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    juin
    30

    Billet d’humeur

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    Belge Présidence…

    Elle démarre dans 24 heures.

    Le Roi aura fort à faire. Dès après sa pause congolaise, il lui faudra immédiatement remettre les pieds aux deux étriers en même temps (même pour le meilleur des cavaliers, c’est une manœuvre délicate… :) à bâbord, le suivi de la formation d’un gouvernement (nouveau), à tribord, le lancement du gouvernement (ancien) dans la présidence de l’UE….

    On a évidemment quelques craintes sur la faiblesse de cette présidence tournante, dont les acteurs sont sur un siège éjectable. Et si l’on en doutait, les petites phrases toutes faites sont là pour rassurer…

    1. La présidence en trio (Espagne Belgique, Hongrie) garantit la continuité. Vrai ou Faux ?

    Faux : il ne suffit pas d’avoir un sigle commun (trio.eu) pour décharger l’un ou l’autre membre du trio de sa charge de travail politique. Evidemment qu’envisager la conclusion de certains dossiers sur 1 an ½ plutôt que sur 6 mois, c’est une bonne chose. Mais pour ce qui concerne les belges, 2ème du trio et suivant une présidence espagnole qui pour toutes sortes de raisons n’a pas pu conclure des dossiers importants, c’est plus de travail et de responsabilité. Surtout au vu de la présidence qui suit, considérée comme moins expérimentée et outillée.

    2. Les diplomates et les techniciens sont parfaitement au point et c’est sur eux que repose le gros du travail. Vrai ou Faux ?

    Faux : S’il est vrai qu’une bonne partie de la préparation technique se fait au niveau des diplomates et de la représentation permanente, ce n’est pas à eux qu’il revient d’impulser, d’arbitrer, de décider. Une présidence a besoin comme de pain de ministres engagés, investis dans leur conseil thématique, reconnus par leurs pairs, légitimes dans les conciliations qui risquent de leur revenir.

    3. Beaucoup de conseils seront pilotés par des ministres régionaux qui eux ne sont pas en affaires courantes. Vrai ou Faux ?

    Partiellement vrai : cela ne concerne que 10 conseils sur 28, dont la présidence revient à un ministre régional ou de communauté. En outre, ce qui complique la présidence d’un conseil par un ministre régional, c’est que si lui siège à la présidence, c’est son homologue d’une autre région qui siège à la place de la Belgique. Cela exige, pour une bonne efficacité, une coordination bien huilée, ce que sera difficilement en capacité d’assurer un Secrétaire d’Etat aux affaires européennes qui risque surtout de ne pas le rester. Et en outre, les régions pourraient bien en cours de route, hériter de compétences qui étaient jusqu’alors du ressort du fédéral, matières sur lesquelles par définition, elles ne se sont pas penchées dans la préparation de la présidence.

    4. Il y a un tel consensus en Belgique sur les questions européennes que cela ne pose pas de problème. Vrai ou Faux ?

    Faux : Il y a un consensus pour dire qu’une Europe un peu plus fédérale et qui a plus de pouvoir, c’est important.  Mais cela s’arrête là.  Tout comme en France il y a un consensus pour dire que l’Europe c’est bien quand c’est la France en grand. Mais ce consensus-là n’est que de faible utilité dans une présidence tournante, pour des ministres qui doivent piloter leur conseil, rencontrer les acteurs sociaux, négocier au Conseil avec des ministres qui représentent avant tout les intérêts de leur état membre. Sans compter que le ministre belge, à la présidence, a  aussi en tête les intérêts belges…enfin flamands, bruxellois ou wallons et ce ne sont pas toujours les mêmes…

    5. Il y a Herman Van Rompuy ! Vrai ou Faux ?

    Vrai évidemment, mais Herman Van Rompuy, il est là pour les sommets et entre les sommets des chefs d’état, dans lesquels Yves Leterme n’aura plus grand-chose à dire ou à faire (c’est sans doute tant mieux). Mais il ne se mêlera pas des conseils thématiques, des conseils informels, des petits et grands dossiers sur lesquels on attend nos ministres, sur les conciliations dans lesquels nos ministres devront tenter de décrocher un accord, de la dynamique qu’il faut mettre en œuvre hors Europe pour préparer la conférence de Cancun.
    Ces 5 petites phrases magiques ne garantissent absolument rien. Et il y a fort à craindre qu’après les festivités du 2 et 3 juillet, le discours d’Yves Leterme à Strasbourg le 7 juillet risque de ne pas faire beaucoup recette…

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    juin
    28

    Indépendance cha cha

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    Kinshasa, 27 juin

    Comme à chaque fois, malgré qu’il soit déjà 22heures, on est envahi de chaleur et d’une odeur de tarmac chaud dès la descente de l’avion.
    La route de l’aéroport vers le centre est toujours aussi chaotique malgré certains travaux et les ombres de ceux qui se risquent à traverser cette « voie rapide » sont éclairées par les petites lumières et bougies des marchands, des échoppes.

    C’est dimanche, et il fait donc un peu plus calme. D’autant que c’est une sorte de « pont » non officiel jusque mercredi 30 juin. C’est le trafic qui en a décidé. Il étouffe déjà la ville en temps normal : avec les festivités en vue, il est illusoire que l’activité débordante et bouillonnante de cette ville puisse se dérouler normalement.

