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    août
    27

    Barroso, suite et pas fin

    Posté dans : AU PARLEMENT EUROPÉEN par Isabelle Durant

    barroso1

    On n’y est pas encore, quoi qu’on en dise.
    Et sans doute que les vacances de Mr Barroso n’auront pas été des plus agréables.

    Pour ce qui est des suites, le calendrier est serré : durant la semaine du 8 septembre, le Président sortant de la Commission et qui le sera encore jusqu’au 31 octobre, fera le tour des groupes politiques pour “vendre” sa candidature.

    Il y a fort à parier qu’il servira aux socialistes un solide couplet sur la régulation du marché, les services publics et l’Europe sociale, aux libéraux l’achèvement des libéralisations engagées, aux Verts son engagement contre le changement climatique, au PPE : il essayera de les convaincre de tous le soutenir.

    Mais que dira-t-il sur Guantanamo, les OGM, la régulation financière, le plan de relance, etc…

    Et surtout comment justifiera-t-il qu’il faut qu’il soit désigné en septembre, quelques semaines avant le référendum irlandais qui fera entrer les institutions européennes dans une nouvelle ère, celle du traité de Lisbonne qui changera les règles du jeu ?

    Comment expliquera-t-il qu’il lui faut être désigné avant tous les autres et avant le reste des commissaires ?

    Pourquoi les socialistes allemands par exemple prendraient-ils le risque de le soutenir le 16 septembre alors que les élections législatives ont lieu le 27 septembre, soit 10 jours plus tard.

    Et pourquoi les autres hésitants le soutiendraient-ils alors que le réferendum irlandais se tiendra le 2 octobre, soit à peine 3 semaines plus tard. Et que le traité de Lisbonne une fois ratifié exigera un nouveau vote sur le Président de la Commission.

    Et puis l’argument évoqué en juillet à Strasbourg, à savoir le risque de voir Mr Barroso élu grâce aux voix des euroscetiques britanniques, tchèques ou polonais, reste tout à fait valable. Il a besoin d’une majorité pro-européenne qui ne sera pas si facile à rassembler.

    Et jusqu’à la veille de la plénière de Strasbourg, l’ordre du jour pourra être modifié, même si c’est formellement le 10 septembre que les présidents de groupe déciderons si oui ou non ce vote sur le Président de la Commission est mis à l’ordre du jour.

    Téléphones, rencontres informelles, prises de positions multiples émaillerons les jours à venir, c’est sûr ! Et rien ne garantit à Mr Barroso une rentrée politique plus rassurante et prometteuse que ses vacances…


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    août
    26

    Taxe carbone : une illusion d’optique ?

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    energie1

    Le débat sur la Taxe carbone en France est en passe d’aboutir, dit-on. Enfin, si l’on en croit la presse. Et pour cause, le sommet de Copenhague (en décembre 2009) approche et Nicolas aimerait s’y présenter en bon élève.

    Toutefois, le débat fait rage : «Il ne faut pas que l’écologie apparaisse comme un moyen de remplir les caisses de l’Etat», comme le dit la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie  à Libération. Notons l’utilisation du mot “apparaisse” ! En l’occurence,  l’écologie peut remplir les caisses, mais cela ne doit pas se voir !

    Quelques rétroactes d’Outre-Quiévrain  : issue du Grenelle de l’environnement, la contribution climat énergie (CCE) nommée ainsi pour être moins rébarbative -mieux vaut contribuer que d’être imposé !-  c’est en fait une taxe dont le principe est qu’elle augmente le prix des énergies fossiles et joue ainsi le rôle d”incitant au changement de comportement pour les ménages et les entreprises.

    Une sorte d’écotaxe, en bonne et due forme. Une écotaxe comme celle qu’Ecolo a (justement) voulu (précocement et maladroitement, sans “acceptabilité sociale” de la mesure et dans un certain cafouillage politique en la liant à la réforme de l’état de l’époque) mettre en place  en 1991 pour sortir des emballages en PVC les plus polluants pour lesquels il existait une alternative non ou moins polluante.  Une écotaxe dont il est bon de rappeler qu’elle n’a jamais été mise en place en tant que telle. Une taxe qui nous est politiquement “facturée” par tous les partis traditionnels à toutes les occasions quand ils veulent gagner du terrain électoral sur les écologistes sur le mode “Ecolo, c’est les taxes”. Et hélas, ça marche !

    Soit, revenons en France.

