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    oct
    30

    Pause

    Posté dans : carnet de notes par Isabelle Durant

    petite-sirene-21

    Semaine de Toussaint : une semaine de pause qui commence demain.

    Il faut dire que la semaine écoulée a été riche en événements et  décisions d’ordre très divers, du plus proche et concret au plus global, mais qui tous pèsent d’un poids important.

    Un sommet européen qui se termine cet-après midi sur un résultat très largement en deça des attentes et nécessités pour espérer un accord à Copenhague. Et pourtant, il est clair que l’UE joue ici sa crédibilité. Où l’Europe occupe-t-elle encore une place prépondérante ? Sur quel thème  joue-t-elle un vrai rôle sur la scène internationale. Sur le climat bien sûr. Un échec à Copenhague, ce serait surtout l’échec de l’Europe. On n’en est pas encore là, mais ce somment a fait un pas dans cette direction…

    http://www.greens-efa.org/cms/pressreleases/dok/311/311936.sommet_europen@en.htm

    Une licence d’exportation d’armes avec la Lybie suspendue par le Conseil d’Etat : certes, le fait qu’éventuellement cet imposteur de Kadafi ne soit pas livré du solde des armes qu’il attend ne m’émeut guère.  Par contre, si la légalité est une chose,  les décisions politiques à prendre pour la suite  en cette période de crise, de pertes d’emplois, sont très lourdes de sens. Le gouvernement wallon prend le temps de la décision…

    Sarah Turine se fait connaître.

    sarah1

    Et elle démarre en fanfare dans la presse. C’est une jeune  femme bien, bien dans sa tête.  C’est elle qui vraisemblablement me remplacera dès la fin novembre à la co-présidence du parti. C’est une bonne nouvelle, c’est une bonne équipe. Mais quoi que j’en dise et même si c’est mon choix, le changement de place, de rôle, de ligne, c’est toujours un peu déstabilisant…

    Mercredi, un conseil communal sous le signe du football…Le match était dans la salle du Conseil où s’étaient donnés rendez-vous, à l’invitation des conseillers communaux de l’opposition, quelques centaines de jeunes et de parents d’enfants membres du Racing et inquiets des suites des travaux de rénovation du Crossing qui démarrent d’ici peu. Leur demande d’interpellation citoyenne a été reportée à novembre, car elle n’était pas rentrée dans les formes. L’indignation de l’opposition était un peu  “téléphonée” (on les a moins entendu quand l’interpellation d’autres comités de quartier ou groupes qui ne sont moins directement dans leur cible électorale ont été reportées pour les mêmes raisons)  et ce d’autant que même si la réponse du collège était curieusement formulée, les interpellateurs  en avait été prévenus.  Munis de leur carton rouge, ils ont ovationné tour à tour Eddy Courthéoux et Laurette Onkelinx qui ont eu leur petite heure de gloire, alors que ce qui compte, c’est qu’on lève un à un les malentendus, procès d’intention et autre quiproquos sur le présent et l’avenir de ces jeunes sportifs.  Quant à faire croire que les choses se débloqueront grâce aux élus socialistes, disons que, pour ne pas dire autre chose, c’est tout juste un peu exagéré…Le même Eddy Courthéoux qui une heure plus tard, lors de l’examen du budget du CPAS, et alors que les bancs du public avaient été désertés, a considéré que l’ augmentation importante de du budget vu la crise était dûe à des aides  abusives…

    Et hier, les 27 ans de ma belle Elise…Bon anniversaire. Voilà qui ne rajeunit pas !

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    oct
    26

    Un commissaire…(in)efficace

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    de-padt1

    Cela m’avait échappé. A vous aussi sans doute.

    En me rendant au 16 rue du la Loi cet après-midi, ce panneau attire mon attention.

    Dans le grand remaniement ministériel fédéral, on a changé de ministre de l’Intérieur. Annemie Turtelboom était promue à ce titre, et celui qui occupait ce poste jusque là, Guido De Padt, était comme on dit “remercié” et  recevait un prix de consolation : le poste de commissaire du gouvernement à l’efficacité des politiques publiques.

    Il avait si bien travaillé qu’il a donc été chargé de garantir  l’efficacité des autres !! Et il l’affiche fièrement, en grand sur la façade de son bureau  !