    Des festivités dont on ne sait pas encore grand-chose quant aux modalités pratiques, au moment où notre voiture s’engage sur le boulevard du 30 juin devenu une sorte d’autoroute à 2 fois 3 bandes, pour la circonstance bordée de centaines de drapeaux congolais et de tous les pays invités pour le cinquantenaire.

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    La ville n’est pourtant pas à la fête : à côté du défilé, rien n’a été prévu pour les habitants de Kinshasa. Pas de concert ou de lieux de fête publics. Peut-être par peur des débordements. Mais le cœur n’est pas non plus vraiment à la fête. La situation est difficile, on vit au jour le jour.

    On l’est encore un peu moins du côté des défenseurs des droits de l’homme. L’association « La voix des sans voix » a perdu son patron, Floribert Chebeya, assassiné il y a un mois.
    J’ai rencontré Annie son épouse, ses enfants, son frère Fidèle. Ils sont abattus après ces semaines de souffrance et les funérailles il y a deux jours. Ils se sentent aussi insécurisés, potentiellement instrumentalisés par certains qui prétendent qu’ils voulaient enterrer leur père, mari, frère, le 30 juin. Coincés entre certains politiciens peu soucieux du bien commun et de la vérité et un gouvernement qui a donné quelques premiers signaux (insuffisants) mais qui surtout souhaite que le défi de la commémoration du 30 juin se passe convenablement.

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    C’est donc dans la durée qu’on jugera si oui ou non il y a une volonté de faire la lumière, de connaitre les commanditaires, de mettre fin aux pratiques et agissements de milices, de policiers qui intimident et violent les droits les plus élémentaires.
    Les défenseurs des droits de l’homme ne sont pas en sécurité dans ce pays. C’est une réelle préoccupation et il faut que Mr Chebeya ne soit pas mort pour rien. Il faudra que la pression continue de s’exercer, dans la durée. Crier “Kabila assassin” n’y suffira pas.

    L’avion du Roi vient d’atterrir… On aimerait évidemment que Mr Leterme et le Roi signent le livre de condoléances, disent des choses publiquement. Sans doute ne le feront-ils pas, pour toutes sortes de raisons liées aussi à la faiblesse du gouvernement belge. Mais ce qui comptera aussi, c’est ce qu’ils diront en face à face à Mr Kabila et ce qu’ils pourraient mettre en œuvre pour donner un suivi à leurs propos. Le feront-ils ? A suivre…

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    mai
    22

    210520101701

    C’est l’Istituto degli Innocenti qui accueillait cette conférence du Comité Economique et Social Européen.
    Un bâtiment du 15è siècle, à quelques centaines de mètres du quartier du Duomo, sur une belle place carrée, bordée de bâtiments à arcades dans un parfait assortiment architectural. Si parfait que là comme un peu partout dans cette ville musée, des étudiants en dessin ou en archi sont assis à même le sol, bloc de dessin sur les genoux, à reproduire ces superbes alignements en perspective.

    L’Institut des Innocents, devenu entretemps pour partie un musée et un lieu de conférence, donnait aux travaux une signification toute symbolique : c’est ici qu’il y a une centaine d’années encore, les mères en détresse venaient déposer leurs enfants, parfois au travers de la « boîte aux lettres » qui est encore visible en façade du bâtiment.

    L’éducation pour combattre l’exclusion, tel était le sujet de ces 3 jours de travail pour quelques centaines d’acteurs sociaux européens, travaux dont les conclusions m’ont été présentée en tant que représentante du PE, à côté de Mr Barroso pour la Commission et de la ministre espagnole de l’éducation pour le Conseil.

    Pauvreté. Un terme que certains n’aiment pas d’entendre, en particulier au Conseil européen, chez les ministres nationaux. Ils imaginent que la mise à l’emploi via la reprise de la croissance l’éradiquera ! Faux évidemment : il y a de plus en plus de travailleurs pauvres et l’exclusion est à l’œuvre dans de multiples domaines avec des effets cumulatifs désastreux. Les points de croissance gagnés, quand il y en a eu ces dernières années, ont le plus souvent profité aux plus hauts revenus. Et pour cause : il est parfois plus avantageux, si on veut conserver un revenu de remplacement, de ne pas accepter un travail. Pour ceux qui veulent se fonder sur autre chose que le seul devoir de solidarité, notons d’ailleurs que là où cela a été fait,  les moyens supplémentaires investis pour combler cette différence ont été très rapidement rentabilisés. D’autres arguments sont également invoqués pour que l’Europe ne se mêle pas de pauvreté : la subsidiarité, ah la subsidiarité : c’est aux Etats membres de s’en occuper et pas à la Commission européenne. Faux une fois encore, c’est une compétence partagée. Elle appelle évidemment une grande flexibilité pour correspondre aux besoins locaux, dans les territoires et les communautés locales.

