficacité, une coordination bien huilée, ce que sera difficilement en capacité d’assurer un Secrétaire d’Etat aux affaires européennes qui risque surtout de ne pas le rester. Et en outre, les régions pourraient bien en cours de route, hériter de compétences qui étaient jusqu’alors du ressort du fédéral, matières sur lesquelles par définition, elles ne se sont pas penchées dans la préparation de la présidence.

    4. Il y a un tel consensus en Belgique sur les questions européennes que cela ne pose pas de problème. Vrai ou Faux ?

    Faux : Il y a un consensus pour dire qu’une Europe un peu plus fédérale et qui a plus de pouvoir, c’est important.  Mais cela s’arrête là.  Tout comme en France il y a un consensus pour dire que l’Europe c’est bien quand c’est la France en grand. Mais ce consensus-là n’est que de faible utilité dans une présidence tournante, pour des ministres qui doivent piloter leur conseil, rencontrer les acteurs sociaux, négocier au Conseil avec des ministres qui représentent avant tout les intérêts de leur état membre. Sans compter que le ministre belge, à la présidence, a  aussi en tête les intérêts belges…enfin flamands, bruxellois ou wallons et ce ne sont pas toujours les mêmes…

    5. Il y a Herman Van Rompuy ! Vrai ou Faux ?

    Vrai évidemment, mais Herman Van Rompuy, il est là pour les sommets et entre les sommets des chefs d’état, dans lesquels Yves Leterme n’aura plus grand-chose à dire ou à faire (c’est sans doute tant mieux). Mais il ne se mêlera pas des conseils thématiques, des conseils informels, des petits et grands dossiers sur lesquels on attend nos ministres, sur les conciliations dans lesquels nos ministres devront tenter de décrocher un accord, de la dynamique qu’il faut mettre en œuvre hors Europe pour préparer la conférence de Cancun.
    Ces 5 petites phrases magiques ne garantissent absolument rien. Et il y a fort à craindre qu’après les festivités du 2 et 3 juillet, le discours d’Yves Leterme à Strasbourg le 7 juillet risque de ne pas faire beaucoup recette…

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    juin
    29

    Independance cha cha, J-1

    Posté dans : rendez-vous par Isabelle Durant

    Mardi 29 juin

    Hier soir, on ne parlait que de cela, l’arrivée du Roi. Avec une certaine déception pour ceux qui s’étaient massés par milliers le long de la route de l’aéroport vers le centre. Certains agitaient des drapeaux et applaudissaient, d’autres étaient silencieux pour marquer que leur cœur n’était pas à la fête. Fort d’une mémoire collective qu’ils ont loin d’avoir tous expérimentée, ils s’attendaient comme ce fut le cas il y a 50 ans pour le Roi Baudouin, à Albert II debout, vêtu d’un uniforme blanc, dans une voiture décapotable. Autre temps, autre histoire : pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons, ils n’ont vu qu’un cortège de voitures aux vitres fumées…Et à peine ici ou là un signe de la main de la part des occupants de voiture royale.

    Côté journalistes, cela jase un peu sur l’organisation de l’événement. La petite centaine de journalistes belges, tous médias confondus, n’a pas toujours trouvé à se loger à Kinshasa. Une bonne partie d’entre eux seront hébergés un peu à la dure, sur lits de camps, dans l’école belge. Hier soir, une vingtaine d’entre eux ont été « oubliés » dans l’avion royal, sur le tarmac, dans lequel ils ont poireauté pendant près d’une heure. Plus de bus pour les ramener vers le centre…où il leur encore fallu faire la file pour leur accréditation…Ah cette visite royale…

    J’ai aussi appris hier soir un bout d’histoire de la ville de Kinshasa et d’un de ses quartiers centraux, Matongé. Matongé, c’est le pluriel de Litongé, qui est un fruit à noyau qui poussait dans cette zone rurale et marécageuse. Pas sûr que cela soit su dans notre Matongé ixellois …

    J’ai enfin pu apprécier, en me faisant raconter le contenu de la pièce « Le remaniement » une satire politique congolaise qui a eu grand succès ici, une tranche d’humour congolais. Le thème du remaniement gouvernemental, est au Congo ce que le débat communautaire est à la Belgique, omniprésent et souvent utilisé comme caricature de la vie politique. C’est encore un point commun : le type d’humour et de dérision qu’on peut se permettre sur ses dirigeants…

