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    déc
    21

    Des petits bonheurs pour 2010

    Posté dans : Non classé, édito par Isabelle Durant
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    déc
    21

    Epuration des eaux

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    eau-grand

    La station d’épuration nord, remise en marche depuis samedi, n’a cependant pas fini de faire parler d’elle.

    Ne revenons pas sur les termes excessifs utilisés par les uns et les autres (”une incurie incroyable” selon FX De Donnéa du MR,  “une gestion digne de celle de l’URSS lors de la catastrophe de Tcherbnobyl” selon Paul De Ridder de la  NVA, j’en passe et des meilleures) pour qualifier les erreurs de communication de la Ministre.

    Car en définitive, qui a arrêté unilatéralement cette station ?

    Une société privée, Aquiris, à qui Didier Gosuin, le prédecesseur d’Evelyne Huytebroeck  octroyé le marché de  la gestion de l’épuration des eaux.

    Tout cela a évidemment une histoire et des raisons. Une directive européenne (combattue par les Verts mais néanmoins votée et aujourd’hui transposée en droit belge)  libéralisant le secteur de l’eau  prescrivait une séparation entre fournisseur, transporteur, gestionnaire de l’épuration. Mais si elle imposait une séparation des acteurs, elles ne prescrivait pas obligatoirement la privatisation du secteur de l’épuration. La preuve : la Wallonie a fait un autre choix et a conservé dans le giron public les missions de production, de gestion et d’épuration des eaux.

    A Bruxelles, en 1992, sous la responsabilité de Didier Gosuin, un choix de privatisation a été effectué, avec un cahier de charges qui manifestement n’a pas prévu la nécessité absolue de continuité du service, même en cas d’incident.
    Imagine-t-on un hopital qui ne serait pas doté d’un groupe électrogène pour assurer la continuité des soins en cas de panne d’électricité ? Pourquoi n’en a-t-il pas été de même dans le cahier de charges de cette station, pour empêcher toute catastrophe écologique en cas de problème technique à la station.

    Il faut évidemment distinguer la catastrophe écologique et l’incompréhension devant l’arrêt de la station par l’opérateur privé,à l’égard desquelles toutes les réactions, de tous bords, sont totalement légitimes et partagées, des attaques parfois un peu faciles et ciblées exclusivement sur la ministre en charge aujourd’hui.

    Preuve en est cette information qui tombe aujourd’hui et selon laquelle la station d’épuration aurait pu redémarrer vendredi à 100%  selon un recommandé envoyé ce jour-là à Aquiris par la SBGE (faisant partie des acteurs de l’eau à Bruxelles restés publics) après une inspection des lieux. Le même jour, la station avait redémarré à 70% de sa capacité, à la suite d’une décision de justice qui lui imposait 300.00 euros d’astreinte par jour en cas de non redémarrage.

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    déc
    17

    Comme si vous y étiez :

    091217-mep-durant1

    Un ordre du jour qu’on a dit “peu chargé”. C’est vrai d’un point de vue du nombre de projets soumis au vote et qui auront une influence concrète sur notre quotidien. Même s’il y avait le budget de l’Union Européenne, ce qui n’est pas rien, mais qui ne fait pas recette médiatique car en définitive, tout le travail de compromis a été réalisé et le vote attendu est quasi unanime.  On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure…

    vote

    Pourtant, prendre des positions à l’échelle du Parlement Européen, ce n’est pas rien. Et à ce sujet, la session a été riche.

