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    fév
    27

    Une étrange commémoration

    Posté dans : Non classé, carnet de notes par Isabelle Durant

    Annoncée il y a quelques jours, elle devait avoir lieu sur invitation.

    Je l’ai pour ma part appris hier, alors que je m’apprêtais à y aller spontanément  et que pour pouvoir y entrer, j’ai finalement reçu le carton de  collègue Evelyne Huytebroeck, empêchée ce matin.

    Mais très peu avaient répondu présents.  Sans doute pour plein de raisons : le lieu est solennel et souvent  inconnu pour ces familles, la plupart du Hainaut. Et ce qu’on cherche dans ces moments, c’est plutôt la chaleur et la proximité avec les amis, les voisins.  Comme à Liège où toute la ville a marqué spontanément sa solidarité.  Pourquoi d’ailleurs n’avoir pas fait la cérémonie à Mons ?
    Peu ou pas de cheminots de terrain, en dehors des directeurs, permanents syndicaux, conseil d’administration. Il semble qu’ils n’aient pas été invités.

    Pas de simples citoyens ou d’anonymes, qui pourtant depuis 15 jours sont baignés dans l’information sur cette catastrophe. Ils  avaient été prévenus que c’était sur invitation et ils n’ont donc pas pu entrer alors que la salle était quasi vide ! Etrange pour une commémoration nationale.

    Le Premier Ministre a bien parlé. Les services de secours ont été salués et remerciés.  Les musiciens ont très bien interprété les morceaux choisis. Mais tout cela était froid, un peu guindé,  manquait singulièrement de chair et d’humanité.

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    fév
    25

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    L’actualité n’est jamais en reste. Après les images de wagons enchevêtrés dans la grisaille, c’est un autre drame, social celui-là, qui fait les manchettes.  On savait et c’était perceptible quand on passait la porte d’un Carrefour : ces magasins ne marchaient pas bien. Mais de là à annoncer brutalement la suppression de plus de 1500 emplois, il y a de la marge. Surtout quand on a bénéficié ces dernières années, via les intérêts notionnels et les centres de coordination,  de très solides  soutien publics (ce que Joelle Milquet appelle un “régime fiscal”).

    Jusqu’il y a quelques jours, c’est la tragédie de Buizingen qui faisait la une.  Elle a tué près de chez moi. Le frère et le père d’un jeune qui est au Conservatoire avec mon fils,  la coordinatrice de la salle de presse du Parlement Européen qui était assise en face de moi dans le TGV pour aller à Strasbourg le mois dernier. Et les autres, ceux dont on a parlé et ceux dont on n’a rien dit, les miraculés qui étaient sur les plateaux de télé dimanche dernier…tous les cheminots, les rescapés de Pécrot qui revivent le cauchemar.

    Comme je l’ai dit aux journalistes du Soir hier, au delà de ce drame, c’est tout un système qui montre ses limites. C’est une entreprise qui revient de loin, mais qui est au milieu du gué. J’ai eu une expression qui a peut-être pu être mal comprise. Je parlais des “ploucs”, ceux qui trempent leurs tartines dans leur café”. Je voulais par là mettre en lumière le mépris que la SNCB a manifesté à ses usagers dans les années 80. Et certainement pas les milliers de voyageurs, navetteurs, cheminots.

    Des années pendant lesquelles, à cause de cette vision et du culte et du tout à la voiture, on a désinvesti dans le rail, fermé des gares, des lignes, refusé d’investir et même d’entretenir du matériel roulant. Le rail d’aujourd’hui en paye toujours les conséquences. Surtout que ces années-là ont été suivies d’années de folles stratégies : l’une, très utile, qui a permis la réalisation du TGV. L’autre, qui a coûté très très  très cher (un peu moins d’1,5 milliard de FB)  à la SNCB et à l’Etat belge : l’achat de société de transport de marchandises par route sous la houlette d’Etienne Schouppe, soutenu par Michel Daerden et une bonne partie de la classe politique de l’époque.

