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    août
    11

    Y a rien dans la presse…

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    revue-de-presseDit et répété autrement : “les journalistes n’ont rien à se mettre sous la dent…”

    Rien à se mettre sous la dent ? Vraiment ? Pourtant l’actualité de ce mois d’août apporte chaque jour son lot de nouvelles dont la portée et les conséquences sont tout sauf anodines.

    On peut évidemment classer dans les faits divers  la mesure de la  radioactivité dans les zones contaminées par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 qui a révélé que « depuis la mi-juillet des incendies de forêt y ont été enregistrés sur 3.900 hectares ». Et que même si les radiations sont annoncées comme réduites, le danger de contamination vers Moscou ou l’Europe occidental est faible.

    Fait divers, diront certains ?  Rappelons nous tout ce qu’on a dit autour du nuage radioactif de 1986 qui après avoir contaminé des populations, la végétation, les cours d’eau, des terres agricoles pour des dizaines d’années avait selon les scientifiques mystérieusement contourné  la France et la Belgique. Et ce n’est pas le « la situation est difficile mais stable et sous contrôle » des autorités russes qui rassure.. Surtout quand on entend la confiance aveugle que les ingénieurs des services en charge des zones nucléaires conservent dans la population russe.

    Autre fait divers qui ne mérite même pas qu’on s’y arrête : 5 des 15 experts de l’OMS qui ont géré la fameuse pandémie de grippe H1N1 avait eu des liens avec les groupes pharmaceutiques qui ont tiré un énorme profit de la fabrication et de la vente de millions de doses d’antiviraux et de vaccin  dont une majorité sont restés inutilisés et ont été revendues ou refourguées à des pays africains qui auraient surtout eu besoin d’antimalariaux et de traitement antisida.

    Il n’est pas plus rassurant de lire que l’OMS a estimé que ces situations ne provoquaient pas « de conflits d’intérêts » avec le rôle joué par ces personnes auprès de l’organisation.

    Et après, on refuse les commissions d’enquête au niveau national ou au niveau européen…
    Un fait divers banal que la mise en place de la commission d’enquête de l’ONU sur l’assaut de la flotille au large de Gaza en mai dernier, et surtout l’information que le Premier Ministre Netanyahou ne s’y présentera pas et fera sa propre évaluation des ordres qu’il a donnés pour arraisonner le MaviMarmara?

    Un “chien écrasé” que la répétition de phénomènes climatiques inquiétants, comme ces terribles inondations au Pakistan, que les Nations Unies jugent aussi catastrophiques que le tsunami et pour lequel elles demandent une levée de fonds de plus de 500 Millions de dollars pour faire face aux urgences. Les glissements de terrain dévastateurs à la frontière du Tibet, la canicule et les feux de forêt en Russie, et dans une moindre mesure au Portugal.  Matin Première a pourtant considéré que cela valait bien une analyse de notre climatologue Van Ypersele .

    Alors bien sûr,  qu’”on” attend des avancées sur le terrain du préformateur et pas grand-chose ne vient.  Et pour cause, la discrétion et la réserve dans une opération si difficile est un (mais un seulement) gage de réussite de quelque chose.  D’ailleurs, si la plupart des acteurs sont bien plus silencieux que dans les épisodes précédents, quelles que soient leurs appartenances,  c’est parce que tous mesurent la difficulté et le risque de “brûler” une piste avant même qu’elle n’ait pu être testée.

    Et sans doute les lecteurs de journaux, les consommateurs de JT et JP, le comprennent-ils d’autant mieux qu’ils ont été rapidement lassés du balai des voitures entrant et sortant de Val Duchesse, des déclarations les plus “langue de bois” des uns et des autres, des réclamations de certains pour des vacances, etc…La question aujourd’hui est de savoir s’ils acceptent que cela prenne du temps ou si le silence radio des négociateurs les éloigne un peu plus encore de la “chose” politique belge.

    Mais savons-nous , savent-ils que chez nos voisins bataves, où les élections législatives se sont tenues plus d’un mois avant les nôtres, là aussi sur base d’une crise, mais politique (la question des troupes nerlandaises en Afghanistan)  et donc pas institutionnelle, on n’est pas plus avancé dans les opérations de formation du gouvernement.