    Tout d’abord, le PE a attribué son prix Sakharov cette année  à Memorial, une association de défenseurs des droits de l’homme. Ses 3 représentants, des gens que rien ne prédestinait à cela et qui ont risqué leur vie pour des principes, pour des droits et des libertés, dans des conditions encore bien plus difficiles qu’aujourd’hui, sont venus chercher le prix. L’émotion était palpable.

    prix-sakharov

    Question de droits de l’homme, et de droit des femmes, on est très loin du compte à  l’ est du Congo.Une fois encore, après la visite des femmes congolaises le mois passé, le sujet était à l’ordre du jour. On fait un mauvais procès à Karel De Gucht, le commissaire européen au développement (pour quelques semaines encore) en isolant quelques phrases de sa déclaration. J’ai pourtant moi-même été très dure avec lui quand il avait accusé de corruption les autorités congolaises, depuis Kigali. Mais cette fois, j’aurais pu écrire son texte. Et le mien, celui de mon intervention, lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

    Car il faut reconnaître qu’il serait un peu facile de jeter la Monuc avec l’eau du bain. Les responsabilités de ce qui se passe, des violences qui se poursuivent, les femmes violées, blessées, déchirées, les milliers de morts, les villages pillées, c’est loin d’être fini. Et ce sont souvent les forces armées congolaises elles-mêmes qui se rendent coupables. La Monuc ne peut plus en être complice.

    monuc-au-congo

    Et puis, sur pression des amis du Vatican, on a discuté du jugement de la Cour Européenne de Justice qui, pour respecter la séparation entre l’Eglise et l’Etat, condamne l’obligation d’accrocher des crucifix dans les écoles publiques italiennes. Les PPE italiens ont multiplié les interventions les plus caricaturales pour s’attaquer à ce jugement.

    crucifix

    La raison et surtout une majorité faite des  socialistes, des Verts, des libéraux, des communistes et d’une partie des PPE un peu gênés aux entournures, l’a momentanément emporté : le vote sur cette  résolution a été postposé.

    C’est plutôt la couardise qui l’a emporté ensuite : Socialistes et PPE ont obtenu que la résolution concernant la gréviste de la faim à Lanzarotte  qui en est à son 33è jour, et son droit de Sahrahouie, ne soit pas pas votée. Pas de position du Parlement européen sur cette affaire,  sous prétexte de contacts avec les autorités marocaines qui tenteraient de régler le problème de cette personne.

    Aminatou Haidar

    Aminatou Haidar

    Et pour terminer la session et l’année, j’avais une cinquantaine d’invité venu à la rencontre du Parlement européen : un très bon moment.

    http://www.youtube.com/user/marlagne#p/u/1/XVUMN0BlXrE

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    déc
    12

    Radioxfam

    Posté dans : carnet de notes par Isabelle Durant

    copenhague

    Pour le coup, Oxfam et les diverses associations qui ont embarqué dans le second train spécial pour Copenhague nous ont proposé un podcast de tous les débats et commentaires tout au long du voyage.

    Ils sont réécoutables sur www.radioxfam.org

    Ils iront grossir les rangs d’une manifestation commencée ce matin et qui rassemble plus de 80.000 personnes. Et pas qu’à Copenhague.

    http://www.rtlinfo.be/info/magazine/Environnement/293003/climat-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-attendus-a-copenhague#videoPlayer

    En attendant la dernière ligne droite, les résultats du Conseil Européen d’hier sont ténus :

    les chefs d’Etats et de gouvernements avaient la possibilité d’envoyer un signal fort et de débloquer les négociations engagées pour Copenhague. La nouveauté concerne les engagements financiers de court terme pour les pays du Sud : 7,2 milliards d’euros sur trois ans. Cela constitue, certes, une première avancée. Mais ces engagements reposant sur une base volontaire, on est en droit d’être inquiet quand on connaît le nombre de promesses non tenues en matière d’aide au développement.

    A en croire chaque chef d’Etat, son pays est le leader des négociations internationales sur le climat. On aurait donc 192 leaders à Copenhague. C’est en particulier le cas de l’UE, qui met en permanence en avant son exemplarité et son leadership. Le Groupe des Verts/ALE a commandité une étude à ECOFYS, institut renommé, pour évaluer ce prétendu leadership européen sur le climat et le compte n’y est pas. En réalité, l’UE se situe plutôt en milieu de peloton.

