oui on peut porter le foulard et un casque et enlacer son ami sur un scooter...

Eh oui, n'en déplaise à ceux qui mettent tous les foulards dans le même sac, on peut porter le foulard et un casque et enlacer son ami sur un scooter...

Les deux émissions dominicales, Controverse et Mise au point, étaient toute deux consacrées à la question du voile à l’école, décision de la Communauté flamande d’interdire “oblige”.

Que le débat soit d’actualité, c’est un fait et donc cela mérite que ces émissions en parlent.  Mais ce qui est certain, c’est que le débat de ce midi sur RTL n’aura éclairé personne sur les indispensables nuances qu’un tel sujet impose.

Sauf peut-être les deux jeunes filles invitées pour témoigner. Deux amies qui se connaissent depuis l’enfance et fréquentent la même école, deux jeunes filles bien dans leur tête, l’une portant le foulard, l’autre pas. Celle qui le porte explique qu’elle a choisi de le porter et que personne ne lui a rien imposé, ni son père ni ses frères.  Quand elle parle, à côté de moi , du côté des tenants de l’interdiction du voile à l’école, on murmure : “oui c’est cela, il n’y a pas de pression”. L’autre explique qu’elle a plutôt choisi de ne pas le porter pour  se simplifier la vie, pour n’avoir pas de problème pour trouver un emploi. A côté de moi on soupire d’aise en pensant sans doute que c’est si simple et que toutes pourraient faire ce choix…si on les y obligeait.Toutes deux ont parlé posément, ont appelé au dialogue et au respect. On en était loin sur ce plateau ce midi.

Toutes les peurs sont déversées. Il y en a et c’est compréhensible. Celles qui ont pour objet les extrémistes et intégristes musulmans sont évidemment totalement justifiées.

Car il y a en effet des choses sur lesquelles il ne faut pas transiger : le programme des cours et l’obligation de les suivre tous, y compris l’éducation physique et les cours de sciences, la mixité de l’école, tout cela s’impose à tous les élèves, filles et garçons.  Pas question de foulard à l’école primaire puisqu’il doit s’agir d’un choix, d’une liberté individuelle, difficile à exercer avant l’école secondaire.

Ce qui est moins justifiable chez les tenants de l’interdiction qui se sont exprimés de façon très autoritaire, sans nuance, voire prosélyte, c’est de voir sous chaque foulard un même comportement. Nadia Geerts l’a expliqué sans ambage : ce n’est pas le foulard qui dérange, c’est ce qu’il y a derrière : et elle pointe une série de comportements extrêmes comme le fait de refuser de serrer la main, de se dispenser de certaines activités scolaires, et en spécifiant bien qu’il s’agit d’une minorité, mais agissante, comme elle dit.

Pourtant, les jeunes filles  qui le portent et qui d’ailleurs le portent de façon bien différente, ont des raisons tout aussi  différentes de le porter : une quête religieuse ou spirituelle, la recherche de sens, un certain conformisme, le malaise face à une société occcidentale qu’elles vivent comme excluante ou impudique, etc…Toutes celles-là sont donc des islamistes intégristes qui s’ignorent. Et leur liberté ou leur volonté de ne pas démarquer seront sacrifiées sur l’autel de la lutte contre l’extrémisme.

Curieux : les mêmes se sont levés contre les mesures liberticides d’un certain Georges Bush imposées aux passagers qui embarquent pour les USA.  Les mêmes  se sont insurgés contre les lois anti-terroristes et les dérives auxquelles elles ont abouti, par exemple pour un certain Bahar Kymyongur. Et les voilà aujourd’hui partis en croisade pour l’interdiction et contre la liberté individuelle.Tous les autres, ceux qui mettent des nuances, cherchent à faire la différence, privilégient le dialogue, refusent qu’on instrumentalise le féminisme pour s’en servir dans le débat…tous ceux-là ne seraient que des naïfs, baignant dans l’angélisme. Sorry mais c’est un peu court.

Sur le même sujet,  pour alimenter votre réflexion,  je vous renvoie au blog d’Henri Goldman  blogs.politique.eu.org/henrigoldman/index.html et au site www.neutralité.be

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