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    jan
    27

    drapeau_haiti

    Le tsunami de 2004 a été non seulement une tragédie, mais aussi un laboratoire pour la coordination d’une aide arrivée en masse dans une zone complètement ravagée.
    Les leçons ont-elles été tirées ? Les choses ont-elles été mieux organisées, plus efficaces, lors de la catastrophe du 12 janvier dernier ?

    Aujourd’hui en commission du Budget du PE, on faisait le point sur l’action de l’Europe en Haïti.
    24 heures après la secousse, les experts européens étaient sur place, alors que l’accès à Haïti était tout à fait problématique, tant via l’aéroport que le port, ou encore par la route de St Domingue en très mauvais état.

    Dans ce genre de situation, la première réponse vient en général des autorités locales. Ici, ce fut impossible pour les raisons que l’on sait : la faiblesse de l’état  et de ses représentants avant la catastrophe était déjà immense; son anéantissement  dans le tremblement de terre a fait le reste. En outre, la MINUSTAH, la force des Nations Unies, a elle-même perdu plusieurs centaines de ses collaborateurs et il a été plus difficile encore qu’en temps normal de donner plus d’importance au volent humanitaire et civil de son action, plutôt que son action militaire.

    S’il est vrai que la machine des USA s’est imposée rapidement sur place, et que la coordination avec elle ne se fait pas spontanément,  la coordination de l’action européenne est-elle vraiment en cause ? Oui et non. Elle est en tous cas moins visible, et il est clair que l’absence de Mme Ashton le premier jour, qu’elle justifie par une demande des Nations Unies, était une erreur. Elle est aussi moins visible car elle est partagée : les vecteurs de l’action européenne, ce sont les partenaires càd les Agences des Nations Unies et les ONG humanitaires en fonction de leur spécialisation.

    Mais dans les faits, et loin des caméras, le travail de coordination s’est bel et bien organisé, avec évidemment une part importante d’improvisation.  Un EU Fast, une force de protection civile européenne pour le travail des premières heures et des premiers jours,  serait sans doute plus facile, mais aux dires des directeurs généraux de la DG Aide humanitaire, le travail n’a pas été handicapé par le fait de ne pas disposer d’une tel instrument, car la coordination OSOC (One-Site Operations Coordination Centre)  pour les premiers secours a plutôt bien fonctionné.

    Ce qui a aussi été moins visible, nous ont dit les DG, c’est l’engagement fort de pays comme le Brésil, mais aussi le voisin de St Domingue, qui a permis rapidement le transit des personnes et du matériel en organisant et  sécurisant la route d’accès.

    Tout reste à faire, pour la suite, les soins, le logement transitoire de milliers de personnes et la reconstruction.  Les annonces de toutes sortes qui ont été faites et le seront à la prochaine conférence des donateurs devra être suivi de près, car il y a parfois loin des déclarations à leur concrétisation.

    Ce qui est clair, c’est que l’UE sera le tout gros bailleur de fonds de la reconstruction, malgré sa grande difficulté à se faire voir et entendre comme telle.

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    jan
    26

    Plus que 3 fois dormir

    Posté dans : campagne, carnet de notes par Isabelle Durant

    carte-de-voeux-nouvel-an-2010-id533

    Plus que 3 fois dormir et on sera en février. Autrement dit, on en aura fini avec les voeux, les dernières cartes papier (c’en est déjà fini depuis longtemps pour les voeux électroniques), et avec les réceptions de nouvel an toutes sortes.

    Aujourd’hui, c’était la réception au Palais Royal le midi, et au Parlement Européen avec les ambassadeurs et partenaires de l’UE le soir…A la première, je suis arrivée en vélo (avec de bon gants et un quelque chose sur les oreilles, c’est pas désagréable par ce froid, car pédaler réchauffe fameusement) , ce qui a bien fait sourire les gens du protocole qui appelle les voitures et les chauffeurs un par un. Un discours du Premier Ministre sans relief, assez convenu mais sans provocation ou problème. Et Yves Leterme a lu son texte, pas celui du Roi ! Quant au souverain, il a cherché à nous rassembler, à la veille de la présidence belge, autour des belges, artistes, sportifs, un certain Herman,  président du conseil européen,  bref, des belges qui font du bien à la Belgique. Ce qui fait toujours du bien à tout le monde.