    Il ressort de cette étude (1) que, à part la Russie qui reste loin derrière, les autres grands pays industrialisés étudiés – UE, Etats-Unis, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande – sont plus ou moins au même niveau d’ambition en ce qui concerne leurs promesses de réduction de leurs émissions d’ici à 2020. Et que cette ambition est incompatible avec les recommandations des scientifiques pour éviter un réchauffement de notre planète de plus de 2°C. En revanche, l’effort des grands pays émergents pour être en accord avec la science est  supérieur.

    1) Résumé d’une page de l’étude ici (en anglais)
    http://www.stopclimatechange.net/fileadmin/bali/user_upload/docs/2009-12-8_Ecofys_study_political_summary.pdf

    Totalité de l’étude disponible (en anglais):
    http://www.stopclimatechange.net/fileadmin/bali/user_upload/docs/EP_Greens_EU_Climate_Policies_Ecofys.pdf

    Plus de liens :
    Le blog “climat” du groupe des Verts / ALE au Parlement européen
    www.stopclimatechange.net

    …et sur Twitter:
    http://twitter.com/greens_climate

    Venez voir le “cirque climatique” pour voir à quoi correspondent les engagements des chefs d’Etats et gouvernements
    http://www.climatecircus.com/

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    déc
    5
    051220091106

    Photo prise au moment du départ, ce qui explique les quais désertés...car jusqu'alors, c'était plutôt la bousculade !

    Grande foule et succès médiatique pour la SNCB et la CIR (Communauté internationale des chemins de fer) pour  l’initiative prise avec l’UNEP (ONU pour l’Environnement) et le WWF : un train pour Copenhague.
    Totalement symbolique bien sûr :

    - ce ticket coûte plus de 10 fois le prix d’un AR par avion pour Copenhague en law cost,

    - bien des ministres,  négociateurs et autres personnalités qui l’ont pris ce matin en descendront à Cologne ou ailleurs et repartiront plus tard pour Copenhague car en effet, rares sont ceux qui restent les 15 jours de la Conférence, et c’est bien normal

    - la place des chemins de fer “ordinaires” dans les déplacements internationaux n’a cessé de diminuer, considérée comme non rentable (suppression des trains de nuit, des trains auto-couchettes, priorité au TGV) face au développement (très soutenu et subventionné par les pouvoirs publics) des aéroports spécialisés dans le low cost.

    Mais les symboles sont nécessaires, bien sûr. Et celui d’aujourd’hui était puissant.

    Quand Jean-Pascal Van Yppersele du GIEC, se prête au jeu en coiffant un képi d’accompagnateur de train, les flashs crépitent (et je dois dire qu’il m’a étonnée  : un vrai pro quand il faireet refait le geste, lentement, pour permettre à tous les photographes d’immortaliser l’instant !)

    train-copenhague

    Quand Olivier Deleuze arrive, aujourd’hui en charge du Programme des Nations Unies pour l’environnement   lui coiffé de sa casquette bleu turquoise ONU pour qu’on ne le prenne pas pour un Ecolo (ce que les Nations Unies n’aiment pas), son effort est vain : les clichés avec ses amis Ecolo (Evelyne, Philippe Henry et moi) immortalisent la proximité.

    Arrivent également quelques cyclistes qui sont venus de pays européens à vélo pour prendre ce train, mais aussi les organisateurs de la manifestation de cet après midi, la vague pour le climat, accompagné de St Nicolas…

    Euronew’s, CNN, FR3, des télés européennes, RTL, VTM, RTBF…les caméras se bousculent, ou plus exactement les caméramen’s bousculent le public pour aller capter l’image qu’ils veulent à tout prix.

    Quant au staff de la SNCB, il était là au grand complet.  On n’a pas vu sa nouvelle ministre, Inge Vervotte contrairement à Paul Magnette qui était présent seulement au départ. Dommage. A part  Saïd El Kadraoui, député européen du SPa,  comme moi  membre de la commission Transport du PE, peu de représentants européens à l’exception notoire de mes collègues français  députés d’Europe Ecologie montés à bord et qui resteront sur place.

    train-copenhague2

    Et Obama est annoncé : non,  pas en gare du Midi,  mais à la clôture des travaux de la conférence de Copenhague. C’est plutôt un bon signal.