    André Mordant, ancien président de la FGTB alors que j’étais dans mon premier mandat à la direction d’Ecolo, nous a livré un rapport précis et construit sur les discussions de la veille concernant le lien entre éducation et marché du travail. Un discours juste, précis, émanant de quelqu’un qui sait de quoi il parle et qui manifestement a été impressionné par l’échange d’expériences avec des associations italiennes, actives sur le terrain de l’insertion sociale et professionnelle. Me risquerais-je à une hypothèse ? Pourquoi pas. Cette vitalité et créativité de l’associatif italien serait-elle inversement proportionnelle à l’action des pouvoirs publics ?

    Tonio Dell’Olio, représentant le mouvement anti-maffia LIBERA, a à son tour livré un témoignage fort, chargé d’engagement et d’émotion, sur les actions entreprises pour prévenir les méfaits de la Camora à Palerme. Entre autres la confiscation des biens de la mafia pour développer des projets coopératifs d’emploi : aux jeunes désœuvrés et en quête de reconnaissance et d’argent, à  Palerme, Naples ou dans les Pouilles, il faut offrir autre chose que de gagner argent, reconnaissance et utilité sociale en s’inféodant à des criminels à peine camouflés. Notons aussi que la maffia n’est pas après moi (lien vers mon intervention : …) Mario Monti, ancien commissaire européen en charge du marché intérieur a exhorté à ne pas démanteler le marché unique qui a été, malgré les dérives d’aujourd’hui, un facteur d’emplois et d’activités. Il a aussi appelé, contrairement à l’idée reçue qu’il faudra harmoniser toutes les politiques sociales, à conserver des politiques sociales différenciées car nous vivons dans des contextes culturels différents. Mais il a plaidé pour corriger les défauts du marché, développer les Services d’Intérêt Général comme le permet le traité de Lisbonne, pour une redistribution des revenus par une coordination des politiques fiscales.

    “La crise économique actuelle a une fois de plus montré à quel point le marché unique était essentiel au succès du projet européen. Je me réjouis de réfléchir aux moyens de supprimer les derniers obstacles et de donner un nouveau souffle au processus. Cela appellera peut-être un regard neuf sur la façon dont le marché et la dimension sociale d’une économie européenne intégrée peuvent se renforcer mutuellement.”

    C’est José Manuel Barroso qui a conclu. Son arrivée dans la salle n’est pas  passée inaperçue : une nuée de caméras et de collaborateurs ont rempli l’allée centrale. Il a parlé le dernier, mais pas si mal finalement, même s’il n’avait assisté à rien. Comme orateur, il est plutôt bon.

    Sur le fond, et comme ceux qui ont parlé avant lui, il a pointé la rigueur budgétaire, la nécessité de diminuer les déficits publics, mais en insistant surtout sur  les dépenses publiques inutiles. Là franchement, il faudra qu’il dise de quoi il s’agit. Dans beaucoup de pays européens, et en tous cas en Belgique, on est déjà arrivés à l’os et il n’y a plus guère de gras dans les dépenses publiques.

    Il a livré une batterie de chiffres et d’indicateurs, des constats et quelques uns des objectifs qui se trouvent dans la note de stratégie 2020 de la Commission :  diminution de la pauvreté, de l’abandon scolaire, etc….Il a été moins disert sur la manière de monitorer tout cela. Car quand bien même l’UE se fixerait des objectifs ambitieux, comme c’est le cas dans le projet de résolution sur lequel se sont entendus Verts et socialistes européens (et sur base duquel il va falloir chercher une large majorité du PE si ce dernier veut être pris au sérieux dans la suite), il faudra encore transformer cela en instruments réglementaires, en moyens et en soutien financier pour leur mise en œuvre.  Ce ne sera évidemment pas possible si la discipline budgétaire attendue par ailleurs se traduit par une austérité insoutenable qui frappera en premier ceux qui font partie des fameux objectifs chiffrés…

    Il a quand même parlé un peu recettes,  cité l’évasion fiscale mais pas un mot sur une taxe sur les transactions financières, pas un mot sur la taxation des bénéfices des grandes entreprises, pétrolières par exemple, qui affichent des bénéfices supérieurs… au montant  (finalement) consenti pour soutenir la Grèce.

    Rendez-vous en juin pour voir sur quoi Parlement et Conseil sont capables de s’entendre.

    Et voilà ce à quoi on ne goûtera pas, dommage…

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    avr
    22

    Éruption volcanique

    Rappel à l’ordre
    Isabelle Durant

    Mis en ligne le 22/04/2010
    - - - - - - - - - - - 

    La crise de l’Eyjafjöll sonne comme un rappel à l’ordre face à la surreprésentation du transport aérien. Pas question d’aides à ce secteur qui avec ses lobbies est déjà trop soutenu. Une opinion de Isabelle Durant, Vice-Présidente du Parlement Européen.

    D.R.
    D.R.

    Un volcan dont personne ne soupçonnait jusqu’à l’existence et au nom imprononçable a fait la Une de l’actualité, nous offrant des images contrastées. Des images magnifiques d’un gigantesque nuage dans tous les tons du gris au noir, signe d’une nature qui s’affirme avec insolence. Mais aussi des images de passagers agacés, fatigués, suspendus à leur téléphone ou à des panneaux d’information dans les aéroports ou dans les gares prises d’assaut. Et puis des images de riverains d’aéroport qui retrouvent le sommeil et le plaisir de leur jardin.