    Alors décidément non, le “il n’y a rien dans la presse” n’est pas acceptable. Il y a énormément de choses dans la presse qui, pour cause de discrétion des négociateurs belges, occupent la première page, les premiers titres.  Et ce n’est pas parce que c’est européen, international, que ça se passe plus ou moins de chez nous, que cela n’a pas d’intérêt ou d’incidence.

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    juin
    19

    Bon anniversaire Aung San Suu Kyi

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    190620101734

    Triste anniversaire  pour Aung San Suu Kyi, qui a célébré ses 65 ans sous assignation à résidence.

    Nous étions une centaine devant l’ambassade de Birmanie ce midi, comme d’autres manifestants et rassemblements ailleurs dans le monde et près de Rangoon où quelques 300 membres de son parti  ont déposé un gâteau d’anniversaire orné de 65 bougies et lâché 65 colombes dans le ciel, sous l’oeil de la policiers en civil.

    190620101733

    Ma jeune collègue Juliette Boulet, qui était de la mission en Birmanie il y a quelques mois, y a pris la parole pour témoigner de ce qu’elle a vu dans les camps de réfugiés aux frontières.

    Nous avons ensuite repris nos messages en direction de l’ambassade, pour la libération de la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND),  seule lauréate du prix Nobel de la paix à ne pas être libre de ses mouvements. Elle a déjà passé 15 ans en détention au cours de ces 20 dernières années, principalement en résidence surveillée.

    A l’approche d’élections historiques programmées cette année en Birmanie, Aung San Suu Kyi reste la plus grande menace pour la junte au pouvoir. Il s’agira du premier scrutin depuis deux décennies. Le parti de l’opposante avait remporté les dernières élections en 1990 mais n’a jamais été autorisé à assumer le pouvoir.

    En vertu des nouvelles lois électorales, Aung San Suu Kyi et d’autres détenus politiques -dont le nombre est estimé à plus de 2.000- sont interdits de prendre part au scrutin. La LND a dénoncé une législation injuste et antidémocratique, boycottant les élections. Le parti a été dissous, faute de s’être conformé à la loi exigeant son enregistrement officiel avant la date-limite du 6 mai.

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    mai
    18

    En  séance plénière ce mardi, la commission européenne a pris les devant : elle nous a proposé des mesures et un débat sur la prévention d’accident sur les plateformes pétrolières off shore s’il survenait au large des côtes européennes.

    Au fil des interventions des députés, les centaines de milliers de litres de pétrole continuent de se déverser en mer dans le Golfe du Mexique. 800.000 litres par jour…

    Assoiffés de pétrole, les pays industrialisés exploitent tout ce qui est possible, et de plus en plus profondément, ce qui multiplie les risques d’accident. Les industries ont privilégié la prospection et l’extraction au détriment de la sécurité et de l’environnement.

    Les sommes colossales dépensées pour l’extraction et les bénéfices indécents qu’affichent les compagnies pétrolières sont en total décalage avec les faiblesse des moyens de prévention en aval, pour anticiper les risques. La prévention doit être intégrée à la législation.

    Les décisions à prendre sont de différentes natures. A court terme, il faut procéder à un audit de l’ensemble plateformes pétrolières afin de vérifier leur vétusté, leur niveau de sécurité, et parvenir à une mise aux normes de ces installations. Et cela même si le contrôle des plates-formes relève de la compétence des autorités nationales.

    Protéger définitivement les écosystèmes les plus fragiles, comme en Alaska par exemple. Il faut une convention internationale sur le même modèle que ce qui existe pour la protection des ressources de l’Antarctique. L’Europe pourrait, devrait prendre le leadership sur cette matière.

    Et puis, si c’était encore nécessaire, voilà une raison de plus d’investir massivement dans le renouvelable.

    En réponse aux multiples interpellations, le Commissaire Oettinger dit avoir confiance dans les compétences techniques et démocratiques des USA. Voilà qui va faire plaisir aux victimes dans le Golfe du Mexique…Ensuite, il justifiera le besoin de pétrole pour les déplacements des parlementaires européens et de leurs assistants…Voilà qui fait avancer le débat sur la sortie du pétrole !

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    avr
    22

    Quel gâchis !