    Tout ce beau monde entouré d’une foule de militants, de citoyens, de membres d’association et de tous les voyageurs ordinaires assez étonnés de ce déferlement médiatique.

    14H30 sur l’esplanade du Parlement Européen : la vague bleue se constitue. Beaucoup de monde : 15.000 selon la police. Nous y sommes en force.

    tiens, Augustin et son papa...

    tiens, Augustin et son papa...

    manif-climat-4

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    déc
    4

    Les identités sont-elle toujours meurtrières ?

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

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    Magnifique lever du soleil depuis le TGV de retour, après un Luanda-Paris sans histoire.
    Cela réchauffe à peine après avoir perdu brutalement une trentaine de degrés !

    En réponse à certains des commentaires et messages reçus dans des sens divers sur ce sujet, je reviens sur cette épineuse question du réferendum en Suisse sur l’interdiction des minarets, et plus largement sur tout ce que cela charrie.

    « La seule chose dont il faut avoir peur, c’est de la peur elle-même » disait Roosvelt, s’adressant aux décideurs, à ceux qui doivent parfois prendre des décisions qui vont un peu à contre courant.


    C’est bien de cela qu’il s’agit dans l’affaire des minarets et tout le débat qu’elle suscite, avec toute l’irrationalité qui en découle . Cette peur, manifestée par une majorité de suisses mais ressentie par une majorité de belges (si une telle « votation » avait lieu en Belgique –qu’on nous en préserve- je ne suis pas sûre que le résultat serait différent) déclenche en retour la réaction exactement inverse : la défense irrationnelle de l’islam, de ses signes et symboles, une crispation identitaire forte.

    Ces sentiments conjugués nourrissent un raidissement et une certaine souffrance des musulmans de chez nous, convaincus qu’il sont stigmatisés, rejetés. C’est du pain bénit pour ceux qui sur cette posture de victime exploiteront exagérément la veine communautariste, militante

    Il est vrai que les musulmans sont, dans l’imaginaire qui découle de cette confrontation stérile de l’identité musulmane et de l’identité occidentale, tenus pour responsables de tous les excès et souffrance liés à l’islam. Alors que ce qui s’exprime chez ceux qui ont voté oui, ce n’est pas le rejet de l’islam en tant que religion, c’est le refus du fondamentalisme, dont d’ailleurs les minarets ne sont pas plus les incarnations que les clochers ne le sont (ou ne l’ont été) des excès de la religion catholique.

    Force est de constater qu’au quotidien, en dehors des contacts directs où l’on se rencontre, se reconnaît (”l’arabe du coin”, les voisins, le magnifique et exotique mariage de la dame qui nettoie), ceux qui désamorcent les peurs, démontent les préjugés, la méfiance est persistante. Pourtant, la plupart de ces gens réclament leur belgitude.

    Passons au registre “efficacité” de la mesure, car la politique, c’est aussi cela. Tout comme l’interdiction du foulard à l’école, l’interdiction des minarets est, au mieux, une mesure totalement inutile.Si elle traduit le “ici, c’est chez nous et vous devez nous respecter”, elle n’empêche en aucune manière les dérives de l’islam intégriste de prospérer : mariages forcés, violences et autres, qui d’ailleurs sont déjà réprimés par le code pénal.

    En ce qui concerne enfin la riposte, on peut d’ailleurs se demander, à l’instar de mon collègue Dany Cohn Bendit, si les musulmans des Emirats ou d’ailleurs vont bouder les banques suisses après ce réferendum…

    Va-t-on en Suisse et ailleurs interdire l’argent qui vient des pays arabes, alors que depuis la crise, les pouvoirs publics et de nombreuses banques cherchent à attirer ces investissements en s’adaptant aux règles éthiques de la finance islamique (en simplifié : refus de la spéculation, liaison de tout investissement à un objet concret et matérialisable).