    Cette éruption met en évidence de façon éclairante notre rapport au temps dans les transports, la fragilité du système et notre immense dépendance au transport aérien. Ces vingt dernières années, à la faveur de facilités fiscales et d’une concurrence effrénée, le transport aérien s’est substitué au transport de personnes et de marchandises pour la courte et moyenne distance, et dans une économie de l’immédiat, a pris la place des transports plus lents et moins polluants. En outre, les mesures prises aujourd’hui devront peut-être être modifiées demain : les ministres européens des Transports auront beau définir, même à juste titre, des zones de trafic en fonction de la proximité du centre du nuage, celui-ci risque bien, au gré des caprices des vents et de la vigueur du volcan, de se déplacer et d’obliger les autorités publiques, nationales et européennes, à un jeu du chat et de la souris pour garantir la sécurité des vols en Europe.

    Cette crise met aussi en lumière des interprétations très variables du principe de précaution. La controverse née des critiques émises par les compagnies aériennes principalement, à l’encontre de l’attitude prudente des autorités nationales en charge de l’aviation civile, devrait encore faire couler beaucoup d’encre dans les prochains jours. Dans ce débat, il est certainement un aspect sur lequel on ne peut pas donner tort aux compagnies aériennes : la gestion d’une crise d’une telle ampleur géographique devrait être mieux coordonnée à l’échelle européenne. Ce sont jusqu’ici les ministres européens qui ont freiné des quatre fers l’harmonisation et l’européanisation de la gestion aérienne. Mais il est piquant de constater à quel point l’interprétation des mesures varie en fonction du bénéfice que l’on en tire. Dans la pandémie H1N1, on a vu un secteur pharmaceutique pousser à la précaution extrême au nom des vaccins qu’elle pourrait fabriquer et vendre. Aujourd’hui, c’est un autre secteur, celui des compagnies aériennes qui, au nom des pertes qu’il encaisse, dénonce un excès de précaution dans la fermeture de l’espace aérien !

    La fermeture d’une partie importante des espaces aériens européens pendant plusieurs jours n’a pas seulement retenu chez eux ou loin de chez eux plusieurs millions de vacanciers et de professionnels plus ou moins dépendants du transport aérien, elle a également contraint de nombreuses entreprises et institutions, dont le Parlement européen, à bousculer leur agenda, à tourner au ralenti en l’absence d’une partie de leurs effectifs, à renoncer à certaines fournitures ou à leur substituer des produits plus locaux. Ce que cette crise a montré une nouvelle fois, moins de dix ans après les tragiques attentats du 11 septembre 2001, c’est que nos économies et nos sociétés en général sont devenues tellement dépendantes du transport aérien qu’un phénomène naturel aussi incontrôlable et loin d’être exceptionnel qu’une éruption volcanique peut plonger une bonne partie de notre continent dans un relatif chaos pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines.

    Une telle dépendance nous rend d’autant plus vulnérables que ce secteur est en réalité soumis à biens d’autres aléas, météorologiques, sanitaires, sécuritaires ou autres, et que son seul carburant éprouvé à ce jour est voué à la progressive mais inéluctable raréfaction des énergies fossiles. La certitude que le pétrole a une fin, plus encore que les incertitudes du type Eyjafjöll, devrait nous inciter à nous passer au plus vite des voyages aériens inutiles.

    Il serait cependant dommage de ne pas tirer au moins trois autres leçons des effets actuels et futurs de la crise de l’Eyjafjöll.

    1Même si elles n’offrent qu’un substitut imparfait aux rencontres physiques, des technologies de télé- et de vidéoconférence de plus en plus performantes existent qui devraient par exemple nous permettre de nous passer, à relativement court terme, de la majorité des déplacements professionnels en avions, comme certaines entreprises, administrations et associations encore minoritaires l’ont très bien compris.

    Pour que ces organisations pionnières fassent des émules et pour que les téléréunions ne soient plus uniquement envisagées comme une solution de repli en cas de perturbation du trafic aérien mais comme des options à part entière engendrant gains de temps, économies et moindre impact environnemental, il revient à l’Europe mais aussi aux Etats membres de favoriser au maximum l’essor des technologies concernées ainsi que toute forme de contagion culturelle positive à leur égard, en montrant notamment autant que possible l’exemple en la matière.

    2 C’est également l’organisation économique sur le mode du “just-in-time” que cette crise interroge. Cette denière a provoqué chez les uns des ruptures de stock faute d’avoir reçu la marchandise attendue, chez les autres du stockage involontaire faute de pouvoir écouler cette marchandise dans des avions cargo. L’absence d’internalisation des coûts externes du transport, les multiples exemptions fiscales, voire le subventionnement pur et simple des transports en général et du transport aérien en particulier ont rendu ce “just-in-time” inévitable et l’ont largement soutenu.

    Face à la croissance structurelle de ce secteur pourtant condamné à se contracter de façon brutale dans les prochaines années, l’Europe a donc une responsabilité encore plus impérieuse : celle de contribuer à maîtriser cette croissance en internalisant sans tarder les coûts externes quelquefois exorbitants de l’aviation et des autres modes de transport non soutenables, comme la Commission promet d’ailleurs de le proposer depuis des années.