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Bruxelles, le 22 avril 2010

    Démission gouvernement belge

    Commentant la démission survenue aujourd’hui au sein du gouvernement belge, Isabelle Durant, eurodéputée du Groupe des Verts/ALE et Vice présidente du Parlement européen a estimé que:

    “Hors des enceintes institutionnelles, la crise et la démission du gouvernement sont des signaux aussi incompréhensibles que désastreux. C’est en tout cas comme cela que le reçoivent tous ceux qui sont victimes de la crise économique et sociale, mais aussi ceux qui tentent d’y apporter des réponses, de (re)construire une image attractive de nos régions et de la Belgique dans sa diversité et sa capacité de dialogue.

    En Europe, on comptait particulièrement sur la Belgique, car la présidence qui lui revient dans moins de 2 mois intervient au moment où le traité de Lisbonne fait ses tous premiers pas. C’est une solide responsabilité. On comptait sur les belges pour tirer le meilleur parti du canevas qu’offre le traité de Lisbonne pour tailler à l’Union Européenne un costume à bonne dimension.

    Cette crise mine gravement l’image de la Belgique à l’échelle de l’UE,  considérée jusqu’il y a peu encore comme une  machine à fabriquer des compromis. L’incapacité à négocier raisonnablement le dossier BHV, comme s’y sont employés les écologistes pourtant dans l’opposition, résonne aux oreilles des européens comme un aveu d’incapacité politique.

    L’évaporation progressive de la crédibilité belge sur le terrain européen et international n’est pas une bonne nouvelle”.

    Certains diront, et sans doute surtout en Flandre : tout cela n’a guère d’importance, et de plus la présidence tournante, depuis l’installation d’une présidence permanente du conseil européen, ne pèse plus très lourd. C’était d’ailleurs déjà ce que sous-entendaient certains édito de journaux flamands aujourd’hui. C’est évidemment faux. Six mois de présidence, ce sont des centaines de décisions que l’on peut influencer, construire, façonner. Des décisions de toutes natures, dans différents conseils des ministres, en discussion avec le Parlement Européen ou la Commission. Du travail de l’ombre mais aussi dans la lumière. Du travail comme nous en avons fait en 2001, lors de la précédente présidence belge.

    Je suis déjà curieuse et un peu découragée à l’avance de lire les éditos de la presse européenne demain.



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    avr
    22

    Éruption volcanique

    Rappel à l’ordre
    Isabelle Durant

    Mis en ligne le 22/04/2010
    - - - - - - - - - - - 

    La crise de l’Eyjafjöll sonne comme un rappel à l’ordre face à la surreprésentation du transport aérien. Pas question d’aides à ce secteur qui avec ses lobbies est déjà trop soutenu. Une opinion de Isabelle Durant, Vice-Présidente du Parlement Européen.

    D.R.
    D.R.

    Un volcan dont personne ne soupçonnait jusqu’à l’existence et au nom imprononçable a fait la Une de l’actualité, nous offrant des images contrastées. Des images magnifiques d’un gigantesque nuage dans tous les tons du gris au noir, signe d’une nature qui s’affirme avec insolence. Mais aussi des images de passagers agacés, fatigués, suspendus à leur téléphone ou à des panneaux d’information dans les aéroports ou dans les gares prises d’assaut. Et puis des images de riverains d’aéroport qui retrouvent le sommeil et le plaisir de leur jardin.

    Cette éruption met en évidence de façon éclairante notre rapport au temps dans les transports, la fragilité du système et notre immense dépendance au transport aérien. Ces vingt dernières années, à la faveur de facilités fiscales et d’une concurrence effrénée, le transport aérien s’est substitué au transport de personnes et de marchandises pour la courte et moyenne distance, et dans une économie de l’immédiat, a pris la place des transports plus lents et moins polluants. En outre, les mesures prises aujourd’hui devront peut-être être modifiées demain : les ministres européens des Transports auront beau définir, même à juste titre, des zones de trafic en fonction de la proximité du centre du nuage, celui-ci risque bien, au gré des caprices des vents et de la vigueur du volcan, de se déplacer et d’obliger les autorités publiques, nationales et européennes, à un jeu du chat et de la souris pour garantir la sécurité des vols en Europe.