    Depuis pas mal de temps, divers experts travaillent à l’opérationalisation d’une telle “contribution” : le prix par tonne de CO2, le montant de la taxe pour aboutir aux objectifs post Kyoto (pour les scientifiques du Giec, il faut qu’en 2030, la tonne de CO2 coûte 100 euros si on veut arriver en 2050 au niveau d’émission déterminé.  La commission présidée par Michel Rocard sur le sujet était arrivée à 32 euros par tonne en 2010, pour atteindre 100 euros en 2030.

    La Contribution Energie Climat postule qu’elle doit être suffisamment lourde pour changer les routines avec un ajustement radical sur de nouvelles pratiques. Quel va être son impact sur l’évolution des préférences individuelles et collectives et sur les arbitrages possibles que vont faire les ménages dans la structure de leurs dépenses, cela d’autant plus que l’effet élasticité prix-quantité d’une telle mesure sur des marchés éminemment spéculatifs est pour le moins imprévisible, voire imaginaire?

    En outre,  que restera-t-il d’ une telle intention, une fois que ce projet de taxe aura passé tous les filtres qui l’attendent.. Comme c’est le cas dans ce genre de décision, et avec toutes sortes de bonnes raisons, les parlementaires, les divers lobbys privés, les associations et groupe d’ intérêts sociaux, économiques et écologiques vont s’affronter. Le résultat pourrait bien être un niveau de taxation bien trop bas pour être efficace, avec toutes sortes d’exonérations à la carte, et in fine l’engloutissement du produit -trop faible- de la taxe dans le grand trou des déficits budgétaires.

    C”est cela qui se jouera dans le mois qui vient,  dans l’arbitrage présidentiel sur l’acceptabilité sociale et  politique  de la mesure.

    N’évacuons  pas cette “contribution” avant qu’elle n’ait vu le jour. Mais regardons ce qui devrait l’accompagner pour qu’il s’agisse vraiment d’une “contribution” des citoyens.

    Un intéressant papier dans “Les Echos” met en avant un certain nombre de propositions additionnelles intéressantes que je fais miennes (et cela d’autant plus que nous y travaillons très sérieusement dans l’alliance emploi-environnement dans les gouvernements régionaux qui viennent de se mettre en place) .

    Si par le prélèvement et la redistribution de cette “contribution” on vise à inciter des changements structurels dans les  logements (moins énergivores) et dans les transports (moins polluants),  il faut évidemment travailler activement à soutenir des normes très strictes pour les bâtiments nouveaux et pour l’isolation des anciens.

    Mais s’ajoute à cet indispensable stratégie des propositions plus concrètes encore pour vraiment faire CONTRIBUER les citoyen, pour lui  faire apparaître  sa consommation de ressources non renouvelables et les pollutions dont il est responsable. Une forme d’empreinte écologique, mais instantanée et qui offre une possibilité concrète de changement.  Pas une indication globale des émissions liées aux comportements, ni une ligne dans une facturation a posteriori, bien après la consommation concernée.  Non, un affichage immédiat.

    Par exemple sur le tableau de bord des voitures : aujourd’hui, la vitesse est indiquée “‘en gras”, alors que la consommation par km/h n’apparaît que dans certaines voitures, en petit et à la demande. Affichée en grand sur le tableau de bord, elle pourrait réellement occasionner une diminution de la vitesse, un conduite plus “soft” et moins consommatrice de carburant.

    Pourquoi les compteurs de gaz ou d’électricité sont-ils toujours placés dans caves ou dans les placards les plus inaccessibles. Pourquoi sont-ils illisibles pour le commun des mortels et donc relevés par des employés des société de distribution ? Si les compteurs étaient placés dans les cuisines ou dans les salles de bain, avec un clignotement quand on dépasse une certaine consommation, un affichage clair et simple,  cela aussi pourrait contribuer à faire éteindre les lumières,  à renoncer à l’utilisation du séchoir électrique quand c’est possible,  etc…En bref, c’est développer une maîtrise décentralisée de la consommation des ménages…

    Au moins aussi utile qu’une taxe carbone qui risque bien de ne pas se montrer à la hauteur des défis de Copenhague.

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    août
    24

    bureau-de-poste

    Cela fait des mois que les comités de citoyens et leurs représentants politiques locaux s’activent à Louvain-la-Neuve pour le maintien de leur bureau de poste. Ils ne sont pas les seuls à être concernés, mais leur bataille et leur mobilisation est exemplaire. Les voilà qui occupent leur bureau de poste depuis une semaine. Original et puissant.