    3 La troisième leçon à tirer des récents événements devrait cependant permettre de tester bien plus vite la détermination de la Commission face aux puissants lobbies du secteur aérien. Les compagnies aériennes ont en effet été promptes à pointer les conséquences des récents événements sur leur situation financière et à réclamer le bénéfice d’aides d’Etat. En dépit de la logique bien compréhensible d’une telle demande, venant d’un secteur que cette ultime crise devrait effectivement affecter durement, il s’agit probablement de la plus mauvaise réponse qu’on puisse imaginer, et ce, indépendamment de la discrimination inacceptable qu’elle engendrerait vis-à-vis des autres secteurs et opérateurs économiques plus ou moins gravement touchés par l’interruption récente du trafic aérien.

    En effet, accepter le versement de “compensations” par les Etats aux compagnies aériennes ne poserait pas seulement d’énormes problèmes d’équité (et de douloureux arbitrages budgétaires). Une telle approche ne manquerait pas de conforter la direction de ces entreprises dans l’idée que rien ne peut vraiment leur arriver et qu’il ne leur revient donc pas de se prémunir financièrement contre le genre de contingences auxquelles elles sont actuellement confrontées, en adaptant bien sûr leurs tarifs en conséquence. Alors que les premiers à indemniser sont les voyageurs.

    Il existe pourtant des polices d’assurance qui leur permettraient de traverser sans encombre ce genre de turbulences, tout en répartissant les coûts d’une telle protection entre tous les opérateurs potentiellement concernés. C’est précisément parce qu’elles croient pouvoir tabler indéfiniment sur la générosité des Etats dans ces circonstances prétendument exceptionnelles et sur la faiblesse de l’Europe, que, non contentes de ne pas souscrire de telles polices, les compagnies aériennes se permettent de vendre à perte huit années sur dix. Le moment est venu de leur donner tort et, au besoin, de rendre obligatoire les assurances en question.

    Titre et sous-titre sont de la rédaction.


    Cet article provient de http://www.lalibre.be

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    avr
    18

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    Une journée longue de débats. Des dizaines d’ateliers et des centaines de personnes, qui ont studieusement échangé et formulé des propositions, alors que le soleil délivrait ses caresses et ses appels e ne vous ferai état que de quelques éléments forts du panel de clôture.

    J’avais la chance et l’honneur de m’y trouver  avec Tommaso Padoa-Schioppa, éminent économiste italien et “père” de l’Euro,  mais aussi avec un collègue député allemand de la CDU, la main droite de Louis Gallois d’EADS,   Marcel Grignard, de la CFDT.

    On y a échangé sur nos trajectoires, nos engagements, nos priorités.On est passés des technologies d’avenir à la politique industrielle et des PME qui en vivent, en passant par le transport, les suites de la crise, des crises.

    On a cherché des comparaisons. Tommaso en a risqué une, assez pragmatique mais parlante. Il a comparé l’UE à une co-propriété. Certes l’Union partage une communauté de valeurs, et on aimerait à ce titre que la solidarité soit manifeste, qu’on en partage plus encore, qu’on harmonise un tas de choses (comme en témoignait la longue liste des propositions émanant des ateliers de la journée).  Or, c’est sans doute par l’autre bout qu’il faut prendre le problème. Et de façon bien plus prosaïque, la comparaison nous ramène à des objectifs plus atteignables.

    Une co-propriété (et pour ce qui est de l’UE, la co-propriété est inscrite dans les traités)  à côté des appartements de chacun, doit  gérer un bien commun (l’ascenseur, le toit).  Les propriétaires doivent être capables de prendre des décisions, à la majorité et sans veto de l’un ou l’autre des propriétaires (en Europe, ce n’est hélas pas encore le cas…).  Car dans un syndic de propriétaires, comme en Europe, ce qui compte, c’est de savoir décider quand on est divisé. C’est cela qui est difficile et utile. Enfin, la co-propriété a besoin de moyens et de ressources pour mettre ses décisions en oeuvre. Et en Europe aussi, les propriétaires préfèrent mettre la priorité à l’entretien de leur appartement plutôt qu’à la réfection du toit de l’immeuble.

    Dimanche

    Pour des raisons pratiques et de nuage de cendres, j’avais décidé de rester à Strasbourg dimanche puisque la session plénière commence lundi. Je me suis donc autorisée une journée de découverte de la ville et des alentours,  au-delà du trajet que j’effectue entre mon hotel et le PE.  J’ai donc loué un vélo et vous livre quelques images glanées au cours de cette journée, au départ du charmant quartier de la Petite France où se trouve mon hotel.

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    départ en direction du Parlement Européen, vu d’ailleurs, et qui offre une autre perspective que l’image traditionnelle des drapeaux qui claquent à son entrée

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    et en route le long du canal

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    Mais aussi une démonstration qu’ici à Strasbourg, le vélo n’est pas un moyen de transport anecdotique : une vraie politique cyclabe  en ville et aux alentours, et, comme ici, quand il y a des travaux, il y a des déviations…cyclistes.