    Cette crise met aussi en lumière des interprétations très variables du principe de précaution. La controverse née des critiques émises par les compagnies aériennes principalement, à l’encontre de l’attitude prudente des autorités nationales en charge de l’aviation civile, devrait encore faire couler beaucoup d’encre dans les prochains jours. Dans ce débat, il est certainement un aspect sur lequel on ne peut pas donner tort aux compagnies aériennes : la gestion d’une crise d’une telle ampleur géographique devrait être mieux coordonnée à l’échelle européenne. Ce sont jusqu’ici les ministres européens qui ont freiné des quatre fers l’harmonisation et l’européanisation de la gestion aérienne. Mais il est piquant de constater à quel point l’interprétation des mesures varie en fonction du bénéfice que l’on en tire. Dans la pandémie H1N1, on a vu un secteur pharmaceutique pousser à la précaution extrême au nom des vaccins qu’elle pourrait fabriquer et vendre. Aujourd’hui, c’est un autre secteur, celui des compagnies aériennes qui, au nom des pertes qu’il encaisse, dénonce un excès de précaution dans la fermeture de l’espace aérien !

    La fermeture d’une partie importante des espaces aériens européens pendant plusieurs jours n’a pas seulement retenu chez eux ou loin de chez eux plusieurs millions de vacanciers et de professionnels plus ou moins dépendants du transport aérien, elle a également contraint de nombreuses entreprises et institutions, dont le Parlement européen, à bousculer leur agenda, à tourner au ralenti en l’absence d’une partie de leurs effectifs, à renoncer à certaines fournitures ou à leur substituer des produits plus locaux. Ce que cette crise a montré une nouvelle fois, moins de dix ans après les tragiques attentats du 11 septembre 2001, c’est que nos économies et nos sociétés en général sont devenues tellement dépendantes du transport aérien qu’un phénomène naturel aussi incontrôlable et loin d’être exceptionnel qu’une éruption volcanique peut plonger une bonne partie de notre continent dans un relatif chaos pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines.

    Une telle dépendance nous rend d’autant plus vulnérables que ce secteur est en réalité soumis à biens d’autres aléas, météorologiques, sanitaires, sécuritaires ou autres, et que son seul carburant éprouvé à ce jour est voué à la progressive mais inéluctable raréfaction des énergies fossiles. La certitude que le pétrole a une fin, plus encore que les incertitudes du type Eyjafjöll, devrait nous inciter à nous passer au plus vite des voyages aériens inutiles.

    Il serait cependant dommage de ne pas tirer au moins trois autres leçons des effets actuels et futurs de la crise de l’Eyjafjöll.

    1Même si elles n’offrent qu’un substitut imparfait aux rencontres physiques, des technologies de télé- et de vidéoconférence de plus en plus performantes existent qui devraient par exemple nous permettre de nous passer, à relativement court terme, de la majorité des déplacements professionnels en avions, comme certaines entreprises, administrations et associations encore minoritaires l’ont très bien compris.

    Pour que ces organisations pionnières fassent des émules et pour que les téléréunions ne soient plus uniquement envisagées comme une solution de repli en cas de perturbation du trafic aérien mais comme des options à part entière engendrant gains de temps, économies et moindre impact environnemental, il revient à l’Europe mais aussi aux Etats membres de favoriser au maximum l’essor des technologies concernées ainsi que toute forme de contagion culturelle positive à leur égard, en montrant notamment autant que possible l’exemple en la matière.

    2 C’est également l’organisation économique sur le mode du “just-in-time” que cette crise interroge. Cette denière a provoqué chez les uns des ruptures de stock faute d’avoir reçu la marchandise attendue, chez les autres du stockage involontaire faute de pouvoir écouler cette marchandise dans des avions cargo. L’absence d’internalisation des coûts externes du transport, les multiples exemptions fiscales, voire le subventionnement pur et simple des transports en général et du transport aérien en particulier ont rendu ce “just-in-time” inévitable et l’ont largement soutenu.

    Face à la croissance structurelle de ce secteur pourtant condamné à se contracter de façon brutale dans les prochaines années, l’Europe a donc une responsabilité encore plus impérieuse : celle de contribuer à maîtriser cette croissance en internalisant sans tarder les coûts externes quelquefois exorbitants de l’aviation et des autres modes de transport non soutenables, comme la Commission promet d’ailleurs de le proposer depuis des années.