    « Le remaniement », c’est l’histoire de futurs, actuels et anciens ministres ou mandataires politiques, qui tracent leur avenir, élaborent des stratégies de toutes sortes pour en être, y rester, ou y arriver. Et tout est bon : le marabout, une nouvelle femme aux origines d’une province mal représentée, j’en passe et des meilleures.
    Piquant à entendre au moment où Bart De Wever « remanie » sans relâche…

    Aujourd’hui, rencontre à l’Unicef, puis avec « Journalistes en danger ».
    Ensuite réception à l’ambassade de Belgique où se retrouveront tous ceux qui ont accompagné, photographié, filmé, scruté, la visite royale ce matin, à l’école belge, et ensuite pour le Roi sur un chantier naval et pour la Reine dans un centre de formation professionnelle. Mais aussi les belges de Kinshasa. Un peu de tout. Le Roi verra rapidement les ONG actives ici. Après pas mal de tractations, Yves Leterme signera finalement le livre de condoléances pour la famille Chebeya. Des entrepreneurs, des anciens congolais, des profs de l’école belge.

    Une chorale congolaise, superbe, chante Brel, Maurane, et autres chanteurs belges et chansons françaises. On grignote saucisson, tomates crevettes, fromage belge et moutarde.

    Ce soir, ce sera la soirée d’ouverture des fêtes du 30 juin, et demain le défilé militaire.


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    juin
    28

    Indépendance cha cha

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    Kinshasa, 27 juin

    Comme à chaque fois, malgré qu’il soit déjà 22heures, on est envahi de chaleur et d’une odeur de tarmac chaud dès la descente de l’avion.
    La route de l’aéroport vers le centre est toujours aussi chaotique malgré certains travaux et les ombres de ceux qui se risquent à traverser cette « voie rapide » sont éclairées par les petites lumières et bougies des marchands, des échoppes.

    C’est dimanche, et il fait donc un peu plus calme. D’autant que c’est une sorte de « pont » non officiel jusque mercredi 30 juin. C’est le trafic qui en a décidé. Il étouffe déjà la ville en temps normal : avec les festivités en vue, il est illusoire que l’activité débordante et bouillonnante de cette ville puisse se dérouler normalement.

    Des festivités dont on ne sait pas encore grand-chose quant aux modalités pratiques, au moment où notre voiture s’engage sur le boulevard du 30 juin devenu une sorte d’autoroute à 2 fois 3 bandes, pour la circonstance bordée de centaines de drapeaux congolais et de tous les pays invités pour le cinquantenaire.

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    La ville n’est pourtant pas à la fête : à côté du défilé, rien n’a été prévu pour les habitants de Kinshasa. Pas de concert ou de lieux de fête publics. Peut-être par peur des débordements. Mais le cœur n’est pas non plus vraiment à la fête. La situation est difficile, on vit au jour le jour.

    On l’est encore un peu moins du côté des défenseurs des droits de l’homme. L’association « La voix des sans voix » a perdu son patron, Floribert Chebeya, assassiné il y a un mois.
    J’ai rencontré Annie son épouse, ses enfants, son frère Fidèle. Ils sont abattus après ces semaines de souffrance et les funérailles il y a deux jours. Ils se sentent aussi insécurisés, potentiellement instrumentalisés par certains qui prétendent qu’ils voulaient enterrer leur père, mari, frère, le 30 juin. Coincés entre certains politiciens peu soucieux du bien commun et de la vérité et un gouvernement qui a donné quelques premiers signaux (insuffisants) mais qui surtout souhaite que le défi de la commémoration du 30 juin se passe convenablement.

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    C’est donc dans la durée qu’on jugera si oui ou non il y a une volonté de faire la lumière, de connaitre les commanditaires, de mettre fin aux pratiques et agissements de milices, de policiers qui intimident et violent les droits les plus élémentaires.
    Les défenseurs des droits de l’homme ne sont pas en sécurité dans ce pays. C’est une réelle préoccupation et il faut que Mr Chebeya ne soit pas mort pour rien. Il faudra que la pression continue de s’exercer, dans la durée. Crier “Kabila assassin” n’y suffira pas.

    L’avion du Roi vient d’atterrir… On aimerait évidemment que Mr Leterme et le Roi signent le livre de condoléances, disent des choses publiquement. Sans doute ne le feront-ils pas, pour toutes sortes de raisons liées aussi à la faiblesse du gouvernement belge. Mais ce qui comptera aussi, c’est ce qu’ils diront en face à face à Mr Kabila et ce qu’ils pourraient mettre en œuvre pour donner un suivi à leurs propos. Le feront-ils ? A suivre…

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