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    Des potagers semi-urbains, alignés avec ordre, soignés et fleuris.  180420101657

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    Après une trentaine de km le long du canal,  retour vers la ville, passage devant le Parlement

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    et retour vers le centre, la cathédrale, superbe sous le soleil

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    mar
    8

    8 mars, journée des femmes

    Posté dans : AU PARLEMENT EUROPÉEN, édito par Isabelle Durant
    http://www.dailymotion.com/videoxci1ye
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    déc
    21

    Des petits bonheurs pour 2010

    Posté dans : Non classé, édito par Isabelle Durant
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    déc
    4

    Les identités sont-elle toujours meurtrières ?

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

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    Magnifique lever du soleil depuis le TGV de retour, après un Luanda-Paris sans histoire.
    Cela réchauffe à peine après avoir perdu brutalement une trentaine de degrés !

    En réponse à certains des commentaires et messages reçus dans des sens divers sur ce sujet, je reviens sur cette épineuse question du réferendum en Suisse sur l’interdiction des minarets, et plus largement sur tout ce que cela charrie.

    « La seule chose dont il faut avoir peur, c’est de la peur elle-même » disait Roosvelt, s’adressant aux décideurs, à ceux qui doivent parfois prendre des décisions qui vont un peu à contre courant.

    C’est bien de cela qu’il s’agit dans l’affaire des minarets et tout le débat qu’elle suscite, avec toute l’irrationalité qui en découle . Cette peur, manifestée par une majorité de suisses mais ressentie par une majorité de belges (si une telle « votation » avait lieu en Belgique –qu’on nous en préserve- je ne suis pas sûre que le résultat serait différent) déclenche en retour la réaction exactement inverse : la défense irrationnelle de l’islam, de ses signes et symboles, une crispation identitaire forte.

    Ces sentiments conjugués nourrissent un raidissement et une certaine souffrance des musulmans de chez nous, convaincus qu’il sont stigmatisés, rejetés. C’est du pain bénit pour ceux qui sur cette posture de victime exploiteront exagérément la veine communautariste, militante
    Il est vrai que les musulmans sont, dans l’imaginaire qui découle de cette confrontation stérile de l’identité musulmane et de l’identité occidentale, tenus pour responsables de tous les excès et souffrance liés à l’islam. Alors que ce qui s’exprime chez ceux qui ont voté oui, ce n’est pas le rejet de l’islam en tant que religion, c’est le refus du fondamentalisme, dont d’ailleurs les minarets ne sont pas plus les incarnations que les clochers ne le sont (ou ne l’ont été) des excès de la religion catholique.

    Force est de constater qu’au quotidien, en dehors des contacts directs où l’on se rencontre, se reconnaît (”l’arabe du coin”, les voisins, le magnifique et exotique mariage de la dame qui nettoie), ceux qui désamorcent les peurs, démontent les préjugés, la méfiance est persistante. Pourtant, la plupart de ces gens réclament leur belgitude.

    Passons au registre “efficacité” de la mesure, car la politique, c’est aussi cela. Tout comme l’interdiction du foulard à l’école, l’interdiction des minarets est, au mieux, une mesure totalement inutile.Si elle traduit le “ici, c’est chez nous et vous devez nous respecter”, elle n’empêche en aucune manière les dérives de l’islam intégriste de prospérer : mariages forcés, violences et autres, qui d’ailleurs sont déjà réprimés par le code pénal.

    En ce qui concerne enfin la riposte, on peut d’ailleurs se demander, à l’instar de mon collègue Dany Cohn Bendit, si les musulmans des Emirats ou d’ailleurs vont bouder les banques suisses après ce réferendum…
    Va-t-on en Suisse et ailleurs interdire l’argent qui vient des pays arabes, alors que depuis la crise, les pouvoirs publics et de nombreuses banques cherchent à attirer ces investissements en s’adaptant aux règles éthiques de la finance islamique (en simplifié : refus de la spéculation, liaison de tout investissement à un objet concret et matérialisable).

    Il faudrait, comme me le disait un de mes correspondants, un débat serein et démocratique sur le sujet. C’est vrai, car sans prendre la question à bras le corps, on la laisse aux mains de ceux qui, dans les deux sens, en exploitent grossièrement les ficelles.  Mais c’est tout sauf simple :
    - les débats télévisés du dimanche consacrés à cette question se sont terminés en quasi pugilat;
    - les auditions au Parlement : on en a déjà fait énormément et la lecture du rapport sur le Dialogue interculturel dans les années précédentes et de ce que sera le résultat des Assises de l’interculturalité fin 2010 constitueront une pièce de plus qui servira plus aux chercheurs, étudiants et historiens qu’aux citoyens dont l’on dit qu’ils sont en demande de débat sur cette question
    - les périodes électorales qui ne sont jamais loin les unes des autres, quel que soit le niveau d’élection, sont les moments les moins propices à la sérénité sur ces questions.

    Je pense quant à moi qu’à côté de tout le travail quotidien, pas spectaculaire mais si nécessaire pour favoriser, sans angélisme aucun, un contact direct de meilleure qualité à l’échelle des quartiers, c’est une question qui est plus large et qui ne concerne pas que la classe politique belge.