    Ce soir, au Parlement Européen, c’est avec plaisir que j’ai revu Olivier Deleuze, toujours au PNUE (Nations Unies Environnement) mais de retour à Bruxelles.

    Quelques contacts et bavettes taillées avec ceux qu’on ne voit pas tous les jours. Quelques mots et rappels à ceux qu’on a vu aujourd’hui ou qu’on verra demain.  Quelques rendez-vous pris ou  à prendre, quelques recommandations à l’un ou l’autre.

    Allez, on remettra tout ça dans tout juste un an !

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    jan
    20

    haiti1

    La plénière racontée : cliquez ici : 100121-mep-durant

    C’est évidemment la tragédie à Haïti qui était en toile de fond de cette séance plénière.

    Que peut et doit faire l’Union Européenne, là, tout de suite et dans le moyen terme ?

    Sur ce terrain, ça a plutôt mal commencé : Mme Ashton, la toute nouvelle Haute Représentante n’est pas allée sur place, tout de suite, au nom des 27, et cela alors qu’on le sait, l’UE financera très sérieusement la reconstruction d’Haïti. Chacun des 27  y est allé en ordre dispersé : temps perdu, personnes non retrouvées, cafouillages incompréhensibles pour les victimes…Pendant que ça cafouille sur place  et que les USA débarquent en force, les 27 ministres de la coopération se réunissent à Bruxelles…

    Ce premier faux, ou plutôt non pas,  de Mme Ashton nous ramène à la fin de la procédure d’audition des candidats commissaires et le retrait de la commissaire bulgare, Mme Jeleva, très peu convaincante sur le fond et pas très nette sur la forme.

    Une nouvelle candidate bulgare  sera proposée par Mr Barroso et toute la procédure prend un mois de retard.  A nous de soupeser le vote que nous émettrons le mois prochain : il y a eu de bonnes surprises dans ces auditions, (dont Mr Ciolos à l’agriculture, Mme Malström pour l’asile, l’intérieur, les migrations, Mr Barnier au marché intérieur) des personnes en qui on a envie de faire confiance, mais aussi des candidats très faibles ou au projet si peu mobilisateur (Mr Kallas au transport par exemple).

    Ces quelques touches positives sur des matières qui nous sont chères sont-elles suffisantes pour donner un feu vert à toute l’équipe Barroso (puisque le vote porte sur l’ensemble et pas sur chaque candidat) ? On travaille et on pèse les arguments, parce que cette procédure d’auditions est tout sauf banale ou pro-forma. Il faut la mener et surtout la conclure de façon cohérente.

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    jan
    16

    Crise de nègre au sud de l’Italie

    Posté dans : carnet de notes par Isabelle Durant

    bari-avec-ptaires

    De retour de Bari, à dessein, j’emprunte au chanteur Pitcho (il ne m’en voudra pas j’espère) le titre de son nouveau CD.

    Car à écouter les témoignages des ghanéens, aujourd’hui enfermés au centre de rétention (une sorte de 127 bis) de Bari, à 500 m de l’aéroport, c’est bien de cela qu’il s’est agi la semaine dernière, à Rosarno en Calabre.

    bari-centre
    Un centre que les autorités italiennes ont voulu bien gardé, puisque sa surveillance, derrière les barbelés et en plus de la police qui est à l’intérieur, est confiée au bataillon San Marco, un bataillons d’élite auquel il m’a semblé, de loin, qu’il n’était pas utile d’approcher de trop près. Des hommes armés, cagoulés et lunettes noires,  armes au poing.  Un tel déploiement s’explique sans doute autant par des raisons de message vers l’extérieur (musculation sécuritaire) que pour éviter les tentatives désespérées de protestation ou d’évasion.