    3 La troisième leçon à tirer des récents événements devrait cependant permettre de tester bien plus vite la détermination de la Commission face aux puissants lobbies du secteur aérien. Les compagnies aériennes ont en effet été promptes à pointer les conséquences des récents événements sur leur situation financière et à réclamer le bénéfice d’aides d’Etat. En dépit de la logique bien compréhensible d’une telle demande, venant d’un secteur que cette ultime crise devrait effectivement affecter durement, il s’agit probablement de la plus mauvaise réponse qu’on puisse imaginer, et ce, indépendamment de la discrimination inacceptable qu’elle engendrerait vis-à-vis des autres secteurs et opérateurs économiques plus ou moins gravement touchés par l’interruption récente du trafic aérien.

    En effet, accepter le versement de “compensations” par les Etats aux compagnies aériennes ne poserait pas seulement d’énormes problèmes d’équité (et de douloureux arbitrages budgétaires). Une telle approche ne manquerait pas de conforter la direction de ces entreprises dans l’idée que rien ne peut vraiment leur arriver et qu’il ne leur revient donc pas de se prémunir financièrement contre le genre de contingences auxquelles elles sont actuellement confrontées, en adaptant bien sûr leurs tarifs en conséquence. Alors que les premiers à indemniser sont les voyageurs.

    Il existe pourtant des polices d’assurance qui leur permettraient de traverser sans encombre ce genre de turbulences, tout en répartissant les coûts d’une telle protection entre tous les opérateurs potentiellement concernés. C’est précisément parce qu’elles croient pouvoir tabler indéfiniment sur la générosité des Etats dans ces circonstances prétendument exceptionnelles et sur la faiblesse de l’Europe, que, non contentes de ne pas souscrire de telles polices, les compagnies aériennes se permettent de vendre à perte huit années sur dix. Le moment est venu de leur donner tort et, au besoin, de rendre obligatoire les assurances en question.

    Titre et sous-titre sont de la rédaction.


    Cet article provient de http://www.lalibre.be

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    déc
    21

    Epuration des eaux

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    eau-grand

    La station d’épuration nord, remise en marche depuis samedi, n’a cependant pas fini de faire parler d’elle.

    Ne revenons pas sur les termes excessifs utilisés par les uns et les autres (”une incurie incroyable” selon FX De Donnéa du MR,  “une gestion digne de celle de l’URSS lors de la catastrophe de Tcherbnobyl” selon Paul De Ridder de la  NVA, j’en passe et des meilleures) pour qualifier les erreurs de communication de la Ministre.

    Car en définitive, qui a arrêté unilatéralement cette station ?

    Une société privée, Aquiris, à qui Didier Gosuin, le prédecesseur d’Evelyne Huytebroeck  octroyé le marché de  la gestion de l’épuration des eaux.

    Tout cela a évidemment une histoire et des raisons. Une directive européenne (combattue par les Verts mais néanmoins votée et aujourd’hui transposée en droit belge)  libéralisant le secteur de l’eau  prescrivait une séparation entre fournisseur, transporteur, gestionnaire de l’épuration. Mais si elle imposait une séparation des acteurs, elles ne prescrivait pas obligatoirement la privatisation du secteur de l’épuration. La preuve : la Wallonie a fait un autre choix et a conservé dans le giron public les missions de production, de gestion et d’épuration des eaux.

    A Bruxelles, en 1992, sous la responsabilité de Didier Gosuin, un choix de privatisation a été effectué, avec un cahier de charges qui manifestement n’a pas prévu la nécessité absolue de continuité du service, même en cas d’incident.
    Imagine-t-on un hopital qui ne serait pas doté d’un groupe électrogène pour assurer la continuité des soins en cas de panne d’électricité ? Pourquoi n’en a-t-il pas été de même dans le cahier de charges de cette station, pour empêcher toute catastrophe écologique en cas de problème technique à la station.