    Alors qu’il y aura bientôt 10 ans qu’ont eu lieu les attentats du 11 septembre, il faut espérer qu’au lieu de subir cette peur de perdre son identité, au lieu de s’entêter dans la recherche de l’identique, Islam et Occident  affrontent ensemble la peur de l’autre dont ils souffrent tous deux et qu’ils font subir à nos sociétés déjà malmenées par la peur de l’avenir.

    Mais quand j’ai dit cela…

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    août
    26

    Taxe carbone : une illusion d’optique ?

    Posté dans : édito par Isabelle Durant

    energie1

    Le débat sur la Taxe carbone en France est en passe d’aboutir, dit-on. Enfin, si l’on en croit la presse. Et pour cause, le sommet de Copenhague (en décembre 2009) approche et Nicolas aimerait s’y présenter en bon élève.

    Toutefois, le débat fait rage : «Il ne faut pas que l’écologie apparaisse comme un moyen de remplir les caisses de l’Etat», comme le dit la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie  à Libération. Notons l’utilisation du mot “apparaisse” ! En l’occurence,  l’écologie peut remplir les caisses, mais cela ne doit pas se voir !

    Quelques rétroactes d’Outre-Quiévrain  : issue du Grenelle de l’environnement, la contribution climat énergie (CCE) nommée ainsi pour être moins rébarbative -mieux vaut contribuer que d’être imposé !-  c’est en fait une taxe dont le principe est qu’elle augmente le prix des énergies fossiles et joue ainsi le rôle d”incitant au changement de comportement pour les ménages et les entreprises.

    Une sorte d’écotaxe, en bonne et due forme. Une écotaxe comme celle qu’Ecolo a (justement) voulu (précocement et maladroitement, sans “acceptabilité sociale” de la mesure et dans un certain cafouillage politique en la liant à la réforme de l’état de l’époque) mettre en place  en 1991 pour sortir des emballages en PVC les plus polluants pour lesquels il existait une alternative non ou moins polluante.  Une écotaxe dont il est bon de rappeler qu’elle n’a jamais été mise en place en tant que telle. Une taxe qui nous est politiquement “facturée” par tous les partis traditionnels à toutes les occasions quand ils veulent gagner du terrain électoral sur les écologistes sur le mode “Ecolo, c’est les taxes”. Et hélas, ça marche !

    Soit, revenons en France.

    Depuis pas mal de temps, divers experts travaillent à l’opérationalisation d’une telle “contribution” : le prix par tonne de CO2, le montant de la taxe pour aboutir aux objectifs post Kyoto (pour les scientifiques du Giec, il faut qu’en 2030, la tonne de CO2 coûte 100 euros si on veut arriver en 2050 au niveau d’émission déterminé.  La commission présidée par Michel Rocard sur le sujet était arrivée à 32 euros par tonne en 2010, pour atteindre 100 euros en 2030.

    La Contribution Energie Climat postule qu’elle doit être suffisamment lourde pour changer les routines avec un ajustement radical sur de nouvelles pratiques. Quel va être son impact sur l’évolution des préférences individuelles et collectives et sur les arbitrages possibles que vont faire les ménages dans la structure de leurs dépenses, cela d’autant plus que l’effet élasticité prix-quantité d’une telle mesure sur des marchés éminemment spéculatifs est pour le moins imprévisible, voire imaginaire?

    En outre,  que restera-t-il d’ une telle intention, une fois que ce projet de taxe aura passé tous les filtres qui l’attendent.. Comme c’est le cas dans ce genre de décision, et avec toutes sortes de bonnes raisons, les parlementaires, les divers lobbys privés, les associations et groupe d’ intérêts sociaux, économiques et écologiques vont s’affronter. Le résultat pourrait bien être un niveau de taxation bien trop bas pour être efficace, avec toutes sortes d’exonérations à la carte, et in fine l’engloutissement du produit -trop faible- de la taxe dans le grand trou des déficits budgétaires.

    C”est cela qui se jouera dans le mois qui vient,  dans l’arbitrage présidentiel sur l’acceptabilité sociale et  politique  de la mesure.

    N’évacuons  pas cette “contribution” avant qu’elle n’ait vu le jour. Mais regardons ce qui devrait l’accompagner pour qu’il s’agisse vraiment d’une “contribution” des citoyens.

    Un intéressant papier dans “Les Echos” met en avant un certain nombre de propositions additionnelles intéressantes que je fais miennes (et cela d’autant plus que nous y travaillons très sérieusement dans l’alliance emploi-environnement dans les gouvernements régionaux qui viennent de se mettre en place) .

    Si par le prélèvement et la redistribution de cette “contribution” on vise à inciter des changements structurels dans les  logements (moins énergivores) et dans les transports (moins polluants),  il faut évidemment travailler activement à soutenir des normes très strictes pour les bâtiments nouveaux et pour l’isolation des anciens.

    Mais s’ajoute à cet indispensable stratégie des propositions plus concrètes encore pour vraiment faire CONTRIBUER les citoyen, pour lui  faire apparaître  sa consommation de ressources non renouvelables et les pollutions dont il est responsable. Une forme d’empreinte écologique, mais instantanée et qui offre une possibilité concrète de changement.  Pas une indication globale des émissions liées aux comportements, ni une ligne dans une facturation a posteriori, bien après la consommation concernée.  Non, un affichage immédiat.