    Tout est d’ailleurs prévu : le matériel anti émeute est stocké dans l’entrée…

    même si ça ne se voit pas très clairement, boucliers et casques sont à portée de main

    même si ça ne se voit pas très clairement, boucliers et casques sont à portée de main

    Nous avons conversé pendant quelques heures avec 4 hommes dont 3 ghanéens, qui ont été embarqués et “kidnappés” comme ils disent depuis Rosarno où ils travaillaient, vers ce centre fermé de Bari.

    Accueillis par la direction de l’établissement, on nous a installés dans une salle d’alphabétisation et dont les murs sont tapissés d’affichette enfantine illustrant les mots courants en italien : assez étonnant et contradictoire dans la mesure où ce “centre” héberge comme ils les appellent en italien, des “ospiti” (littéralement, des hôtes) qui sont en fait des détenus, bien traités mais en cellule et privés de liberté, en attendant pour la plupart leur explusion.

    bari-migrantsbari-discussionbari-cour

    Les témoignages  sont assez accablants. D’abord sur les conditions de travail à Rosarno, pour la cueillette des oranges. Les africains (soyons clairs, les noirs)  sont regroupés dans un seul bâtiment désaffecté où ils “vivent” (le mot ne convient modérément quand on a vu l’état du bâtiment, sans eau et électricité, et que les autorités italiennes envisagent d’abattre, maintenant qu’il a été vidé de ses “résidents”). Dison plutôt où ils passent le temps qui reste puisqu’ils travaillent de 5h du matin à 19h, à 1 euro la caisse d’orange soit environ 25 euros par jour. Pas de contrat bien sûr, que de l’oral, avec des hommes de paille : on ne voit jamais les patrons italiens.  Il semble que déjà en 2008, il y ait eu des tirs et des injures racistes. La relation des événements de la semaine dernière est confuse. Aucun d’eux n’a vu ou entendu les tirs en question. La rumeur de 4 morts ou blessés s’est répandue et a semé la panique.  Les seuls  hommes noirs  ont accepté de se laisser emmener par centaines dans des cars affrétés par la police pour les “protéger”. Il ont été dispatchés dans différents centres. Des centres ouverts pour ceux qui avaient un permis de séjour provisoire, mais la plupart d’entre eux n’y sont pas restés et se sont “volatilisés”. Des  centres fermés avant expulsion pour ceux dont les documents de séjour avaient expiré. Il n’ont pas été payés pour leurs dernières prestations  (un manque à gagner de 150 euros semble-t-il, ce qui est énorme quand on connait le tarif journalier…) et sont aujourd’hui sans aucune information quant à leur avenir proche.

    Ils sont là, errent dans ce centre, séparés de leurs familles pour certains.

    En attendant, à Rosarno, il est probable (et cela doit être vérifié) que la cueillette des oranges a repris, mais par des migrants “blancs” (ukrainiens, polonais, roumains, africains du nord) qui sans doute dérangent moins dans le paysage…

    cliquez la séquence sur Rosarno dans le jt RTBF d’aujourd’hui http://www.rtbf.be/info/monde

    Avec les quelques personnes de Migreurop qui nous avaient demandé notre présence parlementaire  pour pouvoir entrer dans le Centre, et mes deux collègues du Parlement Européen, nous sommes ressorti de là pas très fiers…

    Ces faits méritent absolument une enquête approfondie, y compris européenne, tant sur les conditions de travail de ces saisonniers que sur la discrimination à l’égard des migrants noirs de peau. Et si l’opération avait été organisée de toutes pièces, pour évacuer les blacks ? L’hypothèse n’est pas fondée mais je ne peux m’empêcher de l’évoquer…

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    jan
    14

    Visite à Bari

    Posté dans : AU PARLEMENT EUROPÉEN par Isabelle Durant

    Je suis de cette mission, avec ma collègue française Hélène Flautre : départ ce vendredi matin à la première heure pour Milan puis Bari.

    A la suite des graves événements qui se sont déroulés à partir du 7 janvier 2010 à Rosarno (sud de l’Italie), où des travailleurs migrants ont été victimes de violences et d’agressions racistes, plus de 700 d’entre eux ont été transférés dans des centres d’accueil et d’internement à Crotone (Calabre) et à Bari (Pouilles). Le ministre italien de l’Intérieur, dimanche, a annoncé que ceux qui sont en situation irrégulière seront expulsés.