    On aurait voulu l’inventer qu’on n’y serait pas arrivé, c’est sûr.

    de-padt-2

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    oct
    22

    Berlusconi a gagné…

    Posté dans : AU PARLEMENT EUROPÉEN par Isabelle Durant
    Les verts, nous portions tous un foulard turquoise, pour symboliser les attaques stupides sur les chaussettes turquoises que Berlusconi utilise pour discréditer ses adversairesEn séance plénière, les députés verts portaient tous  un foulard turquoise, pour symboliser les attaques stupides sur les chaussettes turquoises que Berlusconi a utilisé  pour discréditer un des ses adversaires

    La question de la liberté de la presse en Italie et en Europe a été au centre de plusieurs débats et propositions de résolutions ces dernières semaines au Parlement Européen.  Et pour cause, l’attitude inqualifiable de Berlusconi ne se limite pas à grignoter des espaces dans la vie démocratique italienne : par la banalisation  des attaques frontales contre la presse qu’il ne détient pas, l’attitude du chef de l’état italien constitue une menace bien réelle  au delà frontières de l’Italie…

    Il y a deux semaines, les conservateurs européens (le parti populaire européen, celui dans lequel siègent les élus belges CDH et CDV) ont tout fait pour empêcher qu’il y ait une résolution.Au vote,  ils ont perdu.

    Ce midi, les mêmes  ont essayé de changer le titre de la résolution soumise au vote pour qu’on en enlève la référence à l’Italie. Au vote, ils ont perdu.

    Ils ont ensuite tenté de bloquer tous les amendements significatifs qui défendent la diversité et l’indépendance de la presse en Italie et en Europe, et la nécessité de travailler à une directive pour encadrer ces principes essentiels. Au vote, parfois à quelques voix près, ils ont perdu chacun des ces amendements.

    Et puis surprise : au vote final sur une résolution qui avait pour but d’ envoyer un signal politique clair et fort et appelant à légiférer sur le sujet : les conservateurs l’emportent d’extrême justesse, en raison d’une alliance objective entre les eurosceptiques qui refusent que l’Europe fasse quoi que ce soit, les conservateurs du PPE, l’attitude de conservateurs irlandais qui ont migré récemment dans le groupe des Libéraux, les peu glorieuses abstentions de Mme Delvaux du CDH,  de Mr Dehaene, de Mme Thyssen et quelques autres

    Dans La Libre Belgique d’hier, voici comment Anne Delvaux s’explique :

    “Mais pour moi, il s’agissait de discuter de l’Italie et des autres pays de l’Union européenne, précise-t-elle. Je me suis abstenue ce matin, parce que les textes sur lesquels nous devions voter - résolution initiale et motions des différents groupes y compris le mien - étaient nuls. Ma position était celle d’une ancienne journaliste qui sait que la liberté de la presse est menacée ailleurs qu’en Italie.

    Quand des politiques siègent au Conseil d’administration d’un média, il y a danger, je suis bien placée pour le savoir Je ne soutiendrai jamais Berlusconi, mais si on veut vraiment parler de la liberté de la presse, on ne peut pas se contenter de résolutions faites en deux temps trois mouvements, il faut tout mettre sur la table. Je refuse de livrer un tel sujet à des discussions superficielles. Le débat qui a eu lieu était risible, je suis furieuse et je me suis abstenue sur tout, à l’instar d’un autre ancien journaliste de mon groupe, le Français Jean-Marie Cavada. Mais je n’ai pas applaudi lorsque la résolution a finalement été rejetée.”Anne Delvaux en appelle à “un travail de fond, détaillé”. Un véritable rapport en somme, du genre de ceux que l’on trouve souvent trop ardus pour être “proches” des citoyens.

    Explication qui n’est guère crédible et qui cache mal la faiblesse complice qui a permis d’épargner politiquement Berlusconi.  Surtout quand le vote est si serré. En politique, on assume aussi les symboles, surtout quand les votes sont aussi serrés.  De plus,  au PE, on travaille beaucoup par résolution pour tenter de forcer la main de la Commission, seule instance habilitée à déposer une proposition. Et cela pour se donner une chance  d’engager ensuite un travail de fond, réglementaire.

    Aussi choquant que le vote, ce qui s’en est suivi : une ovation tout à fait inhabituelle et d’une exubérance totalement déplacée dans les rangs du PPE : on se serait cru dans une tribune de foot après le but de la dernière minute de jeu. Mais on est au Parlement et en ce qui concerne tant le fond que la forme, cette démonstration politique excessive qui vise à faire manger la poussière à ceux qui ont perdu de justesse est apparue comme totalement déplacée.