    Les années 2000 ont été celles du réinvestissement dans l’infrastructure, la sécurité, le matériel roulant. Les années du moratoire sur la fermeture des gares et des lignes.  et de l’investissement mais aussi de l’accident de Pécrot.  On en reparlera bien sûr, et moi la première si j’y suis invitée,  dans la commission spéciale que la Chambre met en place ce soir.

    Il faut que cette tragédie soit utile, qu’elle serve. Pour faire le point sur la sécurité, les retards d’équipement, mais aussi sur les procédures, le management, l’organisation de l’entreprise, la souffrance des cheminots, leur formation de base et continuée.

    Elle ne peut donner lieu à des règlements de comptes, une guerre des chefs (c’est déjà assez compliqué comme ça de faire fonctionner une entreprise de 37.000 personnes avec 3 patrons au lieu d’un), à des jeux politiques sur la ministre de tutelle ou sur les directeurs.

    Comme nous en avons parlé ce matin en séance plénière du Parlement Européen,  il ne peut être questions de chercher les responsabilités où elles ne sont pas. Ce n’est pas à cause de l’Europe que l’accident à eu  lieu. Et singulièrement l’accident de lundi dernier, se passait sur une infrastructure publique, avec du matériel roulant public et des cheminots employés de la SNCB, entreprise publique.

    Rien à voir donc avec la libéralisation du fret ferroviaire qu’il faudra par ailleurs évaluer : la discussion commence en commission transport au PE.  Petite digression : je vous conseille un détour par le blog d’André Flahaut : lui qui ne s’est guère intéressé à ces questions dans le passé, il s’adonne à une condamnation en règle de l’Europe sur un ton assez indécent quand on sait par qui ont été prises les décisions ces dernières années au chemin de fer, à la poste,…Soit.

    Car en matière ferroviaire, ce n’est pas de moins d’Europe dont on a besoin mais de plus d’Europe. Je l’ai dit ce matin au Commissaire Kallas : tous les citoyens européens doivent avoir droit aux mêmes standards de sécurité. Autrement dit, il faut que la Commission soit plus exigeante, fixe des dates butoir pour équiper les réseaux ferroviaires d’un système de freinage automatique assistant la conduite identique et compatible entre les pays et les réseaux. Il faut que l’Agence ferroviaire européenne soit plus stricte et prenne elle-même en charge l’homologation des matériels pour mettre fin aux hésitations des compagnies nationales.

    Par contre, ce qui est sûr, c’est que le métier de cheminot et de conducteur  a changé, que la pression et les conditions de travail des conducteurs ont changé, ont évolué, dans un réseau ferroviaire très chargé, avec une pression à la ponctualité.

    Ce qui est sûr, c’est qu’il y a faire pour garantir un rail sûr, convivial, qui récupère des parts de marché sur les autres modes, qui soigne ses usagers et rend à son personnel fierté et passion.

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    fév
    12
    /videos/100210 MEP DURANT.flv

    Le Parlement s’est exprimé clairement : au nom des citoyens européens, nous avons dit que nous ne voulons pas que des données les concernant soient transmises de l’autre côté de l’Atlantique en violation des droits et directives concernant la protection de la vie privée.  Cet échange de données entre l’UE et les USA se fait depuis plusieurs années avec un déficit de proportionnalité (le moyen utilisé - la transmission de données- n’est pas proportionnel au but qu’il poursuit - la lutte contre le terrorisme) et un déficit de protection.

    C’est d’ailleurs bien pourquoi la réciprocité n’est pas  de mise : les américains n’accepteraient pas que des données de leurs citoyens soient ainsi livrées en pâture.

    Cet échange de données se pratique depuis plusieurs années, et à chaque étape, on a répété aux parlementaires les mêmes arguments qui sont devenus des dogmes : c’est le prix de la lutte contre les terroristes, cela a permis d’éviter des attentats s (sans jamais aucune preuve pour le démontrer). Toute interruption de cette pratique fragiliserait le système et donnerait un signal de relâchement. Les gouvernements des Etats membres de l’UE ont accepté des conditions inacceptables. Ils ont fait croire aux autorités américaines qu’il n’y aurait pas de problème et que le Parlement avaliserait, une fois encore,  au nom de la lutte contre le terrorisme.