    La Poste quant à elle reste impassible, rivée sur ses objectifs de diminution des coûts.  Elle n’envisage que l’offre de Points Poste dans la ville universitaire où la mobilisation politique et citoyenne continue pour exiger le maintien de l’unique bureau de poste de Louvain-la-Neuve.

    Ce lundi, une réunion du comité et des élus locaux avec les représentants de la Poste le confirmait :  le nombre d’envois “avisés” (colis, recommandés, plis judiciaires) est de 130 par jour à Louvain-la-Neuve, ce qui est gérable par deux Points Poste. Mais malgré cela, la Poste se dit prête à ouvrir 3 ou 4 points Poste, y compris en les renforçant avec du personnel Poste.

    Mais alors que diable, pourquoi fermer le Bureau de Poste auquel tout le monde tient dans la ville universitaire ?

    Tenez bon les néo-louvanistes, car votre bataille pourrait faire mouche dans d’autres villes.

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    août
    17

    Une pensée pour Julie et Mélissa

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    17 août 1996 : comme bien d’autres, je rentre de vacances. Dans la voiture, à la radio, la nouvelle tombe : les corps de Julie et Mélissa ont été découverts. Horreur et soulagement.

    Aujourd’hui, hommage et respect pour elles, leurs parents, leurs familles et toutes les familles d’enfants disparus, dans des circonstances dramatiques. Hommage aussi aux familles de ceux qui ont disparus sur la route, ou blessés, diminués, à qui on a volé l’enfance et l’innocence.

    juliemelissal

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    août
    17

    cartable1

    Il fait encore soleil et on annonce encore quelques chaudes et belles journées. Chouette, j’adore la chaleur et les 15 jours dans les Cévennes par 30 degrés et plus  m’ont malgré tout laissée sur ma faim. ..

    Mais quoi qu’il en soit de la météo, la rentrée approche. Rentrée politique qui sera indiscutablement émaillée de questions sur la justice et les magistrats, l’institutionnel qui prépare son retour, les difficultés budgétaires, la grippe H1N1, ou peut-être des problèmes pour nos soldats belges en Afghanistan…ou bien d’autres choses encore.

    Rentrée politique européenne, sur fond de (non)désignation de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission en septembre… Une rentrée européenne qu’en ce moment même je prépare, entre autres, par une semaine intensive d’anglais au CERAN, question d’être plus “fluently” in english. Amusant, j’y croise Paul Magnette qui fait lui une immersion… en neerlandais.

    Mais rentrée = aussi rentrée des classes pour des milliers d’enfants, et en particulier pour tous ceux qui entrent en première année du secondaire.  Après les effets du calamiteux décret inscriptions, des directeurs d’école s’exprimaient de façon assez claire (et pas très rassurante d’ailleurs) sur Matin première ce matin.

    Pas très rassurante car on est allé tellement loin dans la perte de confiance dans le système que les parents acceptent mal de “faire le premier pas” en ne conservant qu’une seule inscription. Ils conservent donc les inscriptions multiples et ce faisant, ils rendent impossible ou à tout le moins très difficile, une appréhension claire de la situation et du nombre exact d’enfants en attente d’une inscription.

    Pas très rassurante mais si compréhensible. Car pour certains, cette place dans une école, c’est aussi parfois le sésame pour un frère ou une soeur qui suit et qui aura ou pas accès à l’école convoitée pour l’aîné. Et chaque semaine qui passe augmente la pression. Les autres années, à cette date, les enfants (et leurs parents) se penchent sur la liste du matériel à se procurer pour la rentrée. On vérifie ce qui reste de valable dans le matériel de fin de primaire. On regarde les prix et les choix dans les magasins pour fardes et cahiers. Cette fois-ci, on attend, on rage, on bloque, on s’interroge sur ce qu’il y a lieu de faire. On téléphone aux directions, aux parents que l’on connait pour avoir une appréciation sur une école. On essaye peu-être d’obtenir une faveur. Côté directions, à les entendre, la rentrée ne s’annonce pas facile et les 15 derniers jours d’août ne seront pas faciles.  Et la grippe qui s’annonce n’arrangera rien.

    Pour qualifier ce qui est à faire dans l’avenir (la fameuse “page blanche”) l’un deux a eu cette phrase assez juste : “la porte du changement s’ouvre de l’intérieur”. Autrement dit, il faudra d’abord motiver les directions d’école, une fois la rentrée chaotique de septembre 2009 passée, à se mettre autour d’une table pour discuter des modalités de ce qu’il y aura lieu de faire pour la rentrée 2010.

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