    Il n’y aura finalement aucune résolution (puisque la dernière a été rejetée en raison de l’ex aequo), mais le moment politique, il a eu lieu, indigne, indigeste, presque violent. En tous cas insultant pour la presse et la démocratie.

    Un moment qui laisse un sale goût dans la bouche…

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    oct
    21

    petite-sirene-1

    Deux jours de travail à Malmö, en Suède, à un jet de pont de Copenhague, pour la cinquantaine de délégués du parti Vert européen.

    Réelection de son équipe dirigeante, bilan des (excellentes) élections européennes qui se sont soldées, dans la plupart des pays, par une augmentation sérieuse du pourcentage et du nombre d’élus, après une campagne qui partout s’est voulue positive, concrète, orientée solution et centrée sur le “new green deal”.
    Avec des bémols bien sûr, à l’est de l’Europe et au Sud, où les résultats sont mauvais, et les élus verts européens l’exception.

    Après l’évaluation sur le chemin parcouru dans les négociations internationales préparatoires au sommet de Copenhague en décembre sur le climat, nous sommes allés mettre autour du cou de la Petite Sirène de Copenhague une bouée et un drapeau..

    Le conseil s’est terminé par une visite du quartier durable du Port, Wesstern Harbour

    Un quartier surprenant : immeubles passifs,

    ecoquartier-3

    une tour torsadée de Calatrava,

    ecoquartier-9

    des ruelles

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    et des jardins partagés, des espaces publics et de jeux pour les enfants,

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    des plantations et du lagunage,

    ecoquartier-2

    le tout face à la mer et au pont qui relie Malmö et Copenhague, derrière lequel s’alignent des rangées d’éoliennes off shore.

    ecoquartier-pont

    Un quartier habité, vivant même si visité par toutes sortes de curieux. Un quartier de locataires et de propriétaires. Un quartier qui s’est bâti sur d’anciennes activités portuaires et industrielles,  de vieilles gloires perdues, à gros coûts d’assainissement des sols.

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    oct
    13

    Le cauchemar du nucléaire

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    dechets-nucleaires

    On le sentait venir depuis des mois. Paul Magnette nous y préparait avant de sortir en solo la semaine dernière.

    La décision de prolongation des plus anciennes centrales nucléaires belges est donc bel et bien prise,  validée, assumée,  banalisée par tout le gouvernement fédéral et échangée contre quelques 250 millions d’Euros pour le budget de l’Etat. Un trophée !

    Merci aussi à Johan Condijts dans son Edito du Soir d’aujourd’hui qui m’a fait avaler mon café de travers ce matin.

    Le voilà devenu porte parole d’un secteur qui pourtant n’a guère besoin des services d’un grand quotidien pour soigner son image (le forum nucléaire, Pierre Klees et autres ingénieurs font cela très bien). Voila donc cet éditorialiste qui  y fait l’apologie d’un gouvernement et de son ministre de l’énergie  qui, après  l’incurie de tous ses prédeceseurs auraient  enfin trouvé les chemins du dialogue - et subsidiairement de la dépendance budgétaire ! - avec les magnats du nucléaire français…à qui on confie les cléfs de la politique énergétique belge

    Le fim ” Le cauchemar du nucléaire” posait ce soir sur Arte les 3 problèmes principaux de l’iundustrie nucléaire : la sécurité, la démocratie, les déchets.

    Après avoir mis en évidence les dérives de la contamination cachée dans la Russie des années 80 et 90, c’est à La Hague, usine de retraitement des déchets nucléaires, près de Valence en France que le projecteur se dirige.

    Retraiter les déchets, est-ce les faire disparaître, les rendre inoffensifs, les recycler ?

    Pas du tout. C’est une récupération. Une fois le combustible usé après production d’électricité,  les quelques 1400 tonnes de ce combustible utilisé dans les centrales françaises arrivent par train à La Hague, sont  déchargés par des robots, placés dans des piscines de refroidissement pour entreposage intermédiaire pendant environ 5 ans.

    Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le retraitement ne fait donc pas disparaitre l’uranium mais se contente de concentrer 95% d’uranium dans des déchets ultimes, coulés dans du vert fondu et entreposé sur  site (Pierrelatte). De là, on envoie ces déchets  dans des installations en Russie, au fin fond de la Sibérie (on se demande bien pourquoi..) où le combustible sera enrichi. Ces matières parcourent donc 8000 km pour arriver dans une ville de 125.000 habitants fermée aux étrangers, Tomsk 7, entourée de barbelés.

    Et c’est alors que l’on comprend mieux pourquoi on va si loin :  après transvasement et enrichissement en uranium 235 pour en refaire du combustible, on le renvoie en France sous forme de gaz enrichi. Environ 80 % de l’uranium appauvri  lui reste en Sibérie… dans cette ville innacessible de Tomsk (mais dont AREVA dira ensuite qu’elle a visité toutes les installations et qu’elles sont nickel !), dans des champs entiers de containers à ciel ouvert.

    Un reportage édifiant, où les représentants d’EDF, d’AREVA, nous ont reparlé des constructeurs de cathédrales, du besoin de confiance sans lequel on ne peut écrire l’avenir…

    C’est Hubert Reeves qui aura le (bon) mot de la fin en s’interrogeant sur des technologies qui nous engagent sur 200.000 ans  et qui hypothèquent donc  l’avenir pour plus d’un siècle, période à laquelle jamais un seul régime politique n’a survécu :

    “Et si les egyptiens avaient stocké du nucléaire, voyez qui s’en occuperait aujourd’hui” !

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    oct
    11

    Excursion à Rome

    Posté dans : Non classé, Schaerbeek par Isabelle Durant

    pare-damien11

    Quoi qu’on pense du Père Damien et de sa canonisation, les éminences du CDV et du CDH, entre deux calculs, se sont rendues à Rome pour y assister. Franchement, quand on voit la photo ci-dessous, on ne regrette pas vraiment de ne pas les avoir accompagnés.

    http://portfolio.lesoir.be/

    Comme s’en défend Joëlle Milquet, mise en cause par le Centre d’action laïque,  l’escapade à Rome n’a rien coûté à personne. Disons plutôt qu’au lieu que chacun se réserve un billet d’avion pour Rome, on a mobilisé un avion gouvernemental pour faire le trajet. Quoi de plus normal, les socialistes étaient tout de même en congrès le matin, alors…

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    oct
    10

    Un ange à Schaerbeek

    Posté dans : Schaerbeek par Isabelle Durant

    ange-schaerbeek-22

    Etonnante atmosphère autour du chapiteau placé en face du Centre culturel de Scaherbeek, rue de Locht.
    La “nuit du papillon” consacrée à tout ce qui soigne, soutient, relie, nourrit, embellit, fait du bien, a rassemblé du monde.

    Du slow food au stand du Planning Familial Jospahat en passant par celui de la banque Triodos, de l’association de lutte contre le cancer ou des séances de massage thaï, il y en avait si pas pour tous les goûts, en tous cas pour beaucoup.

    Un offre pas vraiment taillée sur mesure pour les habitants de la rue et du quartier, un peu étonnés de croiser cet ange qui fait des bulles accompagnée de son accordéoniste,  devant l’épicerie du coin. Et sans doute plus préoccupés et mobilisés par le match Belgique-Turquie prévu pour le soir même … que contre toute attente, et pour le plus grand bonheur de ceux qui avaient peur de ne pas dormir à cause du chambard, les diables rouges ont gagné !!!

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    oct
    7

    silvio-berlusconi_6_465250a

    Les agissements d’un certain Silvio Berlusconi, la confusion qu’il organise entre intérêts politiques, économiques et médiatiques, les pressions et menaces qu’il exerce sur les journalistes qui osent dénoncer ses comportements, tout cela n’est (hélàs) plus à démontrer.

    Aujourd’hui, en séance plénière du Parlement Européen à Bruxelles, les dérives berlusconiennes étaient à l’ordre du jour.
    En clair, il s’agissait que le PE puisse se prononcer, non sur un problème interne à l’Italie comme certains l’ont laissé entendre, mais sur une vraie question politique dont les conséquences sont bien plus que nationales, sur une liberté d’expression bafouée par un chef d’état européen de premier plan.

    Le parti européen de Berlusconi, le Parti Populaire Européen, celui où siègent Jean-Luc Dehaene du CDV et Anne Delvaux du CDH, a voulu esquiver la discussion. Et pour cause, la famille politique de Berlusconi est dans leur groupe. Leur président a demandé que ce point soit tout simplement retiré de l’ordre du jour, car il ne concernait que l’Italie.