    Ca ne marche plus, en tous cas cela n’a pas marché aujourd’hui : après avoir tenté de reporter le débat et la décision mais avoir perdu le vote pour le faire, autant le PPE que le Conseil (représenté par un ministre espagnol et dans quelques mois un belge…) que la toute nouvelle commissaire qui a bien mal commencé son mandat tout neuf de quelques heures, ont bien été contraints d’assister à ce qu’ils ne voulaient pas : un vote sur le fond.

    Et le Parlement européen, fort de ses nouveaux pouvoirs, a fait entendre sa voix : non, les gouvernements des Etats membres ne pourront pas indéfiniment bafouer des droits. Oui il faudra tenir compte du PE dans les négociations futures pour un accord définitif, l’actuel n’étant que provisoire.

    On notera l’absence courageuse de Mme Delvaux du CDH, de Mr Dehaene, qui absents au vote, se sont ainsi dispensés  soit d’un conflit dans leur groupe s’ils avaient voulu prendre une position forte en faveur du respect des droits, soit d’un conflit avec les citoyens si pour respecter la majorité de leur groupe ils avaient choisi de les bafouer.

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    fév
    10

    vote-cion-eurComme prévu,  la  nouvelle commission européenne dirigée par Mr Barroso a été élue ce midi.

    Un hémicycle bourré, une équipe,  ou plutôt un Collège des commissaires au grand complet, des bouquets de fleurs déjà prêts pour féliciter les futurs nouveaux élus.

    Au premier rang des bancs de la Commission, Mr Barroso est assis à côté de MMe Ashton, la Haute Représentante aux Affaires étrangères. Voilà  un titre qui en dit au moins aussi long que sa posture pendant cette heure de débat et de vote : elle reste timidement dans sa pose alors que Mr Barroso, bon orateur et hableur, se déploie pour vendre son projet. Voilà un couple (elle est aussi le numéro 2 de la Commission) particulièrement peu convaincant dans sa répartition des tâches. Mme Ashton devra convaincre, et comme le disait assez justement Dany Cohn Bendit dans son intervention, il faudra qu’elle sorte de l’attitude qui consiste à dire que tout est important, sans aucune priorité.

    Les Présidents de groupe se succèdent dans leurs interventions.

    Mr Daul, chef de groupe du PPE, lit un discours convenu, banal et sans surprise, genre eau tiède.

    Martin Schulz, après avoir livré une fausse hésitation et un faux suspense quant au vote du groupe socialiste,  se met à faire du chiffre :  il se réjouit “d’avoir”, un bonne proportion de commissaires et de vice-présidents de la commission !

    Guy Verhofstadt pour les libéraux annonce un oui (pas très enthousiaste) conditionné à cette nouvelle Commission.

    Quant à notre chef de file, DCB, il dira sans faux semblant que nous voterons contre, mais qu’il espère que nous nous soyons trompés. Il ajoute que même si nous votons non, nous serons à côté et en soutien de la Commission si elle veut plus de régulation, plus de projet européen, une résolution (enfin!) du vieux conflit chypriote qui assèche plus encore les moyens publics de la Grèce, si elle veut un paquet énergie plus ambitieux, si contrairement à Copenhague,  elle va unie à Mexico, si elle veut un salaire minimum européen.Et cela sous les stupides colibets de Jean-Marie Le Pen et de sa fille…

    Suivent les interventions des plus petits groupes du Parlement : le groupe ECR, les conservateurs britanniques, dira que contrairement aux autres groupes, il est uni…dans l’abstention ! La Gauche Unie dira son opposition à cette Commission, le groupe Europe Liberté et Démocratie, très eurosceptique, dénoncera les 27 commissaires aux pleins pouvoirs ! Le représentant des Non Inscrits dira que son fils apprend l’anglais (ce qui est une information utile au débat) et ajoutera que les Commissaires choisis ont souvent un moins bon CV que les assistants des députés…

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    On passera au vote : quelques votes négatifs dans les rangs socialistes et libéraux (ceux du Modem) ainsi que tout le groupe des Verts et (hélas) les fachos et eurosceptiques pour de toutes autres raisons.