    Il faudrait, comme me le disait un de mes correspondants, un débat serein et démocratique sur le sujet. C’est vrai, car sans prendre la question à bras le corps, on la laisse aux mains de ceux qui, dans les deux sens, en exploitent grossièrement les ficelles.  Mais c’est tout sauf simple :

    - les débats télévisés du dimanche consacrés à cette question se sont terminés en quasi pugilat;

    - les auditions au Parlement : on en a déjà fait énormément et la lecture du rapport sur le Dialogue interculturel dans les années précédentes et de ce que sera le résultat des Assises de l’interculturalité fin 2010 constitueront une pièce de plus qui servira plus aux chercheurs, étudiants et historiens qu’aux citoyens dont l’on dit qu’ils sont en demande de débat sur cette question

    - les périodes électorales qui ne sont jamais loin les unes des autres, quel que soit le niveau d’élection, sont les moments les moins propices à la sérénité sur ces questions.

    Je pense quant à moi qu’à côté de tout le travail quotidien, pas spectaculaire mais si nécessaire pour favoriser, sans angélisme aucun, un contact direct de meilleure qualité à l’échelle des quartiers, c’est une question qui est plus large et qui ne concerne pas que la classe politique belge.

    Alors qu’il y aura bientôt 10 ans qu’ont eu lieu les attentats du 11 septembre, il faut espérer qu’au lieu de subir cette peur de perdre son identité, au lieu de s’entêter dans la recherche de l’identique, Islam et Occident  affrontent ensemble la peur de l’autre dont ils souffrent tous deux et qu’ils font subir à nos sociétés déjà malmenées par la peur de l’avenir.

    Mais quand j’ai dit cela…

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    déc
    2

    Luanda, ville chinoise ?

    Posté dans : carnet de notes par Isabelle Durant

    luanda-panneau-chinois1

    Ce mardi matin, expédition pédestre de l’hotel Tropico (bien mal nommé tant la climatisation le rend glacial) à l’Assemblée nationale où se tiennent nos travaux. Un parcours non sans danger en raison du trafic et des embouteillages. A côté de cela, la place Meiser, c’est un parcours santé. Contrastes entre grues, buildings, anciennes constructions de style portugaise en plus ou moins bon état…

    luanda-ville-3luanda-ville-4

    La séance commencera à l’heure et nous y traiterons des changements climatiques, des réfugiés du même nom et de la crise financière.  Intéressant mais aussi contradictoire d’entendre les représentants des pays africains plaider pour un accord ambitieux à Copenhague et surtout pour une enveloppe de moyens leur permettant de réaliser la transition et les adaptations nécessaires, alors que dehors, le trafic et le nombre de véhicules polluants ne font qu’augmenter, que la surexploitation des énergies fossiles (comme le méga projet gazier à une heure de Luanda, peut-être un mirage, et très certainement au détriment de l’environnement marin), que les Dos Santos et autres chefs d’état du coin ont très souvent bénéficié de solides dessous de table dans les contrats d’exploitation (pour ne pas dire de pillage) des ressources naturelles qui sont tout sauf durables. Intéressant et contradictoire d’entendre plaider pour la régulation du secteur financier quand les pays des Caraïbes refusent un amendement sur la suppression des paradis fiscaux…

    Mais soyons de bon compte :  il est tout aussi vrai que l’UE et/ou les Etats membres  donnent parfois l’exemple : elle joue leader sur le thème du climat mais pour quelques intérêts économiques, elle soutient ou ferme les yeux sur des régimes assez corrompus, des entrerprises pas toujours très scrupuleuse sur le terrain environnemental…Je dis cela  juste pour que l’angélisme sur les pauvres pays pauvres ne prenne le pas.  On fera évidemment la différence entre des gouvernements aux majorités écrasantes, une opposition inexistante et qui attend son tour pour être au pouvoir,  et la population qui paye par une espérance de vie qui ne dépasse pas en moyenne 50 ans !