    Il faut évidemment distinguer la catastrophe écologique et l’incompréhension devant l’arrêt de la station par l’opérateur privé,à l’égard desquelles toutes les réactions, de tous bords, sont totalement légitimes et partagées, des attaques parfois un peu faciles et ciblées exclusivement sur la ministre en charge aujourd’hui.

    Preuve en est cette information qui tombe aujourd’hui et selon laquelle la station d’épuration aurait pu redémarrer vendredi à 100%  selon un recommandé envoyé ce jour-là à Aquiris par la SBGE (faisant partie des acteurs de l’eau à Bruxelles restés publics) après une inspection des lieux. Le même jour, la station avait redémarré à 70% de sa capacité, à la suite d’une décision de justice qui lui imposait 300.00 euros d’astreinte par jour en cas de non redémarrage.

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    nov
    29

    Des minarets au Noël blanc

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    minarets

    Un dimanche qui ne flaire pas bon le vivre ensemble.

    En Suisse, la droite populiste a gagné son pari : non de faire interdire les minarets, tant la menace était mince (il y en a 4 sur tout le territoire suisse aujourd’hui) mais surtout de gagner du terrain dans le paysage politique helvétique avec des slogans faciles, qui flattent les peurs.

    Ce n’est pas que la question de la présence de l’Islam et de ses signes extérieurs ne soit pas une vraie question, même en Suisse. C’est la façon de l’aborder qui pue le racisme et la xénophobie.

    A quelques centaines de km de là, en Lombardie, le “Noël blanc” qui vise à faire contrôler tous les “colorés” pour repérer les illégaux joue dans  le même registre. Ce n’est pas qu’il soit illégitime de contrôler les illégaux, c’est l’expression utilisée qui choque.

    En pleine fête de l’Aïd, la force symbolique de ces décisions fait mal. Elle risque bien de crisper un peu plus encore ceux qui de part et d’autres, ont plus de mal aujourd’hui à trouver la bonne façon de vivre, entre musulmans et autres.
    Elle risque bien d’accentuer encore la fracture, d’encourager, dans les deux sens et dans tous les camps, le repli sur soi, l’affirmation identitaire perçue comme insolente et irrespectueuse.

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    oct
    26

    Un commissaire…(in)efficace

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    de-padt1

    Cela m’avait échappé. A vous aussi sans doute.

    En me rendant au 16 rue du la Loi cet après-midi, ce panneau attire mon attention.

    Dans le grand remaniement ministériel fédéral, on a changé de ministre de l’Intérieur. Annemie Turtelboom était promue à ce titre, et celui qui occupait ce poste jusque là, Guido De Padt, était comme on dit “remercié” et  recevait un prix de consolation : le poste de commissaire du gouvernement à l’efficacité des politiques publiques.

    Il avait si bien travaillé qu’il a donc été chargé de garantir  l’efficacité des autres !! Et il l’affiche fièrement, en grand sur la façade de son bureau  !

    On aurait voulu l’inventer qu’on n’y serait pas arrivé, c’est sûr.

    de-padt-2

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    oct
    13

    Le cauchemar du nucléaire

    Posté dans : coup de gueule par Isabelle Durant

    dechets-nucleaires

    On le sentait venir depuis des mois. Paul Magnette nous y préparait avant de sortir en solo la semaine dernière.

    La décision de prolongation des plus anciennes centrales nucléaires belges est donc bel et bien prise,  validée, assumée,  banalisée par tout le gouvernement fédéral et échangée contre quelques 250 millions d’Euros pour le budget de l’Etat. Un trophée !

    Merci aussi à Johan Condijts dans son Edito du Soir d’aujourd’hui qui m’a fait avaler mon café de travers ce matin.

    Le voilà devenu porte parole d’un secteur qui pourtant n’a guère besoin des services d’un grand quotidien pour soigner son image (le forum nucléaire, Pierre Klees et autres ingénieurs font cela très bien). Voila donc cet éditorialiste qui  y fait l’apologie d’un gouvernement et de son ministre de l’énergie  qui, après  l’incurie de tous ses prédeceseurs auraient  enfin trouvé les chemins du dialogue - et subsidiairement de la dépendance budgétaire ! - avec les magnats du nucléaire français…à qui on confie les cléfs de la politique énergétique belge

    Le fim ” Le cauchemar du nucléaire” posait ce soir sur Arte les 3 problèmes principaux de l’iundustrie nucléaire : la sécurité, la démocratie, les déchets.