    Dans le cadre de sa campagne “Pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement” http://www.migreurop.org/rubrique268.html le réseau Migreurop (réseau international qui compte 40 associations membres en 13 diverses pays) a décidé d’organiser en urgence une mission internationale d’observation, composée de parlementaires nationaux et européens ainsi que de membres du réseau, qui se rendra le vendredi 15 janvier à Bari dans centre d’identification et expulsion (CIE) et dans un centre d’accueil, basé en zone militaire.

    La mission a pour objectif de rencontrer les autorités des centres, ainsi que les migrants qui y sont placés, pour mettre en lumière les circonstances dans lesquelles les migrants ont dû être évacués de Rosarno, les moyens qui sont mis à leur disposition pour faire valoir leurs droits, les conditions dans lesquelles ils sont accueillis et les perspectives qui leur sont offertes au regard du séjour en Italie.

    La présence des parlementaires rassemblés par Migreurop au sein de cette mission fait écho aux recommandations du Rapport annuel sur les droits fondamentaux adopté le 14 janvier 2009 par le Parlement européen , qui s’inquiète la multiplication des lieux d’enfermement, et demande plus de transparence sur la situation qui prévaut dans les centres de rétention.italie

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    jan
    14

    C’est parti pour 26 auditions des commissaires européens, jusqu’ici seulement choisis par le Président de la Commission, Mr Barroso, et qui doivent recevoir collectivement le feu vert des parlementaires.

    J’ai pour ma part participé à l’interrogation du premier candidat commissaire en début de semaine, le candidat au budget, Mr Lewandowski, en parallèle de Mme Ashton, la représentante aux affaires étrangères.

    L’exercice est particulier : étant choisi par Mr Barroso, lui-même disposant d’une majorité au Parlement, chacun des candidat doit ménager cette même majorité. Ils ne prendront pas (peu) de risques, répondront de façon “équilibrée” et ne dévoileront qu’assez exceptionnellement des  convictions propres.

    auditions

    C’était le cas hier Mme Asthon, dont l’audition, sans être vraiment problématique,  a été jugée peu convaincante. C’était aussi le cas pour le commissaire au Budget : techniquement très au point, donc compétent (il a été président de la commission du budget du PE dans le passé),  il est resté assez vague sur des questions centrales comme le financement de la politique agricole commune dans l’avenir, le financement de l’Union elle-même (pas très clair sur les contributions futures des Etats membres). Il n’a pas non plus fait montre d’une vision forte sur les politiques budgétaires de l’Union. Il a pointé la faiblesse des ressources de l’UE, mais sans s’engager clairement sur les taxes et/ou contributions des Etats membres. Il a parlé de la nécessité d’une orientation -clé pour le budget et le financement, mais soutient le fait que la stratégie 2020 de l’Union sera “emballée” dès la fin juin.

    La grande question restée sans réponse : sera-t-il un commissaire au budget, à l’image d’un ministre du Budget dans un gouvernement national (j’ai quant à moi de fameux souvenirs de la place et du poids de Johan Vande Lanotte dans le gouvernement arc-en-ciel), qui donne des impulsions et des directions, ou celui qui suit et exécute ce qui découle du consensus entre 27 commissaires… A ce stade, je crains que ce soit la deuxième formule.

    Ce matin, c’est au tour de Karle De Gucht, une personnalité plus affirmée…Il ne prendra guère plus de risques, si ce n’est sur la taxe aux frontières qui pourrait être appliquée en cas de non accord persistant à l’échelle mondiale sur les questions de CO2.