    Pause de midi :  avec SOS Faim sur le thème du lien entre changement climatique et agriculture. Comme d’autres ONG et réseaux d’ONG, ils sont là pour nouer les contacts, construire du réseau, mettre les parlementaires en contact avec des acteurs d’autres pays. Un vrai bon lobbyng.

    L’après midi sera consacrée à des visites de terrain, comme on dit.

    Trois autocars précédés par quelques rutilants 4X4 et un motard toute sirène hurlante nous emmènent visiter des projets de constuction de logement.

    Il faut dire que la ville de Luanda est soumise à un défi démographique quasi insurmontable : en quelques 10 années sa population est passée de 600.000 à 8 millions de personnes  !! Et comme les statistiques ne sont évidemment pas fiables, il y a un gap d’environ 1 million entre le chiffre dit officiel et le chiffre estimé !

    Nous longerons pendant plus d’une heure des quartiers de favella’s où vivent entassés des centaines de milliers de personnes à qui les prix du logement au centre rendent impossible l’accès à un  logement décent. Interminable…

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    Première escale, dont les Luandais sont si fiers (et qui contraste violemment avec ce que nous venions de voir le long de la route, en sortie de ville)  : au milieu de nulle part, un stade de foot en voie d’achèvement, entièrement construit par des chinois (les ouvriers sont des prisonniers qui auront droit à une remise partielle de peine en raison du travail forcé qu’ils effectuent) . Même les sacs de ciment sont chinois ! La pelouse est déjà prête. Il est vrai que la CAN (coupe d’Afrique des nations 2010, l’Euro africain)  approche.

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    Ensuite, à une petite heure de route, nous traverserons des chantiers tout aussi chinois : une ville sort de terre.  Des immeubles de 5 à 10 étages, qui évidemment n’hébergeront pas les habitants des favellas croisés il y a une heure. On y prévoit plusieurs “quartiers” de 30.000 appartements ! Quant aux futurs habitants,  les explications ne sont pas claires. En tous cas ce ne sera pas pour tous ceux qu’on a croisés sur des kilomètres pour arriver à ce site désert. Ce sera pour le personnel de l’université qu’on va déménager pour désengorger la ville (une stratégie qui ressemble à celle qui a prévalu à Brasilia). Impressionnant et déprimant…quand on sait le prix  de tout cela : des contrats pétroliers juteux pour les constructeurs chinois. Et quand on imagine ce que sera cet endroit dans 20 ans, si la rente pétrolière s’assèche…dans un pays comme bien d’autres en Afrique,  sans classe moyenne, à la démographie galopante.

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    Un peu plus loin, un autre projet de logement bien plus modeste, vise à reloger à terme un millier de personnes actuellement installées dans un campement car leur bidonville a été détruit par un glissement de terrain. Site a côté duquel on a construit un superbe centre culturel, grillagé et gardé, et le long duquel des gamins jouent au foot à pieds nus et avec un ballon crevé. Mais ils nous saluent avec un de ces sourires..

    J’arrête car c’est un peu décourageant. L’émotion et  l’indignation sont de meilleurs moteurs à l’action.

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    déc
    1

    Europe - Afrique à Luanda

    Posté dans : carnet de notes par Isabelle Durant

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    Ce lundi démarrait officiellement à Luanda (capitale de l’Angola qui, 8 ans après la fin d’une guerre civile meurtrière,vit des heures de croissance économique  qui en font une sorte de “Monaco de l’Afrique”, affichant avec insolence sa richesse) la session plénière de l’Assemblée Paritaire UE/ACP. Un jargon européen qui signifie une rencontre de parlementaires européens et africains qui contrôlent et suivent une série de questions communes, entre autres en matière de commerce entre l’Europe et les pays africains, des Caraïbes et du Pacifique (d’où l’appellation ACP).