    Rideau. La Commission commence demain matin. Il est temps.

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    fév
    4

    schaerbeek-maison-communale

    Le budget, c’est une projection des recettes et dépenses prévisibles, attendues, voulues. On l’ajuste en cours d’année.Il comprend les dépenses incontournables mais aussi le budget extraordinaire d’investissement.
    Il est passé sous les fourches caudines de la tutelle régionale et du plan d’assainissement.

    Celui de la commune autant que celui du CPAS sont courageux. Ils ont été minutieusement préparés par l’administration, arbitrés par les échevins et la présidente du CPAS. Malgré la baisse de certaines recettes, (la crise dont les effets se font sentir aussi sur les budgets publics, certains dividendes moins importants), malgré l’augmentation croissante des demandes d’aide au CPAS, les deux institutions assurent le service aux citoyens. On poursuit les projets de rénovation (en vue dans les contrats de quartier), le plan climat et la réduction de l’empreinte écologique des bâtiments communaux, la création de logements, le plan de mobilité et les aménagements de zones 30, la création en veux de 2 écoles dont une école neerlandophone et 5 crèches.

    Evidemment tout n’aboutira pas, il y aura des embûches, mais ces projets sont planifiés et c’est indispensable, autant pour les schaerbeekois d’aujourd’hui que pour ceux qui habiteront la commune dans l’avenir, vu le boom démographique annoncé.

    Les recettes prévues devront, comme toujours, être surveillées, c’est sûr, mais tout ce que j’ai entendu hier soir dans la bouche de l’opposition, et en particulier de la part des socialistes,   est totalement incompréhensible voire indécent. Leurs amendements, mal fichus et sans nuances, les ont amenés à ne même pas voter sur leur propre texte !!!

    D’après Eddy Courthéoux,  le revenu de la taxation sur les antennes relais serait incertaine. C’est sûr, ce sera une bataille. Mais c’est normal de la faire, c’est normal que ces opérateurs qui font de plantureux bénéfices  (vu par ailleurs les nuisances que cela impose) contribuent au budget communal. Et alors, est-ce une raison pour laisser croire qu’il ne faudrait pas les taxer ? Ou qu’il ne faudrait pas annoncer notre intention en inscrivant un montant au budget ?
    Idem pour le CPAS.  Alors que les chiffres sont donnés d’emblée par la Présidente, et ils ne sont pas bons puisque la précarisation et le nombre de demandes augmentent, Mr Courthéoux au nom des socialistes laisse entendre qu’on ne récupère pas assez d’argent auprès des particuliers, qu’on serait trop généreux, qu’il y  aurait de la fraude, et cela sans avancer aucune preuve concrète, aucun élément probant …

    Soyons raisonnables : c’est comme si l’augmentation  des dépenses en matière de chômage  à Bruxelles était attribuée à de la fraude sociale dont serait responsable son directeur général…le même Eddy Courthéoux.

    Scandaleux. Franchement hier soir, j’étais fière de ne pas être socialiste schaerbeekoise.

    Quelques flèches du CDH Mohamed El Arnouki fusent aussi : le CPAS serait trop “mister cash”. Alors que dans la même intervention, il met en évidence la diversité des actions et programmes tel l’accompagnement logement, la médiation de dettes, l’insertion socio-professionnelle, etc…

    Les réponses de l’échevin des finances et de Dominique Decoux, la présidente du CPAS, seront posées, sans arrogance. Ils pointeront comme ils l’avaient fait dans leur présentation des grandes tendances, les forces et faiblesses, répondront aux remarques et aux questions.

    Nous voterons également une contribution communale, certes modeste, pour Haïti.

    Le conseil aura duré près de 6 heures…et franchement,  le festival de mauvaise foi était assez peu convaincant. Qu’il faille se distinguer, pointer un certain nombre de problèmes, dénoncer l’une ou l’autre décision, cela va de soi quand on est l’opposition. C’est utile pour la démocratie et cela annonce ce sur quoi l’opposition exercera son contrôle durant l’année.  Nous le faisons au fédéral, chaque semaine en plénière et en commission.  Mais un peu de crédibilité ne fait pas de tort

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