    Ce lundi s’est terminé par la traditionnelle remise du prix (par Vlan et La Capitale) du prix du Bruxellois de l’année.

    bruxellois-annee-vlan
    De belles récompenses et une certaine surprise. Commençons par là : c’est Olivier Maingain qui a été choisi dans la catégorie politique . Assez étonnant tout de même pour celui qui est l’ardent défenseur des francophones de la périphérie dont il n’est pas sûr que tous dans son parti, s’ils demandent l’élargissement de Bruxelles, souhaitent le régime fiscal bruxellois, moins avantageux (et pour cause, à côté des richesses que génère une grande ville, il faut aussi corriger par des politiques qui coûtent, les nombreuses inégalités)…

    Dans la catégorie sociale, c’est le patron de l’Hotel Mozart, près de la Grand place, qui a l’a emporté, pour la générosité dont il fait preuve depuis plusieurs années en accueillant gratuitement dans son hotel par grand froid en ces mois de janvier et février, les sans abris. “Mozart lui-même a fini sans abri”, a-t-il dit en conclusion des remerciements pour ce prix.

    Les belles initiatives que sont le Musée Magritte et les nouvelles Galeries Anspach l’ont également emporté dans leurs catégories respectives.
    Bravo aussi à tous les autres nominés et lauréats.

    Les auditions se poursuivront et révéleront la très mauvaise candidate bulgare, Mme Jeleva, dont il semble bien qu’elle sera “le vilain canard” de l’équipe et se verra sans doute remplacée avant même qu’il n’y ait vote sur l’ensemble. Avec aussi l’assez  bon candidat Michel Barnier. Mais aussi quelques auditions qui sans être spectaculairement mauvaises, sont assez faibles au vu des enjeux de relance économique.

    La prestation du commissaire au transport, Mr Sim Kallas, fut plutôt désastreuse sur le terrain du contenu : il ne connait pas grand chose au transport, est resté on ne plus vague hormis son credo dans la libéralisation comme un bienfait indispensable…

    On croise les doigts pour celle du roumain, Mr Ciolos, commissaire à l’agriculture et dont les propos et le profil donnent quelque espoir au monde agricole, et qui devrait remplacer Mme Fisher Boel. Cette dernière aura marqué la dernière commission par son obstination pour une politique agricole obéissant aux règles de marché le moins régulé possible…


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    jan
    4

    Visite à Téhéran annulée

    Posté dans : AU PARLEMENT EUROPÉEN par Isabelle Durant

    iranpg

    Coup dur pour les représentants de la société civile iranienne : à 4 jours du départ, la visite des parlementaires européens  est annulée, sur décision unilatérale des autorités iraniennes.

    En décembre dernier, après de multiples tentatives sans succès,  c’est avec les représentants de l’ambassade d’Iran que la délégation UE/Iran (1) convenait du principe et de la période de cette visite.  Du principe, c’est-à-dire des rencontres avec des parlementaires, mais aussi avec les opposants politiques et les représentants de la société civile. Du moment : paradoxalement, alors que nous proposions que cette visite ait lieu en mai, c’est sur proposition de l’ambassade d’Iran que nous l’avons avancée à janvier.

    Depuis, les contacts suivis avec les ambassades européennes à Téhéran, les autorités iraniennes et divers groupes d’opposants avaient abouti à un programme équilibré de rencontres. Mais dans la même période, et en particulier après la mort de l’Imam Montezari, les manifestations d’opposants qui n’ont pas cessé depuis les élections (douteuses) se sont multipliées.  Il semble que chaque jour, dans plusieurs coins du pays, des gens de plus en plus nombreux risquent leur liberté et leur vie dans ces manifestations.

    La censure exercée et les atteintes à la liberté d’expression et aux droits de l’homme justifiaient plus encore la visite des européens.

    Les pressions exercées par le Congrès américain, par quelques parlementaires européens isolés, par de soit disant opposants en exil qui  refusent qu’une voix soit donnée à ceux qui risquent leur vie chaque jour là-bas, tout cela a créé une image de division (alors que la délégation UE/Iran, composée de 7 groupes politiques du Parlement était prête pour le départ) qui a  offert une excuse facile aux autorités iraniennes pour annuler cette visite.

    Colère, regrets, en tous cas preuve supplémentaire de la stratégie d’un régime politique en crise…

    A

    (1) Le Parlement Européen entretient avec différents pays et régions du monde, un dialogue permanent : pour chacune de ces régions et/ou pays, un groupe de parlementaires européens de différents partis politiques et de différentes nationalités composent une délégation qui entretient des relations de dialogue avec des élus,  des représentants de la société civile.

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