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    août
    31

    …mais ce sera sans doute moins le cas aujourd’hui à Washington, pour les premières
    rencontres Netanjahou/ Abbas, à l’invitation du président Obama et en présence du président Egyptien et du roi de Jordanie. Un peu plus affaiblie encore par un attentat qui aura tué 4 personnes et revendiqué par la branche armée du Hamas. Inacceptable, même si l’espoir de  résultats de cette négociation était quasi nul de tous les côtés.

    A Borzée, vendredi 27 août dernier, nous organisions une conférence ayant pour thème

    Dialogue pour une paix juste entre Israël et la Palestine, avec Leila Shahid et Nurit Peled

    Pourquoi avoir décidé dans ces Rencontres d’Eté de consacrer une des grandes conférences à ce dialogue si difficile et douloureux ? Ce serait plutôt le contraire qui aurait été interpellant. La construction d’une paix juste est un objectif soutenu par tous les Verts Européens. Nous sommes tous concernés par ce contentieux qui nourrit, ici et là-bas, tous les extrémismes.

    L’arrivé d’Obama à la présidence des USA a constitué pour tous les tenants de la paix un formidable espoir. Ses marges de manoeuvre étaient pourtant étroites, et nous le savions. Elles le sont toujours, surtout à la veille de l’élection de mi-mandat. Deux ans plus tard, notre déception est donc à la hauteur des espoirs engrangés. Certes, en cette période de remontée de l’antisémitisme et de l’islamophobie, nous avons tous apprécié la prise de position courageuse d’Obama, au nom du droit, en soutien à la construction d’un centre de culture et de religion musulmane dans le quartier de Ground Zero. Mais cela ne suffira pas.

    Les USA n’ont que mollement condamné l’assaut du Mavi Marmara qui en mai dernier a coûté la vie à 9 personnes turques, et à propos duquel on n’est pas vraiment dans le scénario d’une enquête internationale, mais plutôt dans la multiplication des enquêtes partielles et partiales, et cela alors que l’assaut a été donné dans les eaux internationales.

    Côté européen, on a certes été un peu plus clair, et le fait que Mme Ashton, la Haute Représentante aux Affaires Etrangères de l’UE se soit rendue deux fois à Gaza depuis son entrée en fonction n’est pas anodin. Mais l’UE reste divisée, non sur la volonté de construire la paix -, mais sur les moyens pour y arriver, les sanctions à appliquer, les signaux à donner.

    Le Parlement Européen a été un petit peu plus loin en envoyant à Gaza une mission des commissions Developpement et Budget. Approche intéressante car les parlementaires qui se sont rendus sur place, qui ont pu constater l’absence de recontruction, la non utilisation des fonds européens consacrés à cet effet par défaut d’entrée du matériel, et plus généralement l’étau autour de la population de Gaza, ce ne sont pas les parlementaires “habituels” de la commission des affaires étrangères, aux positions archi-connues.  C’est un pas intéressant.

    Les Verts sont particulièrement engagés au PE sur cette question de la paix au Proche Orient. Et même s’il y a parfois quelques nuances entre nous, sur les 4 grands groupes politiques du PE, c’est le plus clair, le plus cohérent.

    Toujours dans cette volonté de sortir des catégories, d’être ouverts à toutes les expressions en faveur de la paix, Dany Cohn Bendit en tant que co-président de notre groupe, et moi-même en tant que vice-présidente du PE, nous avons invité et parrainé le démarrage de J’Call, en présence de pas mal de personnalités européennes et israéliennes. Il s’agit d’un appel à la raison lancé par des citoyens européens juifs, à la diaspora israélienne d’Europe. Il dénonce entre autres l’occupation et les implantations qui non seulement constituent une faute politique et morale, mais délégitime et fragilise Israël en tant qu’Etat juif démocratique. Ce faisant, il réduit un plus encore la possibilité de créer un Etat palestinien souverain et viable.

    C’est vrai, cet appel est à certains égards constestable…et constesté. Mais il a le mérite de faire bouger les lignes, et ce n’est pas rien.

    Ce qui se passe là-bas, à Gaza, en Cisjordanie,  à Jérusalem Est n’est pas sans rapport avec ce qui se passe ici, en Europe, en Belgique, à Schaerbeek, Molenbeek ou Anvers…ou ailleurs dans le monde. On peut discuter sans fin sur “l’importation du conflit”. Mais une chose est évidente : plus encore que ce qui se passe en Afghanistan, ce qui se vit sur cette bande de terre a des retentissements évidents, et c’est normal. Cet interminable conflit est au coeur des questions du monde contemporain.

    Le fait que la Turquie ait accueilli cet été des milliers de touristes en provenance du Moyen Orient qui se disent ” chez eux” dans la Turquie d’Erdogan n’est pas sans importance. La Turquie d’Erdogan qui se lasse des tergiversations européennes pour son adhésion. Nous ne mesurons peut-être pas encore l’importance de ce nouveau positionnement turc, non seulement à l’échelle du monde mais aussi à l’échelle de ce qui se vit entre les communautés juives et arables aux 4 coins du monde.

    Pour discuter de tout cela, nous avions invité deux femmes, deux militantes de la paix, dont les engagements sont clairs et sans faille.  Deux femmes parce que nous pensions et pensons toujours que c’est peut-être l’heure des femmes.

    L’une d’elle c’est Nurit Peled, citoyenne israélienne et professeur en sciences de l’éducation à l’université de Jérusalem. Concernée dans sa chair puisqu’elle a perdu sa fille de 14 ans dans un attentat commis par un palestinien, elle continue pourtant inlassablement à oeuvrer pour la paix, comme son père, ex-général de l’armée israélienne qui s’est dressé contre l’occupation.  Elle est l’une des chevilles ouvrières du Tribunal Russel.

    La seconde, c’est Leila Shahid, déléguée de la Palestine auprès de la Belgique et de l’UE. Elle dit qu’elle est une ‘ambassadrice pas comme les autres’. C’est bien vrai. Elle est bien plus qu’une simple porte-parole.

    Pendant une heure et demi, ces deux femmes ont fait bouger les lignes. Elles nous ont fait dépasser la logique des camps, palestinien contre israélien. Elles ont plaidé pour le soutien toutes ces initiatives nouvelles,  ces groupes mixtes, palestiniens et israéliens, indépendants des partis politiques qui réseautent par internet et pas sms, un peu comme les jeunes opposants iraniens. Elles nous parlent de la responsabilité des mères, celles qui ont oublié leur rôle et qui ont transformé leur utérus en trésor national.

    Elles nous rappellent que ce conflit est l’affaire du monde entier, de l’Europe, du monde arabe. Et ce n’est pas une “négociation directe” entre Netanyaou etAbbas (celle qui s’annonce pour les prochains jours, sous les auspices de Barack Obama, en présence du roi de Jordanie) qui apportera la solution.  Toute la communauté internationale doit assumer sa responsabilité. Car tant que celle-ci ne bougera pas, malgré 45 ans d’occupation (la plus longue occupation de l’histoire) cessera d’accepter que toutes les résolutions adoptées soient inappliquées et bafouées, tant qu’elle considérera Israël comme “un enfant gâté”, il n’y aucune raison que les dirigeants israéliens changent leur point de vue ou leur stratégie. La situation d’aujourd’hui, c’est aussi la faute du monde, pas seulement ces protagonistes.

    Nurit Peled aura des mots très durs sur “le mur mental qui grandit dans les têtes israéliennes, paniquées, endoctrinées”. Elle parlera aussi des manuels scolaires, de l’éducation raciste qui est donnée aux enfants israéliens. Elle en parle, assume ses propos et jouit d’une grande liberté d’expression. Mais comme elle le dira, d’une liberté d’expression, caractéristique d’une démocratie israélienne…réservée aux juifs.

    Toutes deux conclueront en disant que dans les deux camps, les citoyens israéliens et palestiniens, veulent la pais. Mais tous perdent confiance sur les moyens pour y arriver. Et chaque négociation directe qui échoue affaiblit les tenants de la négociation…

    On ne fera pas tout le tour de la question. Ce n’était pas le but.

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    août
    21

    Le rendez-vous de l’ecoJoly

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    verts-fr

    Nantes, c’est en Bretagne ? Ce n’est qu’au XXè siècle que Nantes a été rattachée aux Pays-de-la-Loire. Mais tout n’est finalement qu’une question de point de vues et les frontières sont bien floues suivant l’angle qu’on adopte (langue, culture, religion, économie…). Alors mieux vaut peut-être laisser chacun choisir. « La Bretagne n’a pas de papiers, elle n’existe que si à chaque génération, des Hommes se reconnaissent bretons » (Tri Yann)

    Une phrase à faire méditer à Bart De Wever et les siens en ces temps de négociations difficiles…

    Une phrase qui figure en exergue du document d’accueil des Journées d’Eté qui battent leur plein à Nantes (c’est le cas de le dire : plus de 2000 personnes se pressent sur le site) depuis hier.

    De multiples débats, des formations pour les élus, des lieux de rencontres, un « atelier terrasse » très ensoleillé, rassemblent des militants Verts de la première heure, des « Europe Ecologie » de la première vague, celle des élections européennes, et de la deuxième, celle des élections régionales qui ont confirmé le succès électoral. Et puis quelques voisins belges, dont moi et un jeune militant d’EcoloJ, des invités de qualité, des intervenants pointus.

    Mais la presse n’en a cure. Ce qui l’intéresse, ce sont les acteurs de la pièce pour les présidentielles de 2012. Quand Cohn Bendit pointe sa tête, un barrage (au sens strict) de journalistes et de caméras se dresse. Plus loin c’est Cécile Duflot qui attire les photographes. Et si Eva Joly, la vedette de ces rencontres, se déplace, elle est suivie d’une nuée de journalistes…

    oui, oui, là au milieu, c'est Dany littéralement coincé. Il aime aussi un peu ça...

    oui, oui, là au milieu, c'est Dany littéralement coincé. Il aime aussi un peu ça...

    C’est tôt évidemment. Il y a encore 2 ans avant les présidentielles. Et sa belle image d’aujourd’hui, sa force et son ingénuité, son autorité et son expérience, pourraient bien quelque peu – médiatiquement s’entend - s’éroder. Mais justement. C’est non seulement sa candidature qui est une belle promesse pour les écologistes, mais surtout le programme et l’équipe qu’elle devrait constituer dans l’année à venir, pendant que les autres se disputeront sur leur candidat. C’est un énorme enjeu, d’autant plus que si de nombreux français boudent les élections européennes ou régionales, ils votent massivement aux présidentielles.

    eva1

    Mais avant cela, il leur reste un exercice difficile à réussir, et à propos duquel certains sont confiants et optimistes, d’autres plus inquiets ou sur la défensive. C’est réussir la structuration du parti Vert et du « bras armé » Europe Ecologie que Cohn Bendit a inventé en 2008. L’enjeu n’est pas mince et il est sur toutes les lèvres…

    Au vu de la consultation des adhérents et des électeurs d’Europe Ecologie, mettant en évidence leurs profils et leurs attentes, on mesure mieux la difficulté. Etrangement, ou plutôt non, sans surprise, ce profil correspond assez bien à celui des « nouveaux électeurs » d’Ecolo, au-delà de sa base d’électeurs d’adhésion ancienne. Ils placent leurs priorités dans un autre ordre par rapport aux militants ecolo plus traditionnels. Le clivage gauche droite ne les mobilise pas ou peu, pas plus que la question des alliances. Ils veulent de la cohérence, de l’éthique, un projet de transformation de l’économie. Ils raisonnent sur d’autres critères. Ils sont souvent plus jeunes.

    En tous cas, à côté de mes collègues députés européens, moi j’ai eu à faire dans les ateliers dans lesquels j’étais invitée à intervenir, à des gens de qualité, des élus régionaux bien articulés, des maires compétents, qui ont un projet dans la tête mais les mains dans le cambouis. Dommage que, un peu comme chez nous, ces gens-là, on en n’entend guère parler sur les « grands médias ».



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    Commentaires Comments Off
    juil
    13

    Etienne Schouppe et Deng Xiaoping

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    dengxiaoping2

    Présidence belge oblige : Etienne Schouppe,  ministre en affaires courantes (courantes quand on parle de mobilité…Bon, c’est un peu plat, je le concède)  était en commission Transport du Parlement Européen cette fin d’après-midi.  Après une présentation un peu ennuyeuse et sans relief, il reprend quelques uns des sujets qu’il avait listés dans son exposé, dont celui de l’eurovignette.

    L’Eurovignette est ce système de tarification européen pour le transport de marchandises, ayant pour but d’harmoniser et de rééquilibrer la tarification et d’assurer la prise en charge des coûts externes du transport (pollutions et congestion). La Belgique ambitionne de trouver un accord sur ce dossier  bloqué au conseil des ministres des transports depuis des lustres pour cause de divergence entre pays périphériques et centraux. Je salue la volonté et peux même saluer la stratégie qui vise à faire la distinction entre les coûts économiques liés à la congestion et les coûts environnementaux (émissions, bruit, insécurité routière).  S’il y arrive, chapeau. Il serait toutefois amusant que l’accord impossible entre Flandre et Wallonie sur la même question le devienne entre les 27 sous la houlette d’un ministre belge…Sauf à penser que le distingo entre les coûts économiques et écologiques vise à transformer les premiers en mini-redevance et à réduire les derniers à portion congrue…

    Il nous a entretenu de sa vision du transport au service de l’économie (merci pour cette vision audacieuse !), de considérations assez générales sur les réseaux transeuropéens et a même repris une citation du leader communiste chinois pour faire valoir que la réalité n’était pas en noir ou blanc…Il y en a qui ont de ces références !

    Il a été peu disert sur le chemin de fer…et sur la procédure d’infraction engagée par la Commission à l’égard de la Belgique (et donc de la SNCB, dont il est l’ex patron mais pas le ministre de tutelle).

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    juil
    1

    Indépendance cha cha : rideau

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    Après un défilé militaire qui n’en finissait pas, le 30 juin est passé…sans incident. On notera bien quelques bousculades lorsque la foule qui avait assisté au défilé s’est disloquée… en emportant les chaises de plastic. Mais rien de très sérieux. Soulagement donc côté congolais comme du côté de la délégation belge. Le Roi n’aura rien dit. Le premier ministre n’aura guère dit plus. Tout le monde est content et les congolais sont frustrés.

    Rideau

    Pourtant ce qui est à faire est immense. Kabila ne l’a pas esquivé dans son discours de ce midi. A côté des enjeux et des chantiers, il a pointé tous les « ratés » : les viols, la corruption, les atteintes aux droits de l’homme. Il est clairement en campagne électorale, et jusqu’ici sans challenger sérieux. Mais il va lui falloir montrer des choses, en achever et en entreprendre. Car s’il ne faut pas lui faire de procès d’intention ou lui reprocher d’avoir seulement parlé (s’il y a bien un jour qui est un jour de parole et de discours, c’est le jour anniversaire), il va falloir prouver que la lutte contre l’impunité passe, entre autres, par une vraie enquête, validée par des indépendants, sur la mort de Chebeya. Même si ça prend du temps, c’est indispensable en terme démocratique. Mais ce l’est aussi pour la présidence de ce pays,  pour le gouvernement, pour sa légitimité.

    Au moment où le FMI fait savoir que la remise de dette du Congo va être une réalité, c’est un petit espoir qui s’ouvre pour que les moyens libérés soient affectés prioritairement aux fameux grands chantiers.

    Et puis, belges et congolais devraient, au lendemain de cet anniversaire, accepter de solder les comptes, de travailler sur la mémoire du passé, d’en accepter les zones d’ombres et de lumière, les uns et les autres, pour engager des relations privilégiées, mais sans complexe ni complaisance.

    Car enfin, cette connaissance, cette sensibilité, cette proximité, elle m’est encore apparue si réelle durant ces 4 jours. Le problème, c’est qu’il semble bien qu’en Belgique, cet héritage, il n’y a plus grand monde dans la classe politique qui en a quelque chose à f..aire.

    Le rideau ne eut tomber que sur festivités officielles et  la (muette) visite royale. Il doit s’ouvrir par contre sur l’avenir…

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    juin
    13

    13 juin : a voté !

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    Comme plein de gens, et contrairement à un nombre qu’il sera intéressant d’évaluer, j’ai voté bien sûr. Et jusqu’à la fin de l’après-midi, il va falloir attendre.

    Alors que Pascal Vrébos a consacré une partie de son émission à l’image qu’ont des observateurs étrangers sur la Belgique. Quentin Dickinson entre autre, correspondant AFP à Bruxelles, a fourni une analyse très fine et très correcte, de quelqu’un qui nous connaît bien.

    En contrepoint, du plateau de RTL ce midi, émanait une impression particulière, c’est que nous avons un outil en or, qui s’appelle Belgique. Cela tranche avec l’article  que publiait Jean Quatremer dans Libération hier, mais la Belgique du 13 juin, c’est aussi cela.

    Celle du 14 juin ? Un beau paquet de noeuds sans doute. Une conséquence évidente  de l’attitude, depuis l’échec de la solution BHV imaginée en 2005, d’hommes et de femmes politiques francophones qui qui savent (parce qu’ils vivent au Parlement fédéral, au 16 rue de la Loi, ou aux alentours) que nous vivons depuis longtemps déjà dans un “état confédéral” qui ne dit pas son nom.

    Allez, on arrête les commentaires, on attend de voir les rapports de force établis par les électeurs…

    Dès lundi soir, de Strasbourg, je suivrai les premières initiatives royales et autres…et devrai encore décoder les résultats, pour mon groupe et les autres européens, élus et journalistes, qui chercheront analyse et perspective après un 13 juin aussi diabolisé qu’inquiétant…

    Monde
    Reportage; En Belgique, deux langues étrangères
    Jean Quatremer
    867 words
    11 June 2010
    LBRT
    006
    9044
    French
    Copyright 2010. SARL Liberation. All Rights Reserved.

    A deux jours du scrutin, Flamands et Wallons poursuivent leur guérilla linguistique.

    “Il était cinq heures du matin, samedi, raconte Patrick, marchand de journaux à Bruxelles. La voiture devant nous s’est violemment encastrée dans le rond-point, chaussée de Stall, à l’entrée de Bruxelles. Le conducteur était mourant. J’ai appelé le 112, le numéro d’urgence international. Et là, une dame me répond en flamand. Je ne le parle pas, je suis Français. J’ai tenté l’anglais, rien à faire. Elle ne veut parler qu’en flamand. Furieuse, elle me raccroche au nez. Je rappelle une seconde fois. Rebelote. J’ai finalement appelé la police qui est arrivée un quart d’heure plus tard et a enfin fait venir une ambulance. Je ne sais pas si le gars s’en est sorti.” Ce que ne savait pas ce libraire, c’est que l’accident a eu lieu exactement à la limite de la frontière linguistique qui sépare la Belgique entre francophones et néerlandophones : à l’est, Drogenbos, ville flamande ; à l’ouest, la région de Bruxelles capitale, zone bilingue. Son appel a donc abouti en Flandre, à Louvain très précisément, à quelques centaines de mètres au nord de la frontière linguistique. Et, en Flandre, l’administration doit uniquement employer le flamand.

    Enclave. Drogenbos, petite commune de 5 000 habitants dont 80% sont francophones, est justement l’un des avant-postes de la guérilla linguistique que mène la Flandre contre l’extension de la “tâche d’huile” francophone autour de Bruxelles, capitale de la Belgique enclavée en Flandre, et dont moins de 15% des habitants sont néerlandophones. La région flamande veut que ce qu’elle considère comme son “territoire”, depuis la fixation définitive de la frontière linguistique en 1962-1963, soit “homogène” comme l’explique Eric Van Rompuy, député du CD&V (le parti démocrate-chrétien flamand), et frère d’Herman, le président du Conseil européen. Ce qui fait dire au maire (francophone) de Linkebeek, voisine de Drogenbos, que la Flandre mène “une politique d’épuration linguistique”.

    De fait, tous les partis flamands veulent en finir avec les droits des francophones belges en Flandre. D’une part en scindant l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), qui permet à quelque 100 000 à 150 000 francophones vivant autour de la capitale de voter pour des partis francophones et d’être jugés en français par les tribunaux bruxellois. D’autre part, en supprimant à terme les “communes à facilités” dont ils ont dû accepter la création lors de la partition linguistique : dans douze communes à majorité francophone situées en Flandre, dont six autour de Bruxelles, les francophones ont droit à des écoles en français et peuvent s’adresser à leur administration en dans leur langue (1).

    En attendant, au quotidien, tout est déjà fait pour user les francophones. Mardi soir, à Drogenbos, une réunion organisée par les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), tourne au bureau des plaintes. Un moustachu corpulent au fort accent bruxellois raconte comment la police locale (essentiellement flamande) refuse de prendre les plaintes en français. La propriétaire d’une agence immobilière explique que “la région a rendu de plus en plus difficile les ventes à des non-néerlandophones. Les compromis qui faisaient deux pages il y a quinze ans en font quatorze désormais, et on n’est même pas sûr que la vente pourra se faire”. En cause notamment : un décret qui permet à une commission administrative de s’opposer à la vente d’un bien à une personne sans “lien avec la commune”.

    usage interdit. La région flamande, dirigée par les chrétiens-démocrates du CD&V, impose aussi depuis treize ans que tout le courrier administratif des communes à facilités soit envoyé en néerlandais, contrairement à ce que prévoit la loi. Les francophones doivent donc à chaque fois faire une demande spécifique pour recevoir le courrier dans leur langue. Et on ne plaisante pas avec cette obligation : pour avoir envoyé, en 2006, des convocations électorales en français aux électeurs francophones, trois bourgmestres (maires) de la périphérie bruxelloise n’ont pas vu leur élection confirmée par la tutelle flamande. “Au quotidien, cela nous pourrit la vie”, explique Damien Thierry, l’un de ces édiles. Dans ces communes à facilités, tous les débats municipaux doivent se tenir en flamand. “Sur quinze conseillers communaux, il n’y a que deux néerlandophones. S’ils sont absents, pas question de passer au français”, raconte Damien Thierry. A chaque conseil, un représentant flamand est présent pour s’assurer que la langue de Vondel est la seule utilisée. Si ce n’est pas le cas, la délibération est annulée.

    La situation des francophones se dégrade encore plus dès que l’on sort des “communes à facilités”. Ainsi à Hal ou à Overijse, tout affichage en français est interdit (avec boite à dénonciations à la mairie). A Zaventem, c’est l’usage de la langue de Molière dans les cours d’école qui est interdit… “On cherche une maison à Bruxelles”, reconnaît un francophone de Rhode-Saint-Genèse.

    (1) A l’inverse, il y a quatre communes à facilités en Wallonie pour les Flamands.

    Document LBRT000020100611e66b0002l

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    juin
    5

    gare-de-schaerbeek-12Qui aurait imaginé il y a moins d’un an et encore bien avant, pendant toute cette période où la place Princesse Elisabeth avait surtout l’air un parking mal fichu, imbriqué dans un terminus de la STIB.
    Le réaménagement d’aujourd’hui fait plaisir à voir.  Et ces petits bouts en ont bien profité…

    gare-de-schaerbeek-2


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    avr
    18

    180420101680_2

    Une journée longue de débats. Des dizaines d’ateliers et des centaines de personnes, qui ont studieusement échangé et formulé des propositions, alors que le soleil délivrait ses caresses et ses appels e ne vous ferai état que de quelques éléments forts du panel de clôture.

    J’avais la chance et l’honneur de m’y trouver  avec Tommaso Padoa-Schioppa, éminent économiste italien et “père” de l’Euro,  mais aussi avec un collègue député allemand de la CDU, la main droite de Louis Gallois d’EADS,   Marcel Grignard, de la CFDT.

    On y a échangé sur nos trajectoires, nos engagements, nos priorités.On est passés des technologies d’avenir à la politique industrielle et des PME qui en vivent, en passant par le transport, les suites de la crise, des crises.

    On a cherché des comparaisons. Tommaso en a risqué une, assez pragmatique mais parlante. Il a comparé l’UE à une co-propriété. Certes l’Union partage une communauté de valeurs, et on aimerait à ce titre que la solidarité soit manifeste, qu’on en partage plus encore, qu’on harmonise un tas de choses (comme en témoignait la longue liste des propositions émanant des ateliers de la journée).  Or, c’est sans doute par l’autre bout qu’il faut prendre le problème. Et de façon bien plus prosaïque, la comparaison nous ramène à des objectifs plus atteignables.

    Une co-propriété (et pour ce qui est de l’UE, la co-propriété est inscrite dans les traités)  à côté des appartements de chacun, doit  gérer un bien commun (l’ascenseur, le toit).  Les propriétaires doivent être capables de prendre des décisions, à la majorité et sans veto de l’un ou l’autre des propriétaires (en Europe, ce n’est hélas pas encore le cas…).  Car dans un syndic de propriétaires, comme en Europe, ce qui compte, c’est de savoir décider quand on est divisé. C’est cela qui est difficile et utile. Enfin, la co-propriété a besoin de moyens et de ressources pour mettre ses décisions en oeuvre. Et en Europe aussi, les propriétaires préfèrent mettre la priorité à l’entretien de leur appartement plutôt qu’à la réfection du toit de l’immeuble.

    Dimanche

    Pour des raisons pratiques et de nuage de cendres, j’avais décidé de rester à Strasbourg dimanche puisque la session plénière commence lundi. Je me suis donc autorisée une journée de découverte de la ville et des alentours,  au-delà du trajet que j’effectue entre mon hotel et le PE.  J’ai donc loué un vélo et vous livre quelques images glanées au cours de cette journée, au départ du charmant quartier de la Petite France où se trouve mon hotel.

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    départ en direction du Parlement Européen, vu d’ailleurs, et qui offre une autre perspective que l’image traditionnelle des drapeaux qui claquent à son entrée

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    et en route le long du canal

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    Mais aussi une démonstration qu’ici à Strasbourg, le vélo n’est pas un moyen de transport anecdotique : une vraie politique cyclabe  en ville et aux alentours, et, comme ici, quand il y a des travaux, il y a des déviations…cyclistes.

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    Des potagers semi-urbains, alignés avec ordre, soignés et fleuris.  180420101657

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    Après une trentaine de km le long du canal,  retour vers la ville, passage devant le Parlement

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    et retour vers le centre, la cathédrale, superbe sous le soleil

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    180420101650

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    avr
    14

    Un déjeuner foot

    Posté dans : Non classé par Isabelle Durant

    2010 : coupe du monde en Afrique du Sud. Merci et chapeau à la FIFA d’avoir choisi l’Afrique pour cette édition de la coupe du monde, contre tous ceux qui considéraient que ce n’était pas une bonne idée. Et cela même si aujourd’hui, la tension est à peine larvée dans ce pays : la coupe du monde là, conserve tout son sens.

    Non, nous n’avons pas tapé la balle ce midi. Je rassure, enfin en ce qui me concerne.

    Louis Michel avait invité à une rencontre-déjeuner  entre quelques parlementaires européens intéressés aux questions de développement et par l’Afrique en général (mais pas spécialement en foot, ce qui explique ma participation !!!) avec le Secrétaire Général de la FIFA et quelques uns de son équipe.

    Très intéressant. Si en terme footbalistique, la FIFA est et restera le gendarme, donc le mal aimé (un peu comme le Parlement Européen d’ailleurs…) elle joue et entend jouer à l’avenir un rôle intéressant en terme de soutien à des projets de développement dont le foot est le point de départ : éducation, santé, création d’emplois…les domaines sont multiples, les acteurs locaux preneurs et les montants consacrés considérables par rapport à ceux que l’UE consacre à l’aide au développement

    On n’a pas évité les sujets difficiles : traite des êtres humains et exploitation de jeunes joueurs, dérives financières dans les transferts de joueurs, agents parfois issus de paradis fiscaux.

    Et en même temps, à chaque fois, on le sait, le foot c’est aussi une puissance extraordinaire d’identification pour des millions de jeunes, de fierté parfois nationale, de lien social, de communication…

    A suivre…

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    fév
    27

    Une étrange commémoration

    Posté dans : Non classé, carnet de notes par Isabelle Durant

    Annoncée il y a quelques jours, elle devait avoir lieu sur invitation.

    Je l’ai pour ma part appris hier, alors que je m’apprêtais à y aller spontanément  et que pour pouvoir y entrer, j’ai finalement reçu le carton de  collègue Evelyne Huytebroeck, empêchée ce matin.

    Mais très peu avaient répondu présents.  Sans doute pour plein de raisons : le lieu est solennel et souvent  inconnu pour ces familles, la plupart du Hainaut. Et ce qu’on cherche dans ces moments, c’est plutôt la chaleur et la proximité avec les amis, les voisins.  Comme à Liège où toute la ville a marqué spontanément sa solidarité.  Pourquoi d’ailleurs n’avoir pas fait la cérémonie à Mons ?
    Peu ou pas de cheminots de terrain, en dehors des directeurs, permanents syndicaux, conseil d’administration. Il semble qu’ils n’aient pas été invités.

    Pas de simples citoyens ou d’anonymes, qui pourtant depuis 15 jours sont baignés dans l’information sur cette catastrophe. Ils  avaient été prévenus que c’était sur invitation et ils n’ont donc pas pu entrer alors que la salle était quasi vide ! Etrange pour une commémoration nationale.

    Le Premier Ministre a bien parlé. Les services de secours ont été salués et remerciés.  Les musiciens ont très bien interprété les morceaux choisis. Mais tout cela était froid, un peu guindé,  manquait singulièrement de chair et d’humanité.

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    déc
    21

    Des petits bonheurs pour 2010

    Posté dans : Non classé, édito par Isabelle Durant
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