    Par exemple sur le tableau de bord des voitures : aujourd’hui, la vitesse est indiquée “‘en gras”, alors que la consommation par km/h n’apparaît que dans certaines voitures, en petit et à la demande. Affichée en grand sur le tableau de bord, elle pourrait réellement occasionner une diminution de la vitesse, un conduite plus “soft” et moins consommatrice de carburant.

    Pourquoi les compteurs de gaz ou d’électricité sont-ils toujours placés dans caves ou dans les placards les plus inaccessibles. Pourquoi sont-ils illisibles pour le commun des mortels et donc relevés par des employés des société de distribution ? Si les compteurs étaient placés dans les cuisines ou dans les salles de bain, avec un clignotement quand on dépasse une certaine consommation, un affichage clair et simple,  cela aussi pourrait contribuer à faire éteindre les lumières,  à renoncer à l’utilisation du séchoir électrique quand c’est possible,  etc…En bref, c’est développer une maîtrise décentralisée de la consommation des ménages…

    Au moins aussi utile qu’une taxe carbone qui risque bien de ne pas se montrer à la hauteur des défis de Copenhague.

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    juil
    21

    sans-papiers-affiche
    Une « instruction » à la place d’une circulaire.
    Voilà bien quelque chose dont se fichent ceux qui occupent églises et autres lieux depuis des mois, dans la plus grande désespérance. Ce qu’ils attendaient, ce sont des actes, du concret, des réponses. Il va (on l’espère) y en avoir.
    Ouf !
    Ceux qui les soutiennent depuis si longtemps sont un peu plus circonspects sur le caractère temporaire de la mesure, regrettent comme nous qu’il n’y ait pas de commission indépendante permanente pour juger de la recevabilité des demandes… Mais après tant de tergiversations, on prend tout ce qui fait avancer les choses. Eux comme nous.

    Avant de voir ce que donnera cette “instruction” dans la pratique, ce n’est quand même pas inutile d’essayer de comprendre pourquoi et par qui les choses se sont soudainement débloquées.

    Paradoxe en effet : alors que les moindres prémices du début d’un accord se faisaient attendre depuis bientôt 2 ans sur la fameuse circulaire-critères dont s’étaient réjouis les négociateurs francophones de l’orange bleue, ce qui aurait du être fait depuis des mois devient aujourd’hui possible.

    Etonnant que depuis tous ces mois, personne n’ait jamais pensé qu’il fallait chercher une autre manière de faire que de se braquer pour obtenir un début de solution, même temporaire. La situation des personnes sans papiers, leur désespoir, l’injustice criante dont ils sont victimes depuis de si longs mois le justifiaient largement.
    Est-ce à dire que personne ne voulait de solution avant le scrutin régional du 7 juin ? Evidemment, personne ne voulait bouger et ce faisant, prendre le risque de perdre ou gagner électoralement.

    Pourtant, une solution comme celle qui a été trouvée, à savoir pas de circulaire mais des “instructions” pour régulariser via la procédure existante, on aurait pu y penser plus tôt. Elle ne coûtait guère politiquement à ceux qui faisaient de ce dossier un épouvantail et ne rapportait pas plus à ceux qui voulaient vraiment avancer sur le sujet.

    « Harro sur Turtelboom » aura été le slogan de tous ceux qui ont voulu faire croire que ce qui avait été arraché durant l’été 2007 sous la houlette de celui qui devient notre ministre des Affaires étrangères, était de l’unique ressort de la ministre en charge. Comme si un gouvernement, même aussi chaotique que celui que nous connaissons, pour ne pas dire subissons, au fédéral, fonctionnait exclusivement par l’addition du (non)travail des uns et des autres.

    Comme s’il n’y avait pas chaque mercredi un kern et chaque vendredi un conseil des ministres.
    Comme s’il n’y avait pas un rapport de force qui oblige à faire bouger l’un ou l’autre des partenaires quand on a la conviction qu’il faut faire avancer les choses.  Ou alors, le premier (le rapport de force) est archi mauvais et la seconde (la conviction) assez piètre…

    Il est vrai que la ministre elle-même s’est peu illustrée sur les matières dont elle avait la compétence. Mais on l’a laissée (ne pas) agir.

    Faudra-t-il en conclure que la défaite électorale du VLD, le retour d’un certain Guy Verhofstadt à titre intérimaire au Lambermont, dans les nuits de négociation comme il les aime, a réussi à sortir de l’ornière dans laquelle boudait chacun des partenaires ? Peut-être, et c’est le comble !!!

    L’échafaudage est complexe et sans doute pas sans rapport avec l’imbroglio dans lequel les partenaires fédéraux ont enfermé ce dossier : une Annemie Turtelboom  qui se voit à la fois désaissie et promue, un Melchior Wathelet qui  devra rendre des comptes de tous les côtés (au Premier Ministre Van Rompuy, au ministre du Budget Van Hengel qui lui a usurpé sa compétence budget, à sa Vice-Première et Présidente de parti qui pilotera à distance…

    Mais pour l’heure, on veut faire le pari que cela va fonctionner, en tous cas à court terme car l’attente, si elle était politiquement stupide  était surtout devenue humainement insoutenable.

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