    Luanda : une grande ville qui dimanche soir, à mon arrivée, m’est apparue comme plutôt calme et bien organisée, mais aujourd’hui, lundi, comme assez chaotique. Voitures, congestion, 4X4, pas de transport en commun, pas de taxis.. On se croirait plus au Brésil qu’en Afrique : la langue bien sûr (on parle portugais et les traces de la colonie sont assez présentes). La richesse n’est pas qu’apparente : ici, m’a-t-on dit,  un appartement se loue à 10.000 dollars par mois ! Pas de classe moyenne : des riches, très riches, concentrés dans les quartiers du centre et puis beaucoup beaucoup de pauvres, très pauvres, plus loin vers la périphérie,  vivant en bidonvilles.

    Ce matin, il ne m’a fallu que 2h30 pour obtenir mon badge d’accréditation pour pouvoir entrer dans le Parlement qui accueille cette assemblée de parlementaires. Deux heures que j’ai passées à converser avec un fonctionnaire européen hongrois. Très intéressant de l’écouter sur l’état d’esprit, la nostalgie souvent, qui prévaut en Hongrie par rapport à ‘l’avant’. L’avant adhésion, mais surtout l’avant chute du rideau de fer. Ce rideau de fer que les hongrois perçoivent aujourd’hui comme un rideau de papier où ils ne sont perçus que comme des ombres chinoises : pas les mêmes accès que les autres européens, pas le même regard sur eux, pas les mêmes droits…

    Après ce détour par l’Est de l’Europe, retour en séance plénière d’ouverture.

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    Louis Michel est co-président de cette assemblée et avec le ton enflammé qui est le sien, il se lance dans bien plus qu’ un discours d’accueil.

    hymnes et discours

    hymnes et discours

    Il salue chaleureusement le Président angolais  Dos Santos. Il aurait pu se passer du chaleureusement : ce président est un corrompu pas très fréquentable, c’est le moins que l’on puisse dire…Il interpelle le futur ex-commissaire au développement, Karel De Gucht.  Il va même jusqu’à appeler à ce que la politique de développement ne soit pas le bras armé de la politique extérieure de l’Union.  J’en reste baba tant je me rappelle, au niveau belge, lorsque nous étions ensemble au gouvernement, qu’il disait et faisait très exactement le contraire : la coopération au développement devait dépendre des affaires étrangères. Mais à l’époque, c’était lui qui était ministre des affaires étrangères !! Il plaide pour une taxe sur les billets d’avion et sur les transactions financières ! Et nous parle des dangers de ce qu’il appelle la “tyrannie majoritaire” c’est-à-dire les comportements de ceux qui sont élus avec beaucoup (trop) de voix et dont les gouvernements laissent en rade les parlements. Il pointe enfin une loi  en voie d’adoption en Ouganda, qui criminaliserait l’homosexualité.

    Quelques discours encore, dont celui du Président angolais, assez creux mais très applaudi.

    La séance est donc ouverte, officiellement cette fois.

    Une intéressante discussion s’engage avec le commissaire De Gucht. Les questions qui lui sont adressées par des parlementaires européens et africains sont de différentes nature.  Depuis les APE (accords de partenariat économique) jusqu’aux droits de l’homme en passant par toute une série de dossiers importants comme les effets de la crise alimentaire, les ressources naturelles, etc..

    Un parlementaire malien relève à juste titre que la condamnation par les européens de cette future loi ougandaise réprimant l’homosexualité, si elle n’est pas illégitime, fait un peu deux poids deux mesures : qu’est-ce que l’Europe trouve à dire sur le résultat du referendum en Suisse demandant l’interdiction de la construction des minarets .?
    Bien vu. Mais le commissaire répondra clairement : s’il n’a rien à dire formellement à la Suisse, qui est un état tiers, il déplore le résultat de ce référendum et juge cette procédure de consultation mal adaptée à des sujets aussi sensibles que celui-la. Je suis d’accord avec lui.

    La journée se terminera en danse et musique…

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    Louis Michel et Eva Joly, présidente de la commission developpement du PE

    Louis Michel et Eva Joly, présidente de la commission developpement du PE

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