    Après avoir mis en évidence les dérives de la contamination cachée dans la Russie des années 80 et 90, c’est à La Hague, usine de retraitement des déchets nucléaires, près de Valence en France que le projecteur se dirige.

    Retraiter les déchets, est-ce les faire disparaître, les rendre inoffensifs, les recycler ?

    Pas du tout. C’est une récupération. Une fois le combustible usé après production d’électricité,  les quelques 1400 tonnes de ce combustible utilisé dans les centrales françaises arrivent par train à La Hague, sont  déchargés par des robots, placés dans des piscines de refroidissement pour entreposage intermédiaire pendant environ 5 ans.

    Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le retraitement ne fait donc pas disparaitre l’uranium mais se contente de concentrer 95% d’uranium dans des déchets ultimes, coulés dans du vert fondu et entreposé sur  site (Pierrelatte). De là, on envoie ces déchets  dans des installations en Russie, au fin fond de la Sibérie (on se demande bien pourquoi..) où le combustible sera enrichi. Ces matières parcourent donc 8000 km pour arriver dans une ville de 125.000 habitants fermée aux étrangers, Tomsk 7, entourée de barbelés.

    Et c’est alors que l’on comprend mieux pourquoi on va si loin :  après transvasement et enrichissement en uranium 235 pour en refaire du combustible, on le renvoie en France sous forme de gaz enrichi. Environ 80 % de l’uranium appauvri  lui reste en Sibérie… dans cette ville innacessible de Tomsk (mais dont AREVA dira ensuite qu’elle a visité toutes les installations et qu’elles sont nickel !), dans des champs entiers de containers à ciel ouvert.

    Un reportage édifiant, où les représentants d’EDF, d’AREVA, nous ont reparlé des constructeurs de cathédrales, du besoin de confiance sans lequel on ne peut écrire l’avenir…

    C’est Hubert Reeves qui aura le (bon) mot de la fin en s’interrogeant sur des technologies qui nous engagent sur 200.000 ans  et qui hypothèquent donc  l’avenir pour plus d’un siècle, période à laquelle jamais un seul régime politique n’a survécu :

    “Et si les egyptiens avaient stocké du nucléaire, voyez qui s’en occuperait aujourd’hui” !

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    sept
    16
    ce qu'on ne devrait plus jamais voir...

    ce qu'on ne devrait plus jamais voir...

    et pour cela, FAISONS DES LISTES.

    Ce midi, une quinzaine de femmes élues et actives au Parlement Européen (députées, commissaires européennes, vice-présidentes du Parlement) se réunissaient après l’élection du Président de la Commission.

    Dès demain, les grandes tractations vont commencer pour composer l’équipe. Il s’agirait qu’elle soit plus féminine, plus paritaire.

    Pour pousser dans ce sens, nous avons décidé que le  réseau que nous mettons en place, rassemblant des femmes de tous les partis, enverrait dès aujourd’hui une lettre à Mr Barroso d’une part, mais aussi à chaque Premier Ministre des 27 pays qui devront “livrer” un commissaire, pour qu’ils soient attentifs à l’équilibre des genres dans la nouvelle commission.  Idéalement, chaque poste devrait faire l’objet d’une double candidature : un homme et une femme, question de garantir l’équilibre.

    Pour ma part, je défends l’idée qu’une règle soit imposée pour garantir une proportion plus équilibrée, et idéalement 50/50 dans le Collège des Commissaires. Mais aussi pour tous ces postes de Haut-Représentant (tiens à propos, comment dit-on au féminin : une Haute Représentante ???)

    Il y a du pain sur la plance, et en Belgique, c’est déjà cuit : le commissaire belge sera un homme !
    Pour tous les autres postes, faisons des listes, des listes de femmes qui pourraient avantageusement occuper de telles fonctions et qui ne sont jamais citées…

    Faites-moi parvenir des noms de femmes, qu’elles appartiennent au monde associatif, académique, politique, élues, anciennes élues, non élues…Tout cela pour démontrer que dans chaque pays, elles sont bien assez nombreuses pour occuper la moitié des postes à pourvoir.

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