    Ben tiens ! Et cela alors que quelques instants auparavant, tous les parlementaires du PPE (et les autres) ont voté pour  la mise en place d’un fonds de soutien aux victimes du tremblement de terre…en Italie !

    Cette fois, et c’est tant mieux, le Parlement a pesé de son poids  et le PPE, habitué à l’emporter,  a été battu  dans sa demande de retrait de ce point.  Le débat aura lieu demain  sur cet important sujet, il sera cloturé par une résolution.

    Qui disait que tout était joué et que la majorité de droite l’emportait à tous les coups…

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    oct
    6

    jacques-delors1

    “L’Europe n’a le choix qu’entre la survie ou le déclin”.  Notre invité donne le ton . Et il ajoute aussitôt : “Le comment faire est aussi important que le que faire”.

    Un speech qu’il a nous a adressé avec la simplicité qui le caractérise, au Président et  vice-présidents du Parlement Européen réunis pour 2 jours de travail dans la maison de Jean Monnet près de Versailles.  Simplicité, mais aussi conviction, “esprit public européen” comme il dit lui-même pour caractériser le style qu’il incarne.

    Il nous dictera un peu pèle-mêle notre feuille de route pour les mois à venir : la situation en Iran, le conflit israélo-palestinien, la conférence de Copenhague pour laquelle, sur le thème de l’environnement, les 27 doivent rester  unis, les régulations qu’exige la crise (il nous rappelle qu’il avait plaidé en son temps pour un Conseil de Sécurité économique à côté du Conseil de Sécurité tout court des Nations Unies), nos relations avec la Russie (une Russie qui selon lui a des réflexes comme ceux des Français ou des Anglais dans la période post-coloniale…).

    Il nous rappellera aussi à quel point, malgré ses nombreuses imperfections, le processus d’intégration européenne fait rêver hors de nos frontières.  Un processus si unique et particulier qui fait qu’un chef d’état, même courroucé par une sentence ou une sanction prononcée à son encontre à l’échelle européenne, l’accepte. Imaginons un peu ce qu’il en serait si un même processus s’appliquait à l’échelle des Nations Unies et des ses institutions…une fameuse révolution !

    Il nous invitera aussi à revoir la stratégie dite de Lisbonne, décidée il y a bientôt 10 ans et qui visait à faire de l’UE l’économie la plus compétitive du monde. Un grand flop, d’autant qu’on a délié cet objectif de réels objectifs sociaux ou environnementaux. Arevoir en profondeur, en tenant compte de quelques chiffres : entre 2007 et 2030, la population active aura diminué de 20%, les séniors auront augmenté de plus de 40 millions. Et la crise climatique exigera des adaptations, une croissance plus sobre.

    Il reviendra enfin sur le “comment” surtout après le oui au réferendum irlandais qui ouvre la voie à des nouveautés dans la tuyauterie européenne. Autant il se réjouit de la force et du pouvoir que va acquérir le Parlement, il est quelque peu sceptique sur les “top jobs”. “Quand Obama parlera avec l’Europe, il aura en face de lui une constellation de présidents : celui de la Commission, du Conseil (permanent), du Conseil (rotatif) , le Haut Représentant aux Affaires Etrangères, le président de la zone Euro, le gouverneur Trichet, etc…”. Il est vrai que si Tony Blair devenait président du Conseil (ce qui n’est pas évident vu la participation britannique en Irak), il voudrait évidemment exister. Ce serait sans doute bon pour la Grande Bretagne, mais il n’est pas sûr que cela soit bon pour l’Europe. Il faut une Commission forte, c’est sûr (et dire qu’on y a mis Barroso).  Mais pour le Président du Conseil, il nous dira qu’il préférerait un “chairman”, modeste, à l’agenda limité, qui pose des questions claires et exige quand nécessaire un vote (et dire qu’on aurait pu y mettre Barroso) ,  à un ” Executive président” qui veut représenter le conseil, parler avec les chefs d’état étrangers, etc… Un nid à tensions…

    Le comment, c’est aussi le danger de voir revenir la méthode intergouvernementale, celle qui n’a jamais marché…

    Une leçon d’Europe, et cela dans la salle du Trianon Palace où a été déclarée la fin de la guerre 14-18, qui a généré la seconde guerre